Covid-19 : pourquoi les 15 prochains jours sont décisifs pour passer "un été tranquille"

Covid-19 : pourquoi les 15 prochains jours sont décisifs pour passer "un été tranquille"

PROJECTIONS - En France, tous les indicateurs sont au vert, notamment dans les hôpitaux. De quoi augurer un été loin des préoccupations sanitaires. Dans le Journal du Dimanche, le professeur Arnaud Fontanet insiste cependant sur l'importance des 15 jours à venir. Voici pourquoi.

Allez, encore un petit effort. Alors que notre quotidien est rythmé depuis un an et demi par la pandémie et ses aléas, le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, assure dans le Journal du Dimanche que l'insouciance de l'été est presque à notre portée. Selon lui, "les quinze jours à venir sont cruciaux".

Il appelle les Français à tenir bon encore un peu, jusqu'à la prochaine étape de levée des restrictions, le 9 juin pour passer "un été tranquille". "Tous les petits efforts – masque, gestes barrière ou distanciation physique – peuvent avoir de grands effets sur la courbe des contaminations. Pendant cette période de reflux, le gain est maximum !", insiste-t-il, rappelant que les 10.000 nouveaux cas actuellement décomptés chaque jour sont encore trop pour relâcher la pression.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Accélérer encore la vaccination pour limiter la circulation du virus

Samedi, le cap des 25 millions de Français vaccinés a été dépassé. 25.315.595 personnes exactement ont reçu au moins une injection (soit 37,8% de la population totale) et 10.742.886 personnes ont reçu deux injections (soit 16% de la population totale). Dans 15 jours, le gouvernement s'est fixé pour objectif d'avoir vacciné au moins 30 millions de Français, alors que la campagne de vaccination s'ouvre lundi à tous les plus de 18 ans. Une couverture vaccinale qui devrait permettre un ralentissement conséquent de la circulation du virus.

La semaine dernière, l’institut Pasteur a d'ailleurs établi de nouvelles projections, bien plus optimistes que ses précédentes de la fin avril. "Si l’on réussit à maintenir le rythme actuel de décrue des infections et hospitalisations jusqu’au 9 juin tout en maintenant ou augmentant le rythme de vaccination, on ne s’attend pas à observer cet été de reprise importante de l’épidémie liée au variant B.1.1.7", écrivait-il dans un communiqué.

Avec l’arrivée de nouveaux variants plus transmissibles, la proportion de la population qui doit être vaccinée pour empêcher la circulation du virus grimpe.- Arnaud Fontanet, épidémiologiste

Pour autant, Arnaud Fontanet avertit : "La campagne dans les Ehpad a certes été un succès mais, dans cette classe d’âge, la vaccination stagne depuis un mois sans qu’on parvienne à 80% de premières injections comme pour les 70-79 ans". Il espère aussi que le public plus jeune, moins concerné par les formes graves du Covid-19, adhère autant que les plus de 55 ans à la vaccination. "Sans vaccination massive, l’épidémie pourrait repartir. Car, avec l’arrivée de nouveaux variants plus transmissibles, la proportion de la population qui doit être vaccinée pour empêcher la circulation du virus grimpe : l’an dernier, on l’estimait à près de 70%, contre 90% aujourd’hui", déclare l'épidémiologiste.

Un variant, justement, inquiète particulièrement les autorités françaises en ce moment. Appelé B.1.617.2, il pourrait bien jouer les troubles fêtes prochainement. Apparemment plus contagieux que le variant anglais, il se répand actuellement très vite chez les jeunes Britanniques et semble échapper en partie aux vaccins. Là encore, quelques efforts et de la rigueur s'imposent, insiste Arnaud Fontanet. "Nous entrons dans une phase inédite de l’épidémie, avec pour la première fois un contrôle de la circulation du virus grâce aux mesures de restriction, et une couverture vaccinale qui va bientôt nous permettre de prévenir une reprise. Ne gâchons pas cette chance d’en finir et portons les derniers coups au virus pour revenir enfin à notre vie d’avant", dit-il en soulignant l'importance des mesures de quarantaine qui viennent d'être instaurées pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni et la nécessité d'"une politique de surveillance et de contrôle très agressive (...) en cas de cluster sur le territoire français".

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L'institut Pasteur émettait d'autre part, dans ses projections, des réserves quant au bon respect des gestes barrières, alors que les terrasses des cafés et restaurants ont réouvert, tout comme les commerces et les cinémas. Ces jours-ci, plusieurs médecins se sont d'ailleurs dit inquiets du "syndrome du vacciné", surnom donné par des médecins au relâchement des primo-vaccinés qui tombent malades du Covid-19 en baissant leur vigilance. Si la décrue observée dans les hôpitaux venait à s'interrompre, "la situation épidémiologique durant l’été est plus incertaine", explique-t-il en ajoutant cependant que même "dans tous les scénarios explorés, ce rebond resterait plus petit que la 3ᵉ vague".  

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