"La sérothérapie peut être une solution" : l'espoir d'un traitement grâce au plasma des "rescapés" du coronavirus

"La sérothérapie peut être une solution" : l'espoir d'un traitement grâce au plasma des "rescapés" du coronavirus
Santé

INTERVIEW - Alors que les recherches pour trouver un traitement contre le Covid-19 se multiplient, la solution pour endiguer la pandémie pourrait bien se trouver... dans le sang des patients guéris. Gérald Kierzek, médecin urgentiste et consultant santé de LCI, nous en dit plus sur cette technique. En France, un essai clinique commence ce lundi.

"On dit que les personnes guéries du coronavirus ont développé des anticorps. Peut-on alors prélever leur sang afin de le donner aux patients touchés par la maladie pour qu'ils aient les anticorps nécessaires ?" Dans l'émission LCI vous donne la parole, Sylvie, une téléspectatrice, a posé cette question au docteur Gérald Kierzek, médecin urgentiste et consultant santé de LCI (voir la vidéo ci-dessus).

Cette technique, appelée la sérothérapie, pourrait effectivement permettre de soigner des patients atteints du coronavirus. Alors en quoi consiste concrètement ce traitement ? Peut-il être utilisé pour soigner les patients ? Qui pourrait en bénéficier ? Où en est la recherche ? Gérald Kierzek, auteur de "Coronavirus, comment se protéger ?", nous éclaire sur ce nouvel espoir. En France, un essai clinique commencera lundi.

LCI : En quoi consiste cette technique ?

Gérald Kierzek : C'est ce que l'on appelle le plasma de convalescent ou immunothérapie passive. L'idée est de prélever les anticorps développés par les personnes ayant guéri de la maladie. Dans leur sang, nous prenons le plasma, que nous injectons après préparation à des patients qui ont une forme grave du coronavirus. L'idée est donc de leur apporter les anticorps que leur système immunitaire n’a pas. Ces anticorps, prêts à l'emploi, luttent et baissent la virémie, c'est-à-dire la quantité de virus. Beaucoup de traitements sont actuellement essayés, et la sérothérapie peut être une solution.

LCI : Pourquoi cette technique est-elle utilisée sur les formes graves et non sur l'ensemble de la population ?

Gérald Kierzek : c'est une bonne question. Quand un nouveau traitement est essayé, il l'est dans un premier temps sur les formes graves, parce qu'il n'y a pas trop de risques. Nous n'allons pas mettre en place un traitement risqué sur les formes bénignes de la maladie, alors même que les patients vont guérir. Nous ne connaissons pas encore les risques. Et encore une fois, il faut rappeler que c'est une maladie dont on guérit à 99%.

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LCI : Où en est la recherche sur ce traitement ?

Gérald Kierzek : Pour le moment, la recherche se déroule sous forme d'essais cliniques. En France, un essai va même démarrer la semaine prochaine sur cette sérothérapie (voir la vidéo ci dessous). Aux Etats-Unis, cela vient d'être autorisé par la FDA (l'agence américaine du médicament), non pas à titre préventif donc, mais thérapeutique. Cela fait partie de leurs recommandations.

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LCI : Cette technique a-t-elle déjà été utilisée pour d'autres maladies ?

Gérald Kierzek : Oui, notamment pour le VIH au début. Même si cela ne fait pas partie des recommandations de l'OMS, c'est une technique assez classique. Le concept d'injecter des anticorps est assez séduisant. Mais souvent, ce sont des anticorps de synthèse, comme dans le cas du tétanos : si quelqu'un n'est pas vacciné, pour le protéger immédiatement de la maladie, il bénéficie alors d'une injection de gammaglobulines, c'est-à-dire des anticorps humains traités.

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