Covid-19 : pourquoi les enfants sont devenus le "moteur de l’épidémie" ?

Vaccin anti-Covid : "Une dose réduite d'un tiers peut bien protéger les enfants"

REVIREMENT - Si lors des vagues précédentes, il a toujours été démenti que les enfants étaient le "moteur" de l'épidémie, la donne a changé. Comment expliquer que l'on focalise désormais l'attention sur les plus jeunes ?

Jamais il n'y a eu autant d'enfants testés positifs au Covid-19 qu'aujourd'hui. Si le niveau d'incidence augmente dans toutes les tranches d'âge, c'est chez les 6-10 ans qu'il s'envole le plus puisqu'il se rapproche désormais des 1000 cas pour 100.000 à l'échelle nationale. Avec plus de 33.500 cas recensés à l'école au cours de la semaine écoulée, le nombre de contaminations a augmenté de 34% en sur sept jours chez les élèves. 

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La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Face à l'éloquence de ces chiffres, le virologue et membre du Conseil scientifique, Bruno Lina n'a d'ailleurs pas hésité ce week-end à assimiler les enfants au "principal moteur de la reprise épidémique". Comment l'expliquer, alors que cette théorie avait jusque-là toujours été écartée lors des précédentes vagues ? Qu'est-ce qui a changé ?

Une population non vaccinée

"90% de la population éligible à la vaccination est désormais vaccinée", résume d'emblée Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, pour LCI. "Le virus se faufile là où il peut circuler, c'est-à-dire chez 6 millions de Français non vaccinés qui pourraient l'être et chez les enfants qui ne sont pas éligibles à la vaccination mais qui transmettent le virus même s'ils sont peu sujets aux formes graves", ajoute-t-il, en soulignant qu'il s'agit d'une population pour autant "assez exposée" puisque regroupée par groupes de vingt à trente en "milieu clos", sans aération systématique, pas nécessairement masquée et guère en mesure de respecter les gestes barrières notamment à la cantine et chez les plus petits. "Depuis toujours, dès que le nombre de cas augmente en population générale, ça augmente chez les enfants. La différence aujourd'hui c'est que le virus circule deux fois plus chez les non-vaccinés", détaille-t-il.

Pour pallier cela, l'épidémiologiste estime "qu'il aurait fallu faire ces deux tests deux fois par semaine comme en Allemagne, ce qui diminuerait de 50% le taux d'incidence", déplorant qu'on les pratique encore "a posteriori" après qu'un cas ait été rapporté.

... avec beaucoup d'interactions sociales

Outre ce rapport de cause à effet lié à la couverture vaccinale, Philippe Amouyel souligne que les enfants "ont beaucoup d'interactions sociales, ça fait partie de leur développement". Or, "les gens aujourd'hui se testent moins et moins vite et pendant ce laps de temps où ils ne se testent pas, ils peuvent contaminer les autres", poursuit-il, insistant sur le fait que "le virus n'est pas dans l'école" mais bien le fruit de "contamination intrafamiliale" qui débouche ensuite sur un cercle vicieux avec le "phénomène amplificateur" des contaminations inhérent à l'école. Le professeur de santé publique souligne d'ailleurs que lorsque les écoles sont fermées, comme lors de la quatrième vague cet été, il n'y a pas lieu de focaliser l'attention sur les contaminations des enfants. 

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Notons enfin que cette vague est la première qui ne donne pas lieu à des restrictions impactant directement les contacts sociaux.

Transmissibilité accrue due au variant Delta

Enfin, à ces premiers éléments d'explication s'ajoute les caractéristiques du variant Delta, désormais dominant, et environ deux fois plus contagieux que les précédents, quelle que soit la tranche d’âge. Selon une récente étude britannique, il y a ainsi 70% plus de risques qu’il se transmette au sein d’un ménage que la souche précédente. Sur le front de la vaccination, "des données suggèrent qu'avant l'arrivée du variant Delta, les vaccins réduisaient la transmission d'environ 60%, avec Delta cela a chuté à 40%", avait expliqué Tedros Adhanom Ghebreyesus fin novembre. "Par rapport au variant Alpha, le taux de reproduction du variant Delta est de 1,4 à 1,6 fois plus élevé. La période d’incubation est plus courte (médiane de 4 contre 6 jours). De plus, la charge virale est plus élevée dans les voies respiratoires (jusqu’à 4 fois plus)", note de son côté l'Institut national de santé publique du Québec. 

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