Covid-19 : avec la reprise épidémique, faut-il réinstaurer la gratuité des tests ? La question divise

Covid-19 : avec la reprise épidémique, faut-il réinstaurer la gratuité des tests ? La question divise

CRISE SANITAIRE - Face à la cinquième vague de Covid-19, la France doit-elle à nouveau rendre tous les tests de dépistage gratuits pour mieux lutter contre l'épidémie ? Certains professionnels de santé le réclament, mais la majorité s'y oppose.

C'est une décision annoncée au cœur de l'été par Emmanuel Macron. "Cet automne, les tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale", avait déclaré le président de la République lors de son allocution du 12 juillet dernier. Depuis, le chef de l'État est passé des paroles aux actes. Voilà désormais un mois que les tests PCR et antigéniques ne sont plus remboursés pour les Français majeurs qui se présentent sans preuve de vaccination, sans ordonnance ou sans message de l'Assurance maladie.

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Une décision motivée par la volonté d'améliorer la couverture vaccinale dans le pays, mais qui a provoqué une baisse significative du nombre de tests : 288.000 chaque jour en moyenne, selon CovidTracker, contre 500.000 en septembre. Mais depuis, les contaminations sont reparties à la hausse : 19.778 mardi, au plus haut depuis le 25 août. Pour limiter les risques de non-détection des cas, faut-il à nouveau rendre les tests gratuits ?

Pour le Dr Jean-Paul Hamon, président d'honneur de la Fédération des médecins de France, cela ne fait aucun doute. "Il faut revenir à la gratuité des tests", plaide-t-il sur LCI (voir vidéo en tête de cet article). "Il faut que l'on puisse suivre cette épidémie pas à pas et que l'on puisse isoler les cas positifs." Selon lui, une partie de la population "doit renoncer aux tests alors qu'avant, elle le faisait facilement".

Le nombre de contaminations sous-estimé ?

"Il est normal que ces tests ne soient pas gratuits pour des raisons de 'confort'", déclare de son côté Mahmoud Zureik, professeur d'épidémiologie et de santé publique, dans les colonnes de L'Express. "Mais il y a probablement une sous-estimation du nombre de cas en France. Cela pose problème si nous sommes amenés à prendre des mesures qui se fondent sur un certain seuil de circulation, car dans ce cas, il nous faut des indicateurs fiables."

En outre, Mahmoud Zureik déplore le délai plus important entre le début des symptômes et l'obtention d'une ordonnance pour les non-vaccinés. "Si vous avez des symptômes et que vous devez passer par une prescription médicale pour réaliser le test, cela retarde le diagnostic, la prise en charge, et tout cela amène aussi à propager le virus."

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Des arguments que ne retient pas la majorité, qui met en avant le fait que les mineurs, les personnes vaccinées (plus de 51 millions en France), celles présentant une ordonnance ou les cas contacts bénéficient toujours de la prise en charge de leurs tests par l'État. "Ce n'est pas à l'ensemble des Français de payer une décision personnelle" de refus de la vaccination, a défendu ce mercredi sur LCI Christophe Castaner, président du groupe LaREM à l'Assemblée nationale. "Il y a une forme d'irresponsabilité à penser que l'on peut faire le test dix ou vingt fois par mois parce que l'on a décidé de ne pas se faire vacciner."

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, assure que le retour à la gratuité de tous les tests n'est pas à l'ordre du jour. "Quand vous faites des tests pour pouvoir bénéficier du pass sanitaire, ce n'est pas à la solidarité nationale de les prendre en charge", a-t-il justifié en sortie du Conseil des ministres ce mercredi. "Il n'est pas prévu de revenir sur cette décision."

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