Les trois questions pratiques que soulèvent l'engouement pour les tests avant les fêtes

Les trois questions pratiques que soulèvent l'engouement pour les tests avant les fêtes

RAZ DE MARÉE - Bon nombre de Français songent à se faire dépister du SARS-CoV-2 juste avant de retrouver leurs proches pour Noël et le jour de l'An. Comment s'y prendre ? Aura-t-on assez de tests et la capacité de les analyser dans les délais espérés ?

L'alternative est présentée comme une "fausse bonne idée" par les autorités, qui redoutent qu'elle ne soit considérée comme un passeport pour faire tomber les gestes barrières. Malgré ces réserves, l'idée de se faire dépister du Covid-19 juste avant de retrouver ses proches pour Noël et le jour de l'An, voire le jour J, reste dans les projets de bon nombre de Français. Un récent sondage Ifop pour le site médical Odero indique ainsi que 26% d'entre eux envisagent de réaliser un test pour se rassurer avant les fêtes de fin d'année. 

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D'ores et déjà, les syndicats de pharmaciens annoncent "un raz de marée" le moment venu, ce qui soulève plusieurs questions d'ordre pratique. Ou se rendre et pour quelle technique de prélèvement opter ? Aura-t-on assez de tests et de temps pour les analyser dans les délais espérés ?

Va-t-on pouvoir répondre à la demande ?

Pour répondre "à la forte demande à venir", la direction générale de la Santé a adressé ce mercredi une note aux pharmacies afin qu'elles constituent un "stock important" de tests antigéniques et ce, avant le 14 décembre. Aura-t-on pour autant la capacité de répondre à la demande ? "Ça, on ne le saura qu'après", commente Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), qui précise que, "dans certaines régions, les conseillers régionaux veulent que les gens se fassent dépister et mettent la pression pour cela, comme en [Auvergne-]Rhône-Alpes, PACA ou Normandie". Et de poursuivre :  "Il est certain qu'on va consommer du test les jours qui précèdent les fêtes, mais les laboratoires sont avertis et fabriquent, et les grossistes répartiteurs sont fournis [...]. Normalement, ça devrait bien se passer." 

S'il se veut optimiste, le président de l'USPO se veut aussi réaliste. Le pays a beau avoir désormais la capacité de tester entre 2,5 et 3 millions de personnes par semaine, tous les Français ne pourront pas bénéficier d'un test PCR ou antigénique avant les fêtes. "Si l'on se fie aux sondages, on ne pourra pas réaliser 20 millions de tests en deux jours", assure-t-il. "Il faudra inévitablement prioriser les personnes qui sont à risque, qui ont des symptômes ou qui sont cas contact", abonde Lionel Barrand, président du Syndicat des jeunes biologistes médicaux, sur BFMTV, précisant qu'il faut se faire tester "pour la bonne raison". À savoir, "pour s'isoler quand le test est positif mais en aucun cas pour lever les mesures barrières quand le test est négatif".

En pharmacie, en labo, où se faire tester ?

"Dans une optique de simili dépistage massif, il faut privilégier les tests antigéniques", tranche Gilles Bonnefond, rappelant qu'il s'agit de la technique adoptée dans les pays ou territoires qui se sont livrés au dépistage à grande échelle de leur population à l'instar de la ville de Liverpool ou de la Slovaquie. Pour rappel, ce type de test est réalisé par prélèvement nasal notamment en pharmacie et serait fiable à 62% à 80% selon les estimations. Le risque de faux négatif est d'environ 20% concernant les personnes symptomatiques et 38% pour les asymptomatiques mais son principal avantage est qu'il permet de délivrer un résultat en moins de trente minutes.

À ce jour, environ 700.000 tests de ce type ont été réalisés en pharmacie. "Ces quatre dernières semaines on est montés en charge petit à petit, puisque on a dépassé les deux tiers des pharmacies concernées, c’est-à-dire 7.000 avec des régions comme l'Ouest où il y en a un peu moins, et d'autres où il a fallu renforcer les équipes", souligne encore le représentant de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine. De manière générale, les pharmaciens se tiennent prêts pour absorber cet afflux. "Dans certaines pharmacies, les étudiants en pharmacie ou en médecine viennent déjà prêter main forte", explique-t-il, précisant que "l'activité classique est un peu réduite du fait du confinement et parce que les pathologies d'hiver sont moins au rendez-vous." Et d'illustrer : "A Montélimar par exemple, un espace de prélèvements a été créé avec la Ville où des équipes se relaient actuellement du lundi au samedi et on va doubler ou tripler les effectifs la semaine de Noël." 

Quid des délais de résultats en cas de test PCR ?

"Actuellement, les laboratoires essaient de délivrer les résultats des PCR autour de 24 heures. Mais si trop de monde afflue avant les fêtes, ça risque de devenir à nouveau délicat", redoute Gilles Bonnefond, évoquant les délais enregistrés en septembre qui pouvaient alors atteindre sept jours. Une crainte partagée par François Blanchecotte, président du syndicat national des biologistes. Au point qu'on pourrait redouter de ne pas connaître le verdict comme attendu par certains le soir du réveillon. Pour rappel, le dépistage par RT-PCR via un prélèvement nasal, avec une fiabilité d'environ 95% selon la Haute Autorité de Santé (HAS), reste tout de même la référence pour dépister la Covid-19 par RT-PCR. Notamment en ce qui concerne les personnes à risque.  

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Reste l'alternative des tests salivaires, autorisés depuis moins longtemps, sur des personnes qui présentent des symptômes du Covid-19 et uniquement s'il s'agit du test EasyCov dit "intégré".  La HAS évalue leur fiabilité à 50 à 60 % si le dépistage est effectué "dans les meilleures conditions possibles : le matin, à jeun, sans s'être lavé les dents". Quelle que soit la méthode de dépistage retenue, la direction générale de la Santé rappelle dans son message envoyé ce mercredi soir aux pharmaciens, que "le maintien des gestes barrières et de la distanciation reste indispensable, même avec un test négatif".

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