Stopcovid: seulement 72 cas de risque de contamination signalés

Stopcovid: seulement 72 cas de risque de contamination signalés
Santé

MAUVAIS BILAN - Après plus de deux mois d'existence, l'application StopCovid ne convainc toujours pas. Elle n'a été téléchargée que 2,3 millions de fois et n'a permis de notifier que 72 contacts à risque, selon les chiffres de la DGS.

Le dispositif coûte cher, mais il était supposé être "quasiment un nouveau geste barrière". C'était les mots de Cédric O, le secrétaire d'Etat au Numérique, pour décrire l'application StopCovid en juin dernier. Pourtant, plus de deux mois et demi après son lancement, cette outil qui devait permettre de retrouver les "cas contacts" des personnes malades ne fait toujours pas ses preuves. Selon les chiffres fournis ce mercredi 19 août à l'AFP par la Direction générale de la Santé (DGS), il a été téléchargé 2,3 millions de fois et n'a permis de notifier que 72 contacts à risque.

Près de 1100 personnes ont déclaré être positives

"A ce jour, 1169 QR codes ont été utilisés", a précisé la DGS. Ce code-barre permet à chacun de se déclarer auprès de l'application comme porteur du Covid-19 en scannant le code fourni lors d'un test de dépistage positif. Pourtant, ces signalements n'ont permis d'envoyer que 72 notifications. Celles-ci sont supposées avertir un utilisateur qu'il a été en contact avec une personne malade. Un fossé qui peut s'expliquer par l'utilisation encore très faible de l'application dans la population ou dans l'entourage de la personne contaminée. Ou bien parce que celle-ci ne l'a installée qu'après avoir reçu le résultat de son test. De fait, le principe de l'application est de garder une trace de toutes les personnes croisées de manière prolongée durant les 15 derniers jours à moins d'un mètre avant un test positif afin de les prévenir en cas de contamination. Il faut donc l'avoir sur son smartphone avant d'être dépisté. "L'application est efficace dès lors qu'une personne et ses contacts en disposent", rappelle ainsi la direction du ministère de la Santé, qui continue d'encourager "tous les Français à télécharger l'application". Le nombre de téléchargements est effectivement faible, surtout si on le compare par exemple à celle de l'Allemagne ou l'application équivalente a été téléchargée 10 millions de fois.

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Une mauvaise nouvelle pour ce système, qui est controversé à la fois dans son principe, dans les choix techniques faits par le gouvernement mais aussi pour son coût. Ses adversaires plaident ainsi qu'il n'est pas suffisamment utile au regard des risques qu'il comporte. Il s'agit notamment de protection des données personnelles, étant donné que l'application garde une trace de toutes les personnes croisées dans les deux dernières semaines. La Cnil a d'ailleurs mis en demeure fin juillet le gouvernement de régler "plusieurs irrégularités" sur l'application dans un délai d'un mois et de se prononcer sur l'efficacité de l'application dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. En plus, l'application française est incompatible avec la plupart des applications de traçage européennes, qui s'appuient sur une solution technologique proposée par Apple et Google.

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Ces résultats quasi-insignifiants au bout de plus de deux mois sont d'autant plus affligeants que le dispositif coûte cher. Selon le secrétaire d'Etat chargé au Numérique, son coût mensuel oscillant entre un minimum de 80.000 euros au mois de juillet, et un maximum de 120.000 en décembre, mois lors duquel il a fallu payer l'hébergement informatique, la maintenance et le développement. Le budget présenté prévoit en plus des dépenses optionnelles "d'appui au support utilisateur" de 50.000 euros par mois et des coûts "liés au déploiement" de 30.000 euros par mois.

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