Covid-19 : le variant anglais détecté pour la première fois chez des chiens et des chats

PETRAS MALUKAS / AFP

ÉTUDE - Des cas d'animaux de compagnie infectés par la souche britannique du Sars-Cov-2 ont récemment été rapportés. Une première qui alerte les scientifiques eu égard à la contagiosité de cette variante.

Déjà plusieurs signalements d'animaux, domestiques ou non, infectés par le Sars-Cov-2 ont été rapportés à travers le monde depuis le début de la pandémie, dont deux chats en France. Mais de récents cas, dont se font l'écho des scientifiques français et anglais dans une étude prépubliée, ont bien une connotation inédite : il s'agit en effet de la première fois que la souche britannique est détectée chez des chiens et des chats.

Si de de nouvelles études approfondies sont prévues, ces premiers résultats parus sur le site BioRxiv interpellent les chercheurs, à l'heure où l’impact des variants sur la circulation du virus via les bêtes demeure flou.

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Une hausse de cas de myocardite

À l'origine de ces travaux : une curieuse recrudescence de cas de myocardite au sein d'une clinique vétérinaire près de Londres. "Entre décembre 2020 et février 2021, l’incidence de cette inflammation du myocarde, le muscle permettant au cœur de se contracter et de pomper le sang, est passée de 1,4 à 12,8%", a précisé à la revue Science l'un des auteurs, Eric Leroy, virologue spécialisé dans les zoonoses à l’Institut national de recherche pour le développement de l’Université de Montpellier. 

De quoi encourager l'équipe de chercheurs dirigée par le vétérinaire Luca Ferasin,  de l’unité de cardiologie du Ralph Veterinary Referral Centre, à tester plusieurs animaux qui y étaient alors admis. Au total, sept bêtes ont été dépistées par RT-PCR, à savoir huit chats et trois chiens âgés de 1 à 12 ans, sans antécédent de maladie cardiaque, mais souffrant de symptômes similaires à ceux observés chez les humains infectés : anomalies cardiaques, d’arythmies et d’œdèmes pulmonaires, de pertes de connaissance, et présentaient une perte d’appétit. 

Verdict ? Trois d'entre eux se sont révélés positifs au variant britannique tandis que deux ont semble-t-il été infectés par cette souche dans le passé, comme en attestent des tests d’anticorps effectués dans un second temps sur les quatre bêtes testées négatives. S'agissant des propriétaires des animaux souffrant de myocardite au cours de la période donnée, cinq sur onze animaux de compagnie ont été testés positifs.

Des symptômes "inhabituels"

Si rien ne permet d'attester pour l'heure formellement que le variant anglais est lié à ces myocardites, ni qu'il soit plus transmissible via les animaux, ces pistes sont prises au sérieux. "C’est une hypothèse intéressante", a ainsi commenté Scott Weese, vétérinaire au Collège vétérinaire de l’Ontario de l’Université de Guelph, spécialisé dans les maladies infectieuses émergentes, pour Science. "Compte tenu de l’infectiosité et de la transmissibilité accrues du variant B.1.1.7 pour les humains, la découverte de chats et de chiens infectés par le B.1.1.7 met plus que jamais en évidence le risque que les animaux de compagnie puissent potentiellement jouer un rôle significatif dans la dynamique de l’épidémie de SARS-CoV-2", conclut l'équipe de chercheurs, insistant sur le caractère "inhabituel"  de ces symptômes chez ces animaux. 

Jusque-là en effet, les chiens et chats positifs au virus n'avaient développé que des signes cliniques légers (toux éternuement, écoulement nasal…), voire étaient asymptomatiques. D'où la nécessité de mener des études complémentaires pour conforter, ou non, ces résultats préliminaires et évaluer le niveau de contagiosité du variant britannique entre animaux de compagnie, et sa transmission de l’animal à l’homme.

D'autres cas détectés au Texas

À noter que la prépublication de cette étude franco-britannique intervient alors des chercheurs de la Faculté de médecine vétérinaire et de sciences biomédicales de la Texas A&M University viennent de communiquer sur des cas semblables. Dans le détail, un séquençage complet du génome viral achevé le 12 mars a révélé qu'un chien et un chat résidant sous le même toit dans le comté de Brazos, au Texas, ont été infectés par le variant britannique, leur propriétaire ayant lui-même été testé positif à la mi-février. Contrairement aux animaux dépistés outre-Manche, ces deux cas n'ont eux développé aucun symptôme. 

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Pour rappel, dans un avis publié à la mi-novembre, l'agence sanitaire Anses a conclu que "les animaux domestiques et les animaux sauvages ne jouent aucun rôle épidémiologique dans le maintien et la propagation du SARS-CoV-2 en France, où la diffusion du virus est aujourd’hui le résultat d’une transmission interhumaine par voie respiratoire". L'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) répertorie de son côté une liste actualisée des événements relatifs au Covid-19.

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