Covid-19 : la piste d'une origine animale relancée par l'identité du premier cas à Wuhan

Covid-19 : la piste d'une origine animale relancée par l'identité du premier cas à Wuhan

DÉCOUVERTE - Le premier cas de Covid-19 dans le monde n'est peut-être pas celui que l'on croyait. Selon un virologue, il s'agirait d'une vendeuse du marché de Wuhan, en Chine, tombée malade le 11 décembre 2019. Ce qui relance les débats sur l'origine de la pandémie.

L'origine du coronavirus, qui bouleverse la planète depuis deux ans, se précise. Le premier cas de Covid-19 identifié dans la ville chinoise de Wuhan, et notamment présenté comme tel par un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), datait en réalité de quelques jours plus tard, selon l'article d'un éminent scientifique publié jeudi 18 novembre dans la prestigieuse revue Science.

Au lieu d'être un homme ne s'étant jamais rendu au marché d'animaux de Wuhan, le statut de premier cas connu de Covid-19 revient à une vendeuse ayant travaillé dans ce marché, selon le virologue Michael Worobey. Pour lui, cette donnée, ainsi que l'analyse des tout premiers cas de Covid-19 dans la ville, font clairement pencher la balance vers une origine animale du virus.

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Le débat fait rage depuis le début de la pandémie entre les experts, qui cherchent encore, deux ans après, à élucider le mystère de l'origine du virus, en l'absence de preuves définitives. Michael Worobey appartenait lui-même à la quinzaine d'experts ayant publié mi-mai une tribune dans la revue Science appelant à considérer sérieusement l'hypothèse d'une fuite d'un laboratoire de Wuhan.

Il écrit aujourd'hui que ses recherches "livrent des preuves solides en faveur d'une origine de la pandémie via un animal vivant" de ce marché. L'une des critiques de cette théorie reposait sur l'argument suivant : puisque les autorités sanitaires ont alerté de cas d'une maladie suspecte liée au marché dès le 30 décembre 2019, un biais aurait été introduit, ayant conduit à l'identification de davantage de cas à cet endroit qu'ailleurs, l'attention étant portée sur lui.

La majorité des premières contaminations proches du marché

Pour contourner ce biais, Michael Worobey a analysé les cas rapportés par deux hôpitaux avant que l'alerte ne soit donnée. Or ces cas sont également largement liés au marché, et ceux qui ne le sont pas sont malgré tout géographiquement concentrés autour de lui. "Dans cette ville de 11 millions d'habitants, la moitié des premiers cas sont liés à un lieu de la taille d'un terrain de foot", a relevé Michael Worobey, interviewé par le New York Times. "Cela devient très difficile d'expliquer cette tendance si l'épidémie n'a pas démarré dans ce marché."

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Une autre critique s'appuyait sur le fait que le premier cas identifié n'ait pas de lien avec le marché. Mais alors que le rapport de l'OMS affirmait qu'il avait été malade à partir du 8 décembre, il ne l'a en réalité été que le 16 décembre, selon le chercheur. Une déduction faite à partir d'une interview vidéo retrouvée, d'un cas décrit dans un article scientifique et d'un dossier médical d'hôpital qui coïncident avec cet homme de 41 ans.

Le premier cas connu devient ainsi celui d'une femme tombée malade le 11 décembre, vendeuse dans ce marché. Interrogé par le New York Times, Peter Daszak, qui faisait partie des experts envoyés par l'OMS à Wuhan en janvier 2021, a reconnu que "la date du 8 décembre était une erreur".

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