Alors qu'on vaccine à l'étranger, où en est l'Institut Pasteur ?

L'Institut Pasteur travaille sur trois candidats vaccins dans le cadre de l'épidémie de Covid-19.

COVID-19 - Les premières vaccinations ont été effectuées en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, mais de nombreux chercheurs poursuivent leurs travaux. C'est le cas au sein de l'Institut Pasteur, où trois candidats vaccins sont en développement.

Lorsqu'une information vous intrigue ou que l'une de vos questions reste sans réponse, il est possible de contacter l'équipe des Vérificateurs, via son adresse dédiée : lesverificateurs@tf1.fr. Alors que les premières vaccinations ont eu lieu ces derniers jours, en Grande-Bretagne notamment, notre rédaction a été contactée par Françoise, une internaute souhaitant savoir "où en sont les travaux de l'Institut Pasteur sur le vaccin Covid". Une question légitime puisque si l'on entend beaucoup parler du vaccin développé et distribué par le laboratoire Pfizer-BioNTech, celui des chercheurs français est moins médiatisé. Ce qui ne signifie pas qu'il n'avance pas, comme l'a confié l'Institut à LCI.

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Plusieurs candidats vaccins en développement

Avant de s'intéresser aux recherches de l'Institut Pasteur, il faut d'emblée préciser qu'il ne se concentre pas sur le développement d'un seul, mais bien de plusieurs candidats vaccins. Trois exactement, faisant appel à des technologies différentes. Faut-il s'attendre à les voir bientôt finalisés ? Pas forcément. Comme l'explique l'Institut, le projet "le plus avancé est en essai clinique de phase 1 chez l’Homme. Les 2 autres candidats vaccins sont en phase de recherche préclinique, c’est-à-dire chez l’animal". Rappelons que lorsque les recherches précliniques sont terminées, trois phases de tests cliniques sont menées avant une potentiellement mise sur le marché, comme le résume l'infographie suivante, réalisée par l'Inserm.

Bien que certains vaccins aient déjà reçu le feu vert pour une distribution à l'étranger, l'Institut Pasteur se satisfait de la vitesse à laquelle avancent ses travaux. "Si d’autres vaccins sont déjà très près de leur autorisation de mise sur le marché (AMM), l’Institut Pasteur n’est pas en retard dans le développement de vaccins contre cette maladie, selon les choix scientifiques et technologiques qui ont été faits", souligne-t-il. "Aboutir depuis le mois d’août 2020 à un candidat-vaccin en développement clinique de phase 1 chez l’homme, après avoir débuté sa recherche en laboratoire en janvier 2020, soit 9 mois avant, est une réelle performance scientifique."

Les "choix scientifiques" auxquels il est fait référence désignent les technologies et approches sélectionnées dans la conception des vaccins. On observe en effet que ceux qui ont été mis au point le plus rapidement sont dits "à ARN", à l'instar de celui de Pfizer-BioNTech. "L'avantage est qu'avec cette méthode, il est inutile de cultiver un pathogène en laboratoire, c'est l'organisme qui fait le travail. C'est pour cette raison que ces vaccins sont plus rapides à mettre au point", résumait le mois dernier Capital.

L'Institut Pasteur glisse par ailleurs que "selon l’OMS, sur plus de 169 projets de vaccins en développement à l’échelle mondiale, seuls 26 candidats-vaccins seraient actuellement en cours d’essai clinique chez l’Homme. Il existe donc un réel intérêt de poursuivre les autres projets en cours de développement." L'avancement de la recherche est en effet documenté avec précision par l'Organisation mondiale de la Santé, qui détaille avec transparence les évolutions des différents laboratoires. 

Des besoins à l'avenir

Du côté de Pasteur, on mise aujourd'hui sur deux candidats vaccins qui "utilisent des vecteurs viraux : le virus atténué utilisé dans le vaccin contre la rougeole et un lentivirus". Le troisième et dernier, quant à lui, "est un vaccin à ADN, basé sur une technologie plus récente". Alors qu'un responsable de l'industrie pharmaceutique confiait à LCI il y a quelques semaines que la course au vaccin ressemblait davantage à un marathon qu'à un sprint, l'Institut ne s'attend pas à voir un vaccin aboutir avant la fin de l'année 2021. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'en arrivant plus tard que d'autres, il ne sera pas utile.  

"Les caractéristiques en termes de sécurité, d’efficacité globale et dans les différents groupes d’âge, de durée d’immunisation ou encore de facilité d’emploi ou de conservation, des premiers vaccins prêts à être commercialisés restent à être solidement établies", nous confie-t-on. "Il est également probable que plusieurs vaccins seront, à terme, nécessaires pour couvrir le plus efficacement les différentes situations d’emploi et les besoins pour vacciner l’intégralité des populations à vacciner au niveau mondial." Pour toutes ces raisons, il "continue de croire en l’intérêt de ses recherches".

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Outre le fait qu'il sera long de vacciner à grande échelle des populations entières, soulignons que les besoins en matière de vaccins ne se limitent pas à quelques pays à travers le monde. Sans compter le fait qu'il est possible que le virus "s'installe" et nécessite des vaccinations dans le futur, à l'instar de la grippe qui revient chaque hiver. Dès lors, on comprend mieux que des laboratoires ne se lancent pas dans une course effrénée pour être les premiers et préfèrent miser sur l'avenir.

En résumé, on peut donc retenir que l'Institut Pasteur travaille actuellement sur trois candidats vaccins, et que ceux-ci ne sont pour l'heure pas aussi avancés que ceux en passe d'être distribués. Basés sur d'autres approches, ils requièrent un développement plus long, qui pourrait aboutir à une finalisation d'ici environ un an. Des délais assumés par les chercheurs, en quête d'un vaccin efficace et sûr.

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