Covid-19 : à moins d'un mois de sa mise en place, le déremboursement des tests vire au casse-tête

Covid-19 : à moins d'un mois de sa mise en place, le déremboursement des tests vire au casse-tête

CRISE SANITAIRE - À compter de mi-octobre, les tests PCR et antigéniques ne doivent plus être pris en charge par la Sécurité sociale. Du moins, en théorie. Car la mise en place de cette mesure vire au casse-tête pour l'exécutif.

C'est l'une des mesures phares annoncées par le président de la République le 12 juillet dernier. "Cet automne, les tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale", avait déclaré Emmanuel Macron au cours de sa dernière allocution liée à la crise sanitaire. Un moyen pour l'exécutif d'inciter à la vaccination, à l'instar du pass sanitaire.

Toute l'info sur

Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Désormais, l'objectif semble atteint : plus de 50 millions de Français ont désormais reçu au moins une dose. Mais le déremboursement des tests, lui, n'est pas si simple à mettre en place. Car si les "tests de confort" devraient être payants, pas question pour l'exécutif de faire payer les tests PCR ou antigéniques des personnes qui soupçonnent d'avoir été contaminées par le Covid-19. "Il faut organiser tout le parcours de soin pour avoir un test remboursé", note un conseiller du gouvernement.

L'ordonnance, la clé pour un test remboursé ?

Pour rembourser uniquement les tests des personnes présentant des symptômes, la solution la plus simple pourrait être de conditionner le remboursement à la présentation d'une ordonnance. Mais le gouvernement redoute une saturation des cabinets médicaux. "Si on dit que le remboursement peut passer par une ordonnance du médecin généraliste, on risque d'engorger les médecins", craint-on du côté de l'exécutif.

Lire aussi

D'autant que passer par la case "médecin généraliste" pourrait faire perdre un temps précieux. "Il y a le risque qu'il se passe trop de temps entre l'arrivée des premiers symptômes, le rendez-vous chez le médecin, puis le test", selon un conseiller, qui veut réfléchir à la stratégie "en amont."

"L'assouplissement du pass sanitaire saboterait la bonne idée du déremboursement des tests"

Du côté des scientifiques, le déremboursement des tests laisse sceptique. "C'était une bonne idée puisque cela permettait d'inciter à la vaccination", indique à LCI Catherine Hill, épidémiologiste. "Mais attention, cette idée serait largement sabotée si le pass sanitaire était allégé dans certains endroits", regrette-t-elle. "Les personnes qui hésitaient à se faire vacciner seraient alors confortées dans leur idée puisqu'il n'y aurait plus besoin de pass sanitaire. La logique serait démolie." Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a cependant indiqué ce mercredi que le pass sanitaire serait, pour l'heure, maintenu malgré la décrue de l'épidémie.

Toutefois, Catherine Hill se réjouit que la fin du remboursement permettre de diminuer le nombre de tests réalisés. "Depuis le début de l'épidémie, on teste n'importe qui, n'importe quand. Jamais les tests n'ont été utilisés de façon stratégique et intelligente", déplore l'épidémiologiste. "Nous avons dépensé des milliards en tests sans jamais contrôler l'épidémie. En juin, on estimait que 14 millions de personnes avaient eu le Covid-19 grâce à une étude qui recherchait des anticorps. À cette époque, moins de six millions de personnes avaient été testées positives. On ne trouve donc même pas la moitié des cas grâce au dépistage."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

SONDAGE EXCLUSIF - Présidentielle 2022 : Le Pen, Zemmour et Bertrand toujours au coude-à-coude

EN DIRECT - Covid-19 : les États-Unis "prêts" à vacciner les enfants de 5 à 11 ans dès le mois prochain

"Maintenant, il va falloir qu'il se calme" : Jean-Michel Blanquer recadre Eric Zemmour

Enseignants menacés de mort à Marseille : un homme placé en garde à vue

Tempête Aurore : 9 départements en vigilance orange, des rafales jusqu'à 130 km/h attendues

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.