Covid-19 : les contaminations en forte hausse mais pas les hospitalisations, que nous apprend le cas du Royaume-Uni ?

Covid-19 : les contaminations en forte hausse mais pas les hospitalisations, que nous apprend le cas du Royaume-Uni ?

CRISE SANITAIRE - Avec plus de 5000 cas quotidiens, la France semble connaître une nouvelle hausse de ses contaminations au Covid-19. Plus au nord, le Royaume-Uni en déplore chaque jour plusieurs dizaines de milliers. Sans impact majeur sur son service hospitalier.

Après la descente, place au faux plat montant. Depuis la mi-août, les contaminations au Covid-19 ne cessaient de diminuer dans le pays. Au cœur de l'été, la France recensait jusqu'à 244 cas pour 100.000 habitants, avant une décrue jusqu'au taux d'incidence de 43 la semaine du 4 octobre. Mais depuis, les cas semblent repartir à la hausse. "L'épidémie gagne du terrain même si nous partons d'un niveau faible", a averti mercredi 27 octobre le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, qui note une "hausse de 16%" des cas en une semaine. Le taux d'incidence est désormais fixé à 55 sur le plan national.

Outre-Manche, la tendance est similaire, mais à un niveau beaucoup plus élevé. Le Royaume-Uni enregistre chaque jour des dizaines de milliers de cas. Le 21 octobre, le pays a même atteint un niveau record depuis la rentrée, avec 51.719 tests positifs en 24 heures. Des valeurs décorrélées de celles observées dans les services hospitaliers : moins de 9000 patients y sont admis, un niveau inférieur aux pics des trois premières vagues.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

L'hiver dernier en revanche, l'explosion du nombre de cas avait entraîné une vague de formes graves, et donc d'hospitalisations. Entre le 29 décembre 2020 et le 10 janvier 2021, le Royaume-Uni enregistrait chaque jour plus de 50.000 cas, avec un pic à 70.000 contaminations. Des niveaux légèrement supérieurs à ceux observés aujourd'hui. Mais cette fois, la hausse s'était répercutée à l'hôpital : près de 40.000 Britanniques y étaient admis le 15 janvier, un record depuis le début de la crise sanitaire.

"Cela fait quatre ou cinq mois que je n'ai pas intubé un patient", témoigne auprès de LCI Corinne Gonet, médecin à Londres. Les décès suivent la même tendance, avec environ 150 morts quotidiens du Covid-19 au Royaume-Uni, dix fois moins qu'en janvier dernier.

"Grâce au vaccin, le nombre de cas se répercute moins sur les hôpitaux"

Pour les experts, le nombre inférieur de formes graves trouve son origine dans le déploiement massif de la vaccination. "La vague hospitalière est très significativement réduite grâce au vaccin qui diminue le nombre de formes graves, c'est évident", juge l'épidémiologiste et professeur de santé publique, Philippe Amouyel, interrogé par LCI. "En janvier, les Anglais avaient la stratégie de vacciner massivement avec une dose d'AstraZeneca, qui diminuait de 50% le risque de formes graves. Aujourd'hui, la population est pleinement vaccinée, donc le nombre de cas se répercute moins sur les hôpitaux."

Lire aussi

Si dans les prochaines semaines, la France arrivait à des chiffres de contaminations similaires à ceux observés au Royaume-Uni, nos services hospitaliers parviendraient-ils, eux aussi, à éviter la saturation ? "Cet été, lors de la quatrième vague, nous étions vaccinés autour de 60% (en métropole), et les taux d'incidence extrêmement élevés n'ont pas saturé les hôpitaux", rappelle Philippe Amouyel. "L'impact de décorrélation entre vague épidémique et vague sanitaire s'est déjà produit en France."

Les professionnels de santé et les scientifiques se veulent donc optimistes... à condition que la protection conférée par le vaccin persiste. "Pour que l'hiver soit serein, il faudra d'abord que les Français se vaccinent non seulement contre le Covid-19, avec la troisième dose (pour les personnes vulnérables), mais également contre la grippe", déclarait mercredi 27 octobre sur LCI le Pr Éric Caumes, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière (Paris).

La vaccination des plus de 80 ans, un risque pour les hôpitaux français ?

"La vitesse de croissance de l'épidémie est plus rapide dans les populations de 60 à 80 ans : c'est la signature probable de la baisse de la protection des vaccins", insiste de son côté Philippe Amouyel. "Si nous ne voulons pas avoir de cas graves importants, il faut rapidement cibler cette population pour la troisième dose, qui permet de diviser par dix le risque d'infection et par vingt celui de développer une forme grave." D'autant que près de 13% des plus de 80 ans n'ont toujours pas reçu la moindre dose de vaccin, soit environ 500.000 personnes, qui "peuvent entraîner une saturation des hôpitaux", d'après l'épidémiologiste. Pour les vacciner à domicile, le gouvernement vient de lancer un numéro vert.

Toutefois, la France demeure encore loin des indicateurs britanniques. "Les Anglais ont complètement abandonné les mesures barrières depuis la mi-juillet", rappelle Philippe Amouyel (voir vidéo en tête de cet article). "Aujourd'hui, le masque dans les transports en commun n'y est que recommandé", poursuit-il, quand la France conserve cette mesure en intérieur et entend prolonger le pass sanitaire jusqu'à l'été.

En outre, au Royaume-Uni, "la vaccination est massivement réalisée avec de l'AstraZeneca, moins efficace sur les contaminations que les vaccins à ARN messager", conclut l'épidémiologiste. En France, moins de 10% des vaccinés l'ont été avec le remède suédo-britannique, qui n'est plus du tout administré.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : "Le plan blanc sera probablement national dans quelques jours", affirme Véran

Macron présente ses priorités pour la présidence française de l'UE ce jeudi lors d'une conférence de presse

EN DIRECT - Immeuble effondré à Sanary : une troisième personne décédée

Covid-19 : peut-on recevoir une dose de Moderna après une vaccination Pfizer (et inversement) ?

Avant son débat face à Bruno Le Maire, que propose Eric Zemmour sur l'économie ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.