Covid-19 : avec près de 1500 hospitalisations par jour en janvier, le système hospitalier tiendrait-il ?

Covid-19 : avec près de 1500 hospitalisations par jour en janvier, le système hospitalier tiendrait-il ?

REBOND ÉPIDÉMIQUE - L'épidémie de Covid-19 progresse à nouveau et les dernières modélisations prévoient 1000 à 1500 nouveaux patients Covid par jour dans les hôpitaux d'ici à janvier. Deux infectiologues et un infirmier nous font part de la façon dont ils envisagent cet afflux de patients dans leurs services.

L'arrivée du froid et l'abandon progressif des gestes barrières ont ouvert une nouvelle brèche au virus. Alors que le coronavirus semblait s'être quasiment éclipsé à la fin de l'été, il effectue depuis quelques semaines un retour en force. La semaine dernière, le pays a de nouveau franchi la barre des 10.000 cas en moyenne, pour la première fois depuis le 11 septembre. Mardi, près de 20.000 nouveaux cas ont été rapportés par Santé Publique France, tandis que 7535 patients Covid étaient hospitalisés, dont 1277 en soins critiques. À ce rythme, le ministre de la Santé craint que la situation devienne extrêmement tendue d'ici au début d'année.

"De premières modélisations font état d’un risque de dépasser les 1000 hospitalisations par jour d’ici à janvier" 2022, a indiqué Olivier Véran, dans une interview à 20 Minutes, mardi 16 novembre. S'il affirme que la France ne subit pas pour le moment de "vague hospitalière", il n'a pas exclu que cette cinquième vague puisse avoir "un impact sanitaire important", renforcé par le retour de la bronchiolite, de la grippe et des gastro-entérites de l'hiver. Deux infectiologues et le porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) nous font part de la façon dont ils envisagent cet afflux de patients dans leurs services.

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Pour l'instant, nous faisons face.- Karine Lacombe, infectiologue et cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP)

"Nous pouvons encore nous adapter, nous pouvons préserver le système hospitalier. Nous ne sommes pas encore au bord du gouffre. La saturation n'est pas là", assurait ce mercredi sur LCI Imad Kansau, infectiologue à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (AP-HP).

"Pour l'instant, nous faisons face", assurait aussi sur LCI dimanche l'infectiologue Karine Lacombe pour qui "il n'y a pas la crainte que tout recommence comme avant" concernant le Covid. "La crainte que nous avons, c'est d'être submergés dans le cas d'une épidémie de grippe, de gastroentérite, etc., en plus du Covid. (...) Des lits ont été fermés, l'hôpital est épuisé, le personnel aussi."

Pour la première fois de notre histoire, on n'a pas pu rouvrir à la rentrée un certain nombre de lits qui sont fermés l'été.- Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat National des Professionnels Infirmiers

Le son de cloche n'est en revanche pas le même du côté des infirmiers. "On est assez inquiets vu l'état des hôpitaux actuellement, avec le nombre de lits fermés suite à la vague de départ des soignants", nous explique Thierry Amouroux, porte-parole du syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI). "Il y a eu une vague de départs le 1er juin qui fait que pour la première fois de notre histoire, on n'a pas pu rouvrir à la rentrée un certain nombre de lits qui sont fermés l'été pour permettre au personnel de partir en congés." Pour lui, les problèmes de sous-effectif concernent l'ensemble du territoire, et ce quelle que soit la taille des établissements.

"On voit bien que la situation est très tendue et quelle que soit la vague épidémique qui arrive, que ce soit, le Covid, la grippe ou la bronchiolite, on va être en difficulté pour faire face aux épidémies hivernales du fait du manque de lits", affirme l'infirmier avant de dénoncer : "On a réclamé un moratoire sur les fermetures de lits, or la France a été le seul pays à continuer à fermer des lits pour des raisons économiques en période de pic épidémique". Selon une étude du ministère de la Santé publiée fin septembre, plus de 5700 lits d'hospitalisation complète ont été fermés en 2020 dans les établissements de santé français.

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Pour le porte-parole du syndicat, l'hôpital se trouve pris dans "un cercle infernal" : "Plus la charge de travail augmente et les conditions de travail se dégradent, plus il y a des gens qui partent et plus la charge de travail retombe sur ceux qui restent, ce qui entraîne de nouveaux départs et la fermeture de lits". "10% des soignants sont en arrêt maladie, en situation d'épuisement professionnel ou en dépression", souligne-t-il. Ainsi, affirme Thierry Amouroux, alors que lors de la première vague Covid, une infirmière avait en charge 6 patients Covid en soins critiques, elle en avait 8 lors de la dernière vague.

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