Chiffres des variants, projections de l'épidémie... où en est-on en France ?

Chiffres des variants, projections de l'épidémie... où en est-on en France ?

CRISE SANITAIRE - Lors du point presse hebdomadaire du gouvernement, le ministre de la Santé Olivier Véran et Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Inserm, ont présenté les projections de l’épidémie pour les prochaines semaines. Voici ce qu'il faut retenir.

Des contraintes qui durent. En conférence de presse ce jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est opposé à tout allègement des mesures en vigueur en France pour limiter la propagation du Covid-19. "L’heure n’est pas au relâchement de nos efforts", a-t-il asséné devant son pupitre. "Encore moins au relâchement de notre vigilance collective. En France, chaque semaine, le Covid-19 fait autant de victimes que les accidents de la route en font en une année." Et la progression des variants laisse craindre une nouvelle hausse des contaminations à venir.

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Aux côtés du ministre de la Santé, Vittoria Colizza, directrice de recherche à l’Inserm, a présenté des modélisations de l’épidémie pour les prochaines semaines. Et elles ne sont guère rassurantes, même si les mesures actuelles ont prouvé leur efficacité. "Le couvre-feu anticipé a eu un impact considérable sur le recul de la souche historique, en circulation en 2020 avant l’arrivée des variants", indique la chercheuse (voir vidéo en tête de cet article). "Si nous n’avions que cette souche, nous serions capables d’avoir un recul de l’épidémie."

Trois scénarios, pas de baisse des hospitalisations

Toutefois, l’arrivée des variants compromet cette tendance. "Nous observons une augmentation du variant britannique", constate Vittoria Colizza. "Lorsque nous additionnons les deux courbes (celle de la souche historique et celle des variants, ndlr), nous nous retrouvons sur un plateau, à l’équilibre fragile." Dès lors, la chercheuse et ses équipes ont réalisé des projections par rapport à la hausse du variant anglais. En cas de maintien des mesures actuelles, "il y aura une augmentation du nombre d'hospitalisations hebdomadaires à cause de l'augmentation du variant dans le temps", anticipe-t-elle.

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En cas de "renforcement des mesures de distanciation sociale", Vittoria Colizza estime que "nous pourrions avoir une plus forte réduction de la souche historique, mais aussi du variant". Une hypothèse qui pourrait nous permettre de rester sur ce plateau plus longtemps et ainsi "gagner du temps par rapport au moment où nous pourrions avoir une vaccination plus large qui impacterait la courbe épidémique", selon la chercheuse.

Enfin, "en cas d’assouplissement des mesures", Vittoria Colizza émet l’hypothèse que cela provoquerait une "augmentation de 10% du R effectif", à savoir le taux de reproduction du virus, "ce qui accélèrerait encore plus largement cette dynamique d’augmentation". Une hypothèse toutefois balayée par le gouvernement et notamment Olivier Véran, qui "ne veut pas relâcher nos efforts" et estime "absolument pas responsable" une réouverture immédiate des lieux fermés.

Véran appelle à la "vigilance absolue" pour "faire mentir les courbes"

Même si ces projections ne prédisent pas forcément l’avenir, le ministre de la Santé les jugent "importantes". "Elles ont leur marge d’incertitude mais nous montrent ce qu’il pourrait se passer dans les prochaines semaines", poursuit l’ancien député de l’Isère. "C’est la raison pour laquelle nous devons redoubler de vigilance. Cette incertitude autour des variants doit nous inciter à la vigilance absolue pour que, comme par le passé, nous soyons capables de faire mentir ces courbes."

La progression de ces nouvelles souches, potentiellement plus contagieuses et plus résistantes aux anticorps, est suivie de près par l’exécutif. "La très grande majorité des tests, lorsqu’ils sont positifs, sont passés en criblage ou en séquençage, pour permettre de déterminer le nombre et la part des différents variants", indique Olivier Véran. "Ainsi, nous savons que 36% des cas positifs criblés correspondent à des variants britanniques et que 5% correspondent à des variants brésiliens ou sud-africains."

Toutefois, "il existe une forte disparité" selon les départements, continue le ministre. "À Dunkerque, le taux de variant britannique est de 72% et l’incidence, en hausse régulière, dépasse les 600 cas pour 100.000 habitants. À Mayotte, le variant sud-africain pèse pour 69% des cas. Dans certains territoires, notamment ceux que je viens de citer, il y a un lien clair entre la flambée épidémique et la montée des variants. Mais un fort taux de variants ne s’accompagne pas toujours, en tout cas pas au début, d’un fort taux de contaminations. Et pour l’heure, nous ne savons pas l’expliquer."

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