Covid-19 : comment le laboratoire Moderna a développé son vaccin ?

Covid-19 : comment le laboratoire Moderna a développé son vaccin ?

REPORTAGE – Moderna est l'un des vaccins autorisés en France. Ce laboratoire, dirigé par un Français, nous a ouvert ses portes. Découvrez ce document exclusif pour comprendre les défis scientifiques, financiers et humains de cette guerre contre la pandémie.

Moderna, AstraZeneca et Pfizer sont à ce jour les trois vaccins autorisés en France et en Europe. Ces trois sociétés ont créé un remède en un temps record mais peinent aujourd'hui à faire face à la demande. L'Union européenne leur a commandé plus d'un milliard de doses. Elle en a seulement reçu 26 millions pour l'ensemble des 27 États membres. En plus, l'apparition de plusieurs variants du virus sème le doute sur la pleine efficacité de leurs produits. 

En exclusivité, Moderna, totalement inconnu du grand public il y a encore un an, nous a ouvert ses portes. Comment a-t-il été conçu, testé, fabriqué à des millions d'exemplaires ?

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Aucun laboratoire français n'a développé de vaccin efficace contre la Covid-19, mais l'un de ceux qui ont remporté cette course mondiale au vaccin n'en reste pas moins Français. Stéphane Bancel est le patron de Moderna, start-up américaine qui, grâce à une nouvelle approche basée sur l'ADN, a créé l'un des trois vaccins autorisés en Europe. Le laboratoire américain Moderna est une entreprise de 1 000 salariés. Avec ce vaccin, basé sur une toute nouvelle technologie, l'action de la société a été multipliée par dix en un an. Et son patron, français, pèse aujourd'hui plusieurs milliards de dollars. "La première fois que j'ai entendu parler du coronavirus, j'étais dans le sud de la France, c'était entre Noël et le jour de l'An, au passage de 2019-2020" se souvient-il. "Comme tous les matins, je lis le journal, ils parlent d'une pneumonie en Chine (…) On s'est dit, c'est une pandémie" 

Une course contre la montre s'engage. Il mobilise ses équipes, en particulier celle du 5e étage: le royaume d'Andrea Carfi, 50 ans, d’origine sicilienne, responsable de la recherche sur les vaccins et les maladies infectieuses chez Moderna. Avec ses équipes, il cherche à isoler le point faible du virus, une protéine. La clé permettant au virus d'entrer dans les cellules. L'idée est donc de créer un message génétique pour générer des anticorps pour la détruire. 

À l'annonce des premiers tests cliniques, l'action a grimpé en flèche

Quelques semaines plus tard, le 16 mars 2020, Jennifer Haller entre dans l'histoire. À 43 ans, cette Américaine est la première personne au monde à se faire vacciner contre le coronavirus.  Elle fait partie des 45 volontaires sains qui ont accepté de servir de cobayes pour tester le vaccin de Moderna Therapeutics. Le candidat-vaccin contre le coronavirus a été développé en 63 jours seulement, un record. Sa technologie est basée sur l'ARN messager, la molécule intermédiaire entre l'ADN et les protéines présentes dans les cellules du corps humain. En d'autres termes, des instructions génétiques pénètrent directement les cellules humaines, qu’elles reprogramment pour qu’elles fabriquent elles-mêmes un antigène du coronavirus… afin de déclencher une réponse du système immunitaire.

Le prototype de vaccin de Moderna est le tout premier à avoir été testé sur des cobayes humains – sans passer par la phase de test sur des animaux. À l'annonce des premiers tests cliniques, son action a grimpé en flèche : + 50% en à peine un mois. Le groupe pèse aujourd'hui près de 10 milliards de dollars. Le Français qui dirige la start-up américaine, Stéphane Bancel, avait même été invité à la Maison-Blanche pour présenter son projet quelques semaines auparavant.

Le feu vert tant attendu

La suite, on la connaît. Les pays de l'UE ont fait pression sur l'EMA pour qu'elle donne son feu vert au vaccin de Moderna au moment où la pandémie fait rage en Europe. Début janvier, le laboratoire américain Moderna a commencé les livraisons en Europe de son vaccin contre le Covid-19, le deuxième à être autorisé dans la région après celui de Pfizer-BioNtech. Le vaccin de la biotech - basé sur la technologie de l'ARN messager - a reçu le feu vert de la Haute autorité de santé (HAS) française, deux jours après avoir reçu celui de l'Union européenne. Il doit être administré en deux injections - comme le vaccin BioNTech-Pfizer - espacées d'au moins 28 jours, mais présente moins de contraintes en matière logistique, puisqu'il doit être stocké à -20 degrés, au lieu de -80.

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Depuis, la société américaine de biotechnologie Moderna a annoncé vendredi 12 février avoir demandé l'autorisation à différentes autorités sanitaires du monde d'augmenter de 50% la capacité de ses flacons de vaccin contre le Covid-19, afin d'accélérer les campagnes de vaccination en cours. "Afin d'optimiser les ressources et les opportunités de livrer plus de doses plus rapidement sur chaque marché, Moderna a proposé de remplir ses flacons avec jusqu'à 15 doses de vaccin", a indiqué la société dans un communiqué. Jusqu'à présent, ses flacons contiennent 10 doses.

Cet extrait vidéo est issu du replay de Sept à Huit, émission d’information et de reportages hebdomadaire diffusée sur TF1 et présentée par Harry Roselmack. 7 à 8 propose 3 à 4 reportages sur l’actualité du moment : politique, faits divers, société ou encore évènements internationaux.

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