Nombre de cas, hospitalisations... à quoi s'attendre pour la quatrième vague de "fin juillet" ?

Ces dix derniers jours, le nombre de nouveaux cas de Covid augmente à nouveau dans le pays. Une tendance déjà constatée dans d'autres pays européens. Olivier Véran alerte sur la possibilité d'une quatrième d'ici à la fin du mois.

PROJECTION - Olivier Véran a alerté ce dimanche les Français sur le risque d'une nouvelle reprise épidémique "dès la fin juillet". Nombre de spécialistes préviennent qu'elle sera différente des précédentes. Mais à quoi pouvons-nous nous attendre ?

Redoutée pour l'automne il y a quelques jours encore, l'arrivée d'une quatrième vague en France serait désormais une question de semaines tout au plus. "L'exemple anglais montre qu'une vague est possible dès la fin juillet", a alerté le ministre de la Santé Olivier Véran dimanche soir sur Twitter, estimant que "nous pouvons la limiter et en limiter l'impact sanitaire" et appelant à aller "encore plus vite" sur la vaccination.

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"On a observé au Royaume-Uni une explosion qui s'est faite très rapidement après des premiers signes avant-coureurs et on peut considérer que ces signes, on les voit aujourd'hui dans notre pays", a insisté ce lundi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France Inter.  "Je dirais que la quatrième vague est en train de commencer", a de son côté estimé le mathématicien Jean-Stéphane Dhersin, spécialiste des épidémies, sur LCI. Et de détailler :  "On a plus 50% de variant Delta en nombre chaque semaine donc on est sur le début de la progression exponentielle du virus". Mais à quoi s'attendre concrètement ?

Une vague "différente" des précédentes

La survenue d'une quatrième vague dès la fin juillet "est une possibilité" mais pas une "fatalité", a indiqué Gabriel Attal soulignant qu'"on a une carte maîtresse pour empêcher qu'une nouvelle vague déferle sur notre hôpital, c'est la vaccination".

C'est aussi ce qu'a expliqué dés le début du mois de juin le Pr Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique. Redoutant "une reprise" de l'épidémie de Covid-19 "en septembre ou octobre", il avait alors expliqué sur RTL qu'"on peut l’appeler quatrième vague, mais elle sera très différente des premières". Et de détailler : "En face de lui, le virus va trouver une population, qui, en bonne partie, (aura) des vaccins qui vont protéger, en partie, contre ces nouveaux variants". Cette quatrième vague "va être beaucoup plus nuancée que les trois premières car il y a un niveau de vaccination qui n'est pas du tout le même", a-t-il encore résumé ce 30 juin.

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En conclusion de sa projection mise à jour le 29 juin, l’Institut Pasteur s'est aussi voulu positif. "L’effort nécessaire pour contrôler un rebond épidémique devrait être nettement moindre que pendant la période pré-vaccinale". Il se trouve que la vaccination reste efficace, même face au variant Delta, pour freiner les formes graves de la maladie. 

Aux alentours des 5000 cas fin juillet

"Les gens qui sont doublement vaccinés avec Pfizer en France ont 20 fois moins de chance de faire une forme grave lorsqu'ils sont en contact avec des gens contaminés que quelqu'un qui n'est pas vacciné", a ainsi rappelé ce lundi le spécialiste des modélisations Jean-Stéphane Dhersin sur LCI. A noter qu'à ce jour 51,2% de la population a reçu au moins une injection de vaccin et 36,2% ont désormais un schéma vaccinal complet.

En outre, malgré un taux de circulation important, actuellement "on est quand même à un niveau de circulation bas du virus". Selon lui, "ce qu'on peut dire c'est qu'on serait plutôt aux alentours de 5 000 cas à la fin du mois de juillet."

Que nous apprend l'exemple anglais ?

Si le nombre de nouveaux cas quotidiens flambent à un rythme de + 70 % par semaine en moyenne au Royaume-Uni, au point de franchir jeudi la barre des 20 000 pour la première fois depuis le 11 janvier, la courbe des nouvelles hospitalisations grimpe beaucoup moins vite  (+ 11 % en une semaine, et à des niveaux bas).  Selon Downing Street, les dernières données indiquent que les contaminations vont continuer à augmenter à mesure que les restrictions sont levées, "mais le lien avec les hospitalisations et les décès est affaibli" grâce au programme de vaccination. Lancée début décembre, la campagne a permis d'administrer deux doses à près de 64% de la population adulte, et une dose à 86%. 

En Israël également, le pic épidémique observé actuellement ne s'accompagne pas de pic hospitalier aussi grave que lors des précédentes vagues.

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Dans sa projection du 29 juin, l’Institut Pasteur estimait pour rappel que, si le variant Delta arrivait à un taux de reproduction de 4 à la rentrée (soit une personne infectée en contaminant 4), avec une couverture vaccinale de 30 % chez les 12-17 ans, 70 % chez les 18-59 ans, 90 % chez plus de 60 ans, on pourrait assister, en l’absence de mesures efficaces et respectées, à "un pic d’hospitalisations similaire au pic de l’automne 2020". Toujours selon ces projections, la pression hospitalière proviendrait le cas échéant essentiellement des adultes non vaccinés. Ainsi, dans le scénario de référence de l’Institut, les personnes non vaccinées de plus de 60 ans représentent certes 3 % de la population, mais pourraient représenter 35 % des hospitalisations.

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