"On risque de créer une situation explosive" : les fêtes clandestines du Nouvel An inquiètent

"On risque de créer une situation explosive" : les fêtes clandestines du Nouvel An inquiètent

CRISE SANITAIRE - Ce dimanche, le ministre de la Santé, Olivier Véran a conseillé aux Français ne "pas célébrer" la Saint-Sylvestre. Alors que le nombre de cas progresse dans le pays, beaucoup s'inquiètent des conséquences des fêtes de fin d'année.

La consigne est claire." Le meilleur moyen de célébrer l'entrée dans la nouvelle année, c'est de ne pas la célébrer !", a déclaré le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans les colonnes du Journal du Dimanche. En d'autres termes, l'homme politique demande aux Français de rester chez eux  afin d'éviter une reprise de l'épidémie. "On ne peut pas, pour une soirée, prendre le risque de bloquer à nouveau le pays pendant des semaines", a-t-il justifié. Alors que la soirée du 24 décembre avait bénéficié d'une dérogation, la Saint-Sylvestre n'échappera pas à la loi du couvre-feu.

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Ces restrictions seront-elles respectées par la population ? "On compte rester en petit comité. On devrait être cinq personnes, je pense qu'on va respecter le confinement", répond un jeune homme. À côté de lui, son ami sourit. Il n'est pas du même avis : "Nous on sera dans un appartement où il y aura une vingtaine de personnes. Je ne pense pas qu'on sera reconfinés à cause du Nouvel An." Pourtant, le ministre de la Santé n'a pas exclu un troisième reconfinement si la situation épidémique "devait s'aggraver".

D'autant que la circulation du virus est encore importante, avec "15.000 contaminations détectées par jour en moyenne, alors qu’on était descendu à 11.000...", pointe Olivier Véran. Et un nouveau relâchement des jeunes est en ligne de mire. Depuis quelques semaines, les autorités ont interrompu plusieurs fêtes clandestines dans toute la France. Dimanche 27 décembre, la police est intervenue pour mettre fin à quatre fêtes clandestines en Ile-de-France. Cinq personnes ont été interpellées

On risque de créer une situation explosive - Dr Imad Kansau, infectiologue

Si la campagne de vaccination vient tout juste d'être lancée sur notre territoire, ce n'est pas le moment de relâcher nos efforts selon le Dr Imad Kansau, infectiologue à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart :" D'un point de vue épidémiologique, c'est une soirée qu'il ne faut pas rater". Après des mois difficiles, le spécialiste comprend le besoin des jeunes de "se lâcher" mais il craint que la nuit du Nouvel An "ne consolide la bosse d'augmentation des cas en France". 

Concrètement, en quoi les soirées clandestines organisées pour le Nouvel An sont-elles risquées ? "Si l'on ne porte pas de masque et que l'on se trouve à moins d'un mètre de plusieurs personnes, on risque de postillonner. On va envoyer des gouttelettes qui risquent de contaminer les autres", répond Dr Imad Kansau. Selon lui, les soirées organisées à plusieurs pourraient se transformer en nids de clusters : "On crie, on chante et on risque de créer une situation explosive en termes de transmission."

Se confiner après le Nouvel An

Un autre paramètre est aussi à prendre en compte. Les fêtes de fin d'année coïncident avec l'arrivée d'une nouvelle souche britannique du Covid-19 qui se propage en Europe. Le premier cas français du virus mutant est apparu à Tours, vendredi 25 décembre. Si ce type de virus n'est pas plus violent, il se propage plus rapidement notamment dans un contexte de soirée où les gens oublient les gestes barrières. 

Pour ceux qui choisiront de se réunir à plusieurs pour célébrer la Saint-Sylvestre, Dr Imad Kansau leur recommande de se confiner pendant cinq jours après les festivités. Ensuite, le spécialiste préconise d'aller faire un test pour être sûr de ne transmettre aucune infection. "Il faut donc compter jusqu'au 7 janvier pour faire un test à nouveau". 

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Afin de veiller au respect des règles sanitaires pendant le réveillon, les agents de police seront largement mobilisées. En temps normal, ce sont déjà 100.000 forces de sécurité qui sont déployées dans le territoire, le 31 décembre, pour éviter les débordements et "contenir certaines violences", indique Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat Allance Police. 

Jeudi prochain, la mission du policier et de ses collègues sera de "faire la chasse aux fêtes sauvages " et de veiller à ce que le couvre-feu soit bien respecté. En cas d'infraction, l'individu devra payer une amende de 135 euros. " L'enjeu est si important que les forces de sécurité ne seront sans doute pas dans la pédagogie", souligne Stanislas Gaudon. Tout le monde est prévenu. 

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