Rebond épidémique : pourquoi l'Est de la France est-il plus touché que l’Ouest ?

La France est coupée en deux, beaucoup plus touchée à l'est qu'à l'ouest du pays.

ÉPIDÉMIE - La France est scindée en deux, avec un taux d’incidence beaucoup plus élevé à l’est qu’à l’ouest du pays et notamment dans les Ardennes, la Meurthe-et-Moselle et les Alpes-Maritimes. Un phénomène que la communauté scientifique peine à expliquer avec certitude, même si plusieurs hypothèses sont avancées par les spécialistes. LCI fait le point. 

En France, où la campagne de vaccination a débuté dimanche, la situation épidémique se dégrade dans plusieurs régions et des voix s'élèvent pour réclamer de nouvelles restrictions afin de ralentir la circulation du virus. C'est notamment le cas dans la région Grand-Est et dans les Alpes-Maritimes, où le maire (LR) de Nice Christian Estrosi a convoqué lundi un conseil de santé publique, face à des indicateurs Covid en hausse. 

Cependant, la dégradation est beaucoup visible à l'Est qu'à l'Ouest. Au cours de la semaine du 18 au 24 décembre, on comptait ainsi 30,9 tests positifs pour 100.000 habitants en Côtes-d’Armor (Bretagne), 51,2 en Dordogne, 69,6 en Loire-Atlantique, ou 105 dans le Calvados. À l'Est du pays, on en dénombrait alors 337 dans les Ardennes, 241,7 en Ardèche, 215,6 dans l’Yonne, ou 340 dans les Alpes-Maritimes. Comment expliquer un tel décalage ? Médecins et épidémiologistes avancent des hypothèses.

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Les conditions météorologiques

Première piste évoquée pour expliquer que la circulation du virus est plus active dans l'est de la France, la météo. "Ces départements connaissent une situation hivernale plus rigoureuse que les départements de l’ouest de la France. On sait que le froid favorise la transmission du virus", explique au micro de TF1 le professeur Yves Buisson, épidémiologiste et membre de l'Académie de médecine.

Pour Pascal Crépey, enseignant-chercheur en épidémiologie à l’École des hautes études en santé publique (EHESP), l’hiver continental est plus propice que l’hiver océanique à la circulation du virus, en raison également d'un taux d’humidité plus élevé. "Le froid permet au virus de survivre plus longtemps. Et des études montrent que la propagation du virus est facilitée à un certain niveau d’humidité dans l’air", souligne-t-il dans un entretien accordé à nos confrères de Ouest-France.

C'est d'ailleurs ce que semble confirmer une récente étude de Predict, la filiale risque de Météo France, qui a créé un indice pour caractériser cette potentialité de transmission du virus selon les conditions climatiques. Les premiers résultats observés indiquent que les conditions les plus propices sont "un taux humidité supérieur à 70% et des températures comprises entre 3 et 10 degrés Celsius".  

La situation géographique

Même si ces facteurs météorologiques semblent favoriser la diffusion du virus, cela ne remet pas en cause le fait que la transmission est largement liée aux comportements humains. La situation géographique de ces départements pourrait également expliquer qu’ils soient les plus touchés, du fait d'un brassage de population plus important que dans la façade ouest du pays où il n'y a pas de frontières avec d'autres pays. "La Belgique, l’Allemagne, l’Italie sont des pays qui ont été durement touchés par l’épidémie au cours des semaines précédentes. Les flux de population de chaque côté de la France peuvent également favoriser l’introduction du virus", souligne le professeur Yves Buisson.

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Taux d'incidence du Covid-19 : pourquoi la France est-elle coupée en deux ?

Le respect des gestes barrières

Il existe enfin une troisième hypothèse qui serait un moindre respect des gestes barrières. Dans la région Grand-Est et dans le sud de la France, la population, ayant été plus touchée lors de la première vague, se sent peut-être davantage immunisée. "Cela a pu générer un faux sentiment de sécurité qui peut rendre les habitants moins vigilants. Dans ces régions, certains peuvent être tentés de se dire : On a déjà connu l’épidémie, beaucoup de gens sont déjà immunisés, on a donc moins besoin de faire attention. On a entendu ce type d’arguments il y a quelques semaines. Hélas, ils ne sont pas valables", rappelle Pascal Crépey, cité par Ouest-France

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