50.000 décès évités grâce à la vaccination en France ?

50.000 décès évités grâce à la vaccination en France ?

ETUDE - C'est la première étude sur l'impact de la vaccination en France. Selon des chercheurs de l'université de Montpellier, près de 50.000 décès ont pu être évités grâce à la vaccination anti-Covid. Leurs conclusions doivent cependant encore être définitivement validées.

C'est une première en France. Une équipe de chercheurs de l'université de Montpellier, assistée par les CHU de Nîmes et Caen, ont soumis une étude - qui n'a pas encore été relue par leurs pairs - sur l'impact de la vaccination à l'échelle de toute la population française. 

D'après ses résultats, 47.500 décès (marge d'erreur comprise entre 36.200 et 62.800) ont pu être évités en France grâce à la vaccination contre le Covid-19, depuis le début de la campagne, ainsi que 39.100 admissions en soins intensifs (entre 26.100 et 57.100). Soit respectivement une réduction de 57% et 46% par rapport aux valeurs sans vaccination, et les chercheurs avancent que "l'effet bénéfique de la vaccination devrait encore augmenter d'ici à la fin de l'année"

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Une courbe "réelle" et une "inventée"

Pour obtenir ces chiffres, les chercheurs se sont appuyés sur les données hospitalières, et notamment en comparant la courbe d'admissions en soins critiques, celle du nombre de décès avec une courbe "inventée",  dans un scénario où personne n'aurait été vacciné, et ce depuis le mois de janvier. Invité de LCI ce lundi, Mircea Sofonea, épidémiologiste et l'un des auteurs principaux de l'étude, précise que la modélisation n'a pas vocation à être "un essai clinique". "On s'appuie sur les efficacités vaccinales mesurées sur des essais cliniques ou des études de terrain et, ensuite, on essaye de quantifier l’impact de la vaccination par rapport à une population où on n’aurait pas eu le vaccin", a-t-il détaillé sur notre antenne. 

La seconde courbe a été élaborée mathématiquement, en se basant sur la proportion de décès parmi les cas positifs au Covid-19 dans 68 pays, en fonction de leur couverture vaccinale. Après avoir estimé l'efficacité des vaccins contre les formes graves, les auteurs de l'étude sont arrivés à la conclusion que se faire vacciner permet d'éviter de se faire contaminer dans 40% des cas et d'éviter de contracter une forme grave du virus dans 88% des cas. 

Ainsi, pour le scientifique, "on est obligé d’en passer par la simulation", étant donnés la variabilité du virus et des chiffres qui évoluent quotidiennement,  ainsi que l'évolution de la campagne vaccinale. 

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Jusqu'à 67.000 séjours en réanimation et 78.000 décès évités en 2021

Les deux courbes ont commencé à diverger dès la fin mars, soit trois mois après le début de la campagne de vaccination. "Pendant les premiers mois, l’effet de la vaccination était trop faible pour être mesurable et la croissance épidémique était assez contenue au tout début", a précisé également Mircea Sofonea auprès de nos confrères du Parisien.

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Il est important que la communauté scientifique soit au courant de ces études pour pouvoir avancer- L'épidémiologiste Mircea Sofonea

D'après l'épidémiologiste, l'impact de la vaccination sur la réduction du nombre de décès et de passages en réanimation est donc"très important". "Ça donne des arguments en faveur d’une couverture la plus large possible", assure-t-il. 

En extrapolant, les scientifiques ont par ailleurs calculé qu'au total, 67.000 séjours en réanimation et 78.000 décès devraient être évités sur toute l'année 2021 grâce aux vaccins. Pour rappel, plus de 114.000 personnes sont mortes des suites d'une infection liée au Covid-19 depuis le début de la pandémie en France.

Une étude qui comporte des limites

L'étude, qui pourrait prochainement être publiée dans une revue scientifique, comporte toutefois certaines limites. La modélisation ne prend par exemple pas en compte le fait que "les gens auraient fait davantage attention sans les vaccins", comme l'a admis Mircea Sofonea dans le Parisien. Il aurait également fallu "faire varier les taux d’efficacité des vaccins dans le temps et selon les variants", souligne par ailleurs l’épidémiologiste Mahmoud Zureik, alors que plusieurs études attestent que l'efficacité de ces injections peut diminuer sous l'effet du variant Delta

Il s’agit d’un travail en cours d’expertise [...] Il est important que la communauté scientifique soit au courant de ces études pour pouvoir avancer”, a conclu de son côté Mircea Sofonea sur LCI.

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