Troisième dose, port du masque, télétravail... Les mesures que pourrait annoncer Olivier Véran ce jeudi

Troisième dose, port du masque, télétravail... Les mesures que pourrait annoncer Olivier Véran ce jeudi

5e VAGUE- Alors que le niveau des contaminations atteste d'une progression "fulgurante" de la cinquième vague de Covid-19, le Conseil de Défense s'est penché mercredi sur les mesures à adopter, qu'Olivier Véran devrait détailler ce jeudi. À quoi peut-on s'attendre ?

"Le constat est sans appel : notre situation épidémique se dégrade très nettement". Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a lancé un avertissement mercredi à l'issue d'un Conseil de défense sanitaire consacré aux mesures à mettre en œuvre contre cette flambée épidémique "fulgurante". Les mises en garde se multipliaient depuis la semaine dernière : le virus a repris une circulation rapide dans le pays, et il faut empêcher une nouvelle mise en tension des capacités hospitalières. 

Si la dernière intervention du chef de l'État, le 9 novembre dernier, avait déjà donné lieu à un renforcement du contrôle du pass sanitaire, le Conseil de défense sanitaire tenu ce mercredi matin pourrait élargir l'arsenal des mesures en place. Généralisation de la "troisième dose" ? Retour du masque en extérieur ? On fait le point sur ce qu'étudie le gouvernement à ce stade, et qui ne sera divulgué que ce jeudi, après consultation des chefs de groupes parlementaires mercredi soir et des élus locaux jeudi matin. 

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La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

L'extension de la 3e dose à l'étude

L'objectif avoué est de contrôler la situation à l'hôpital, "le nerf de la guerre", rappelait Gabriel Attal à l'issue du Conseil. Selon le porte-parole du gouvernement, on n'observe plus "la même corrélation (...) entre le nombre de contaminations et celui des formes graves". L'exécutif y voit la confirmation de sa stratégie vaccinale, et entend l'améliorer et la renforcer, sans recourir aux méthodes précédentes de confinement, fermeture ou couvre-feu.

Parmi les mesures envisagées, selon un conseiller gouvernemental interrogé par LCI la veille, celle d'un calendrier d'administration de la "troisième dose", "par paliers et par catégories d'âge", mais sans l'étendre, pour l'heure, à l'ensemble de la population. Il pourrait être question, notamment, d'ouvrir cette possibilité aux plus de 40 ans. La dose de rappel (qui est généralement une troisième dose), sans être obligatoire à proprement parler, va conditionner à partir du 15 décembre l'accès au pass sanitaire pour les plus de 65 ans et les personnes à risques de formes graves, ainsi que les soignants. 

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Conférence de presse de Gabriel Attal après le Conseil de Défense

Si les 50-64 ans se verront proposer une troisième dose à compter du 1er décembre, le conditionnement du pass sanitaire au rappel ne serait pas encore envisagé. La tranche d'âge des 40-49 ans devrait également être rapidement associée à ce calendrier, laissait entendre le ministre de la Santé mardi 23 novembre. 

Par ailleurs, l'abaissement du délai pour la dose de rappel, des 6 mois habituellement recommandés à 5 mois après la dernière injection, est à l'étude. Ce délai raccourci, déjà effectif dans plusieurs pays, pourrait permettre d'accélérer la campagne de rappel dans la population. 

Au-delà, la généralisation de la troisième dose ne fait pas consensus parmi les experts, certains estimant que deux doses protègent suffisamment des formes graves de la maladie, et que la vraie priorité est la primo-vaccination des quelque six millions de Français ne s'y étant pas encore soumis. 

Quant à la vaccination des enfants, elle pourrait prochainement être recommandée par l'Agence européenne du médicament (EMA), mais le gouvernement semble réservé sur ce point, selon une source proche de l'Élysée. Gabriel Attal a simplement indiqué, mercredi, que les autorités sanitaires nationales feraient leur recommandation une fois la position de l'EMA connue. Le cas échéant, une vaccination des enfants prendrait la forme d'une incitation, et non d'une obligation.

Port du masque : vers une clarification

L'autre "message fort" qui devrait sortir du Conseil de défense, portera sur le port du masque : "Aujourd'hui, plus personne n'y comprend plus rien", selon la source contactée par LCI. Le masque - obligatoire ou non selon les lieux, la région où l'on se trouve, ou selon qu'on est dehors ou dedans - a tendance à disparaître par défaut de cohérence, ce que le gouvernement va chercher à inverser. 

C'est donc probablement une simplification du port du masque qui sera annoncée : il pourrait ainsi faire son retour  dans certains lieux accueillant du public où il avait parfois été abandonné à la faveur de la décrue épidémique, mais aussi en extérieur, lorsque la fréquentation est importante. 

Pass sanitaire : le levier de la stratégie

Gabriel Attal a martelé la philosophie de l'action face à l'épidémie : "faire peser les contraintes sur ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités, plutôt que sur les autres". C'est donc le pass sanitaire, détenu par les personnes vaccinées, qui est la clé de la stratégie, et dont les contrôles devraient s'intensifier. À terme, c'est sans doute lui également qui permettra d'inciter les Français à hâter leur dose de rappel.

Par ailleurs, le remboursement total des tests, supprimé depuis la rentrée pour les tests dit "de confort" et réclamé par une partie de l'opposition, n'est pas à l'ordre du jour. 

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D'autres pistes sont issues notamment des préconisations du Conseil scientifique. Celui-ci plaide pour un "renforcement du dépistage réactif à l'école", et pour le retour à l'utilisation des tests de diagnostic en population générale. La baisse du recours au dépistage, accentuée depuis la fin de sa gratuité, complique la lutte contre l'épidémie, en retardant la détection des contaminations. Il semble, selon les sources de LCI, qu'un retour à la gratuité ne soit pas envisagé à ce stade, mais que la durée de validité des tests soit abaissée à 24h, contre 72 actuellement, pour plus de pertinence de leur résultat. 

Des voix réclament enfin une évolution du protocole sanitaire à l'école, que certains jugent trop lourd. Des propositions ont été soumises au gouvernement, comme celle, émanant d'élus locaux, qui consisterait à remplacer la fermeture systématique d'une classe dont un élève est positif par le recours au test pour tous les élèves de la classe concernée. À ce jour, près de 6000 classes sont fermées dans le pays, une situation qui peut s'avérer extrêmement contraignante pour les parents. 

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