Ces scientifiques qui redoutent le déconfinement et appellent à la prudence

Dans le cadre du déconfinement, Emmanuel Macron annonce un retour progressif à la vie normale, dès lundi et jusqu'au 30 juin. Focus en images sur les dates-clés à retenir.

DÉCONFINEMENT - La première phase du plan de déconfinement décidé par le gouvernement débute ce lundi 3 mai. Certains scientifiques regrettent qu'elle intervienne trop tôt alors que la situation sanitaire reste tendue.

Le déconfinement débute ce lundi 3 mai. Cette première phase, d’un plan qui s’étale jusqu’à la fin du mois de juin, acte notamment la fin de la levée des limitations de déplacement ou encore le retour des élèves en présentiel au sein des collèges et lycées. Mais, ce déconfinement ne fait pas l’unanimité au sein des scientifiques. Et pour cause, certains le jugent trop rapide, s'appuyant sur les indicateurs sanitaires qui restent assez élevés. 

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Une situation hospitalière encore tendue

Sur France Info, jeudi 29 avril, Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave Roussy, a dénoncé "une situation extraordinairement mauvaise", ajoutant que "ce n’est franchement pas le moment de lever le pied". Dans la même lignée, sur LCI, vendredi 30 avril, Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à la Pitié Salpêtrière, a regretté que le déconfinement intervenait " à un niveau très élevé de l’épidémie, sans équivalent en Europe ou quasiment pas". Ces scientifiques mettent ainsi en avant une situation hospitalière encore tendue. Ce dimanche, 28 818 personnes étaient actuellement hospitalisées dont 5585 personnes en réanimation. 

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Le taux d’incidence à l’échelle nationale est désormais de 256,16 cas pour 100.000 habitants. Une baisse bienvenue, mais qui reste toujours lente, alors que trois départements observent toujours un taux d'incidence supérieur à 400 cas pour 100 000 habitants. Le chiffre de 400 étant le seuil fixé par Emmanuel Macron pour éventuellement remettre en cause les réouvertures prochaines. "Le seuil de 400 pour le taux d'incidence n'a aucun fondement sur le plan scientifique. Inévitablement, l'épidémie va reprendre et les hôpitaux risquent d'être de nouveau submergés", redoute Gilbert Deray sur LCI. 

Les scientifiques qui craignent ce déconfinement sont unanimes : les Français doivent faire preuve de prudence et maintenir leurs efforts pour garder le contrôle sur l’épidémie. "Si la population se relâche trop, si le respect des mesures barrière chute, le rebond sera plus rapide", a avancé Didier Pittet, médecin épidémiologiste suisse, dans le Journal du dimanche, ce 2 mai. Sur LCI, Gilbert Deray a également appelé la population française à ne pas relâcher leur vigilance. "Quand vous irez au cinéma, au musée, au restaurant, protégez-vous, gardez vos distances. Protégez-vous, pitié protégez-vous", a-t-il martelé, avant de conclure : "On ne veut pas vous recevoir dans les hôpitaux !" 

Nous ne sommes pas dans les conditions pour avoir l'immunité collective- Gilbert Deray, chef du service de néphrologie à la Pitié Salpêtrière

Aux yeux des scientifiques, la décrue de l’épidémie  passera par une accélération de la vaccination. "Il faut accélérer la vaccination, nous ne sommes pas dans les conditions pour avoir l'immunité collective. Il nous faut encore deux à trois mois", a indiqué Gilbert Deray sur LCI, vendredi 30 avril. De son côté, Catherine Hill, sur France Info, jeudi 29 avril, affirme que le virus continuera à circuler "même si on avait vacciné la moitié de la population". Et d’ajouter : "C’est dangereux de laisser le virus circuler alors qu’il y a beaucoup de personnes vaccinées parce que ça risque de sélectionner des variants qui sont résistants aux vaccins." À ce jour, 15.782 608 de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin en France. 

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