Commerces, entreprises, transports... où risque-t-on le plus d'être contaminé ?

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Santé

CLUSTERS - Quels sont les lieux où ont été recensés trois cas ou plus de Covid-19 ? Certains sont touchés dans des proportions bien plus importantes que d'autres. Voici lesquels.

Quels sont les lieux où l'on se transmet le plus le Covid-19 en France ? Six mois après que l'état de pandémie a été déclaré, il demeure difficile de répondre précisément à cette question mais les fameux "clusters" semblent offrir un premier élément de réponse aux autorités qui continuent de s'y fier, dans un contexte où le nombre de cas positifs explose. Pour rappel, un cluster est défini comme la "séquence d'au moins trois personnes malades successivement", en sept jours dans un lieu identifié, comme un rassemblement festif ou une entreprise.

Dans son dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire mis en ligne le 10 septembre, la Direction générale de la Santé dresse une liste de ces derniers, par type de collectivités, permettant d'identifier les lieux les plus touchés. Et ce n'est pas forcément ceux auxquels on pense. Quels sont-ils ?

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Les entreprises "principaux clusters"

Entre le 9 mai et le 7 septembre, parmi les 1 583 clusters identifiés incluant 15 976 cas, ceux survenus en entreprises hors établissements de santé (ES) restaient parmi les types de collectivités les plus représentés (29%). Puis le milieu familial élargi et les événements publics/privés rassemblant de manière temporaire des personnes (26%) et les établissements de santé (11%). 

Suivent les établissements sociaux d’hébergement et d’insertion (6 %), le milieu scolaire et universitaire (4%), les établissement médico-sociaux de personnes handicapées (3%), les communautés vulnérables (gens du voyage, migrants) (2%), les crèches (2%), les unités géographiques de petite taille (1%), les établissements pénitentiaires (1%), les structures de l'aide sociale à l'enfance (1%) et autres (13%).

Pour ce qui concerne les foyers épidémiques en entreprise, l’administration publique est la plus représentée selon Santé publique France qui publiait pour la première fois fin août le détail des clusters en milieu professionnel.  Parmi les 29% de cas signalés, "39% concernaient les activités d’ordre public et de sécurité, 22% les administrations publiques générales, 16% les services du feu et de secours, et 14% la défense", précisait le rapport. L’industrie manufacturière (16%) et l’hébergement-restauration (9%) suivaient. Enfin, le commerce, la réparation d’automobiles et de motocycles sont les dernières catégories répertoriées avec 8% des cas.

Quid des transports

A l'instar de ces collectivités qui figurent en bas de liste dans le bulletin épidémiologique du 10 septembre, les transports (avion, bateau, train) ne représentent, avec 23 cas recensés depuis le 9 mai, que 1% des clusters identifiés.  A noter que s'agissant des transports, on parle de foyer épidémique lorsqu'"au moins trois cas confirmés ou probables ayant voyagé dans le même avion (ou train, métro bus, bateau, etc.)" sont détectés "dans une période de sept jours", selon le "guide pour l'identification et l'investigation de situations de cas groupés de Covid-19", établi par Santé publique France.

Alors que les craintes étaient grandes en sortie de confinement sur ce lieu confiné et a priori propice aux clusters, ce faible pourcentage, aussi rassurant soit-il, peut surprendre. Comment l'expliquer alors ? Parmi les pistes avancées, figurent la bonne application des gestes barrières puis le fait que les passagers parlent et bougent généralement très peu une fois qu'ils sont installés, surtout lorsqu'ils voyagent seuls.

Un biais méthodologique ?

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Mais pour expliquer que les clusters soient à ce point étrangers aux transports, la piste d'un biais méthodologique a également déjà été avancée. En effet, contrairement à ce qui vaut pour d'autres endroits clos comme un établissement de santé ou une entreprise privée, le temps de présence dans les transports en commun, qu'il s'agisse d'une rame de métro, de RER ou encore d'un avion pour le court-courrier chargé d'assurer les vols en France, est relativement bref. "Statistiquement, c'est plus compliqué d'identifier trois cas qui n'ont pas forcément eu le temps d'émerger en quelques heures. Par ailleurs, on a plus de facilités à détecter les clusters dans des endroits qui font déjà l'objet une épidémiosurveillance de base ou renforcée, comme les établissements de santé, les Ehpad ou certaines entreprises", faisait ainsi remarquer dès juin dernier dans un entretien au Parisien, Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie.

Pour rappel, s'ils demeurent une piste à ne pas négliger pour lutter le plus efficacement possible contre l'épidémie, les "clusters" ne représentent que 10% du total des cas positifs au Covid-19. Et, à ce jour, aucune donnée n'est disponible sur les contaminations qui surviennent hors de ces lieux identifiés.

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