Covid-19 : certains malades dotés d'une "immunité surhumaine" ?

Covid-19 : certains malades dotés d'une "immunité surhumaine" ?

ÉTUDE - D'après des travaux relayés cette semaine sur les ondes américaines, certains malades développent une résistance au SARS-CoV-2 "d’une puissance impressionnante". Explications.

C'est une nouvelle de bon augure pour espérer en finir à terme avec l'épidémie de Covid-19. De récentes études, dont une relayée cette semaine par la radio américaine NPR, tendent à démontrer que certaines personnes développent des anticorps extrêmement puissants et polyvalents, capables de neutraliser le SARS-CoV-2 et d'ores et déjà plusieurs de ses variants. Au point que certains scientifiques parlent d'"immunité surhumaine" ou "pare-balles".

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Shane Crotty, l’immunologiste à l'origine des travaux relayés ce mardi sur les ondes américaines mais déjà publiés en juin dans la revue Science, préfère pour sa part utiliser le terme d’immunité "hybride" au Covid-19. Mais de quoi parle-t-on exactement et qui sont les malades susceptibles de la développer ? On fait le point.

De quoi s'agit-il ?

Les scientifiques qui se sont penchés sur la question expliquent que non seulement les patients concernés produisent des niveaux très élevés d’anticorps, mais en plus avec une grande flexibilité. En d'autres termes, leur corps résiste aux différents variants déjà en circulation ainsi qu'à ceux qui pourraient émerger à l’avenir, détaille Paul Bieniasz, virologue à l’université américaine Rockefeller, qui a co-dirigé une partie de ces études dont une publiée au mois d’août.

"On peut raisonnablement prédire que ces personnes seront assez bien protégées contre la plupart - et peut-être la totalité- des variants du SARS-Cov-2 susceptibles d'apparaître dans le futur", précise-t-il. Le spécialiste et ses collègues ont ainsi identifié des anticorps en mesure de neutraliser au moins six variants préoccupants du Covid-19. "C’est un peu plus spéculatif, mais je soupçonne également que ces malades auraient un certain degré de protection contre les virus de type SRAS qui n’ont pas encore infecté les humains."

"Les anticorps dans le sang de ces personnes peuvent même neutraliser le SARS-CoV-1, le premier coronavirus, apparu il y a vingt ans", complète la virologue Theodora Hatziioannou de l'Université Rockefeller qui a cosigné les publications, précisant que "ce virus est très, très différent du SARS-CoV-2". Soulignant par ailleurs que ces anticorps sont même capables de désactiver un virus, conçu en laboratoire pour être hautement résistant à la neutralisation, et contenant 20 mutations connues, elle en déduit que ces patients "sont les mieux placés pour combattre" le Covid-19.

Qui développe cette "immunité surhumaine" ?

Les chercheurs sont arrivés à la conclusion qu'il fallait, pour développer une telle production de ces anticorps, être concerné par une exposition hybride au virus, c'est à dire avoir été au préalable infectés par le virus avant d'avoir reçu un vaccin à ARN messager. Selon toute vraisemblance, les personnes infectées par le Covid en 2020 puis immunisées avec des vaccins à ARNm cette année, comme Pfizer ou Moderna, sont les plus susceptibles de développer cette immunité "hybride", détaillent-ils.

"Après les infections naturelles, les anticorps semblent évoluer et devenir non seulement plus puissants, mais aussi plus larges. Ils deviennent plus résistants aux mutations au sein du virus", explique notamment Theodora Hatziioannou. Mais il est encore trop tôt pour affirmer toutefois que toutes les personnes concernées par une exposition "hybride" développent automatiquement une "immunité surhumaine". 

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"Nous n'avons étudié ce phénomène qu'avec quelques patients, car c'est un examen extrêmement laborieux et difficile", précise-t-elle encore, en rappelant que des recherches sont désormais axées sur la recherche d'un vaccin contre le pan-coronavirus qui protégerait contre toutes les variantes futures. "Nos résultats indiquent que nous l'avons déjà."

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