Protocole renforcé à l'école : "Il faut se préparer à garder son enfant parce que la classe est fermée"

Le ministre de l'Éducation persiste et signe ce vendredi. Il est fondamental de garder les écoles ouvertes, selon lui. Il annonce en revanche la vaccination des professeurs mi-avril et la fermeture des classes dès le premier cas positif.

PISTES - Malgré la nouvelle hausse du nombre de cas de Covid-19 en milieu scolaire, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a défendu à nouveau vendredi le maintien des écoles ouvertes. Le protocole sanitaire est durci, avec des conséquences pour les parents : dès lundi, dans les départements confinés, les classes fermeront dès le premier cas positif.

Malgré le contexte épidémique, maintenir les écoles ouvertes reste une priorité pour le gouvernement. Le ministre de l'Éducation nationale l'a encore rappelé ce vendredi lors d'une conférence de presse visant à préciser le nouveau renforcement du protocole sanitaire annoncé la veille. "À partir de la semaine prochaine, dans les 19 départements en protocole renforcé, nous fermerons chaque classe au premier cas de contamination", a-t-il indiqué

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Déjà modifié de nombreuses fois depuis un an - une classe ne fermait jusqu'ici qu'au bout de trois cas à l'école -, le protocole sanitaire peut encore "évoluer" sur "certains aspects", avait-il déclaré quelques heures plus tôt, lors d'un déplacement dans la Manche, ouvrant la voie à plusieurs hypothèses malgré des marges de manœuvre étroites. 

"Partout où on va tester, on va fermer systématiquement"

Les organisations syndicales, qui se demandent "s'il n'est pas déjà trop tard", attendaient davantage de ces nouvelles annonces. "Nous demandions cette fermeture dès le premier cas depuis longtemps et nous l'avons rappelé cet après-midi en réunion sanitaire avec le ministre, mais nous le demandons partout, pas uniquement dans les départements confinés", a réagi pour LCI Guislaine David, secrétaire générale et porte-parole du syndicat d'école primaire Snuipp-FSU. "Le seul renforcement que l'on voit, c'est celui-ci", regrette-t-elle.

Pour la syndicaliste, cette seule mesure pourrait toutefois avoir des conséquences importantes dès la semaine prochaine. "Partout où on va tester, on va fermer systématiquement, surtout dans les 16 départements", juge-t-elle, ajoutant à l'attention des parents qu'"il faut se préparer à garder son enfant parce que la classe est fermée". 

Une autre annonce faite vendredi par Jean-Michel Blanquer suscite l'inquiétude pour le Snuipp-FSU : les remplacements. Si le ministre a promis le renforcement des moyens, Guislaine David estime qu'il a "nié la question". "Il n'a pas encore donné l'ordre de recruter... Il y a urgence, entre l'annonce et le moment où ces remplaçants vont arriver (...) D'autant qu'il est très difficile de recruter en ce moment. On l'a vu cet automne : il était prévu 6000 recrutements et l'on n'a réussi à recruter que 1200 personnes". Or, déplore-t-elle, actuellement, "il y a des écoles où l'on va à l'encontre du protocole, car il n'y a pas suffisamment d'adultes quand il y a des enseignants non remplacés et l'on crée du brassage en surchargeant les classes". Enfin, s'agissant les annonces relatives à la vaccination des enseignants à partir du 15 avril, le syndicat réclame "un calendrier précis et que ça arrive très vite".

Dans les collèges, "on demandait de fermer les cantines"

Parmi les autres doléances non entendues pour l'heure : "des règles plus strictes en matière d'isolement de manière à casser plus vite les chaînes de contamination", comme pointé par Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire à l'AFP en amont des annonces du ministère.  

Du côté du Syndicat national des lycées et collèges, on exprimait le même scepticisme ce vendredi alors qu'au collège, notamment, les leviers étaient plus importants. "La fermeture dès le premier cas est une mesure concrète, mais on doute assez fortement qu'elle soit suffisante au vu de la situation d'urgence. Nous ne sommes pas certains de ne pas avoir à revenir sur ce protocole dans une semaine", a réagi Jean-Rémi Girard, président du SNALC. "On demandait de diminuer la jauge d'accueil du nombre d’élèves, de fermer les cantines ou d'avoir un système qui soit au moins ressemblant à ce qui se pratique en entreprise et éventuellement d'aménager le calendrier scolaire", rappelle-t-il, tout en soulignant que le ministère a été alerté sur la question des jauges "avec la régularité d'un métronome depuis au moins octobre dernier"

Pour rappel, au lycée, le gouvernement avait déjà imposé la division des effectifs par deux dans toutes les zones concernées par le confinement régional. 

"Nouveau protocole re-re-re-allegé-re-renforcé"

"Nouveau protocole re-re-re-allegé-re-renforcé". Sur les réseaux sociaux, les réactions ont fusé depuis l'annonce par Olivier Véran ce jeudi d'un nouveau renforcement du protocole sanitaire, d'aucuns ironisant sur le fait qu'il est déjà compliqué d'appliquer ce qui existe déjà. "C'est le nouveau protocole renforcé. Qui renforce le précédent qui était lui-même renforcé par un super protocole de renforcement. Mais qui lui-même avait été renforcé auparavant par le protocole renforcé d'avant qui s'était vu renforcé ...", peut-on notamment lire sur Twitter. "Renforcer le protocole blindé, armé, hyper protégé et infini renforcé ? Euh… comment ? Avec qui ? Y a t’il un pilote dans l’avion ?" ironise-t-on encore. 

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"Le protocole renforcé dans les écoles : allégorie !", commente aussi un internaute, tandis que d'autres témoignent d'exemples plus concrets. "32 CM2 dans ma classe, plus de gel, du pauvre essuie-tout, plus de savon, ni serviettes... Et vous n’avez pas vu la cantine". Même désespoir dans le second degré : "Ma femme prof en lycée. 2 toilettes pour 100 profs, pas de gel, pas de savon, pas de papier,  1 000 élèves, 5 pions. Élèves assis par terre dans les couloirs étroits sans masques ou en classe, 27 élèves/classe. Aucune sanction." Quand les plus défaitistes concluent : "On aura beau renforcer dans la mesure du possible, comme dans la mesure du possible ce n'est pas possible, on continuera d'entasser 30 enfants dans 50 m²". 

Selon le dernier bulletin hebdomadaire publié par le ministère de l'Éducation nationale, le nombre d'élèves contaminés par le coronavirus a encore augmenté en une semaine, passant de plus de 15.000 à plus de 21.000 (soit un taux de 0,17% contre 0,13% il y a une semaine). Le nombre de personnels contaminés est également en hausse, passant de 1.809 à 2.515, soit un taux de 0,22%. Sur l'ensemble du territoire, 3.256 classes (contre 2.018 il y a une semaine) sont fermées sur 528.400, et 148 structures scolaires (contre 80) le sont sur 61.500, dont 116 écoles, 22 collèges et 10 lycées.

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