Deuxième vague : rouvrir les universités en septembre fut une "erreur grossière" pour Axel Kahn

Axel Kahn, scientifique et écrivain français.

DEUXIÈME VAGUE - Pour Axel Kahn, la réouverture des universités en septembre avait été "totalement absurde". Le généticien considère que cela a engendré de nombreuses contaminations d'étudiants. Même si ce n'est "pas de là que tout vient, ce fut une erreur importante".

La France est frappée de plein fouet par le deuxième vague de l'épidémie de Covid-19. Vendredi soir, Santé Publique France a annoncé que la barre du million de cas avérés était désormais atteinte depuis le début de l'épidémie dans notre pays. Alors que le gouvernement tente de contenir la propagation galopante du virus grâce, notamment, à la mesure du couvre-feu, comment expliquer cette recrudescence très forte du nombre de cas ?  Ce samedi matin, le généticien Axel Kahn a notamment estimé que la réouverture des universités à la rentrée avait été "une erreur grossière" ajoutant, plus généralement, que "les mesures classiques [contre l'épidémie] sont totalement dépassées."

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Le nombre de contaminations d'étudiants a été considérable.- Axel Kahn, scientifique et ancien président de l'université Paris 5 René Descartes

"500 étudiants dans un amphithéâtre au début, c'était totalement absurde. Le nombre de contaminations d'étudiants a été considérable", a-t-il affirmé sur France info en sous-entendant que des contaminations ont pu se faire dans l'enceinte des établissements et prenant dans le même temps le contre-pied de Frédérique Vidal. Invitée de l’émission Audition publique, sur Public Sénat, la ministre de l’Enseignement supérieur avait soutenu en septembre qu'il n'y avait pas lieu d'avoir peur des contaminations possibles à l'université et que selon elle, la recrudescence de cas au sein des populations jeunes et étudiants, serait due à des rassemblements qui auraient lieu dans le cadre privé ou dans les bars. Pour Axel Kahn, "ce n'est pas de là que tout vient, mais c'est notamment une erreur importante".

La capacité des amphithéâtre réduite de moitié depuis début octobre, après une mobilisation étudiante importante

En septembre, quelques jours après la réouverture des universités et alors que le nombre de cas avérés chez les jeunes explosait, la ministre de l'Enseignement supérieur avait publié un communiqué sur Twitter appelant les étudiants à prendre leurs responsabilités. "Les dernières données confirment que la multiplication des nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation de bars,...)", écrivait Frédérique Vidal. 

Des dizaines d'étudiants avaient alors dénoncé sur le réseau social, en utilisant le hashtag #BalanceTaFac et photos à l'appui, les conditions d'enseignement à l'heure de la reprise épidémique : amphithéâtres bondés, couloirs noirs de monde, distanciation sociale impossible.

Depuis le 6 octobre, la capacité d'accueil des amphithéâtres a finalement été réduite de moitié en zones d'alerte renforcée et maximale, sur décision de Matignon. Selon les derniers chiffres en date, sur les 1.001 foyers qui restaient en cours d'investigation début octobre, plus d'un tiers (35,9%) étaient en effet survenus en milieu scolaire et universitaire.

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