Stress, dépression, troubles mentaux : l'ONU alerte sur les conséquences psychologiques de la pandémie

Stress, dépression, troubles mentaux : l'ONU alerte sur les conséquences psychologiques de la pandémie
Santé

POST-CONFINEMENT - Dans un rapport publié jeudi 14 mai, l’Organisation des Nations unies (Onu) s'inquiète de l'impact de la pandémie sur la santé mentale des populations et appelle les Etats à débloquer des fonds pour la prise en charge des troubles mentaux.

Peur de la maladie, deuil, isolement ou spectre du chômage : la pandémie de nouveau coronavirus (Covid-19) risque d'entraîner une autre crise majeure de santé publique en provoquant une grande détresse psychologique parmi les populations concernées, "après des décennies de négligence et de sous-investissement", avertit l’Organisation des Nations unies (Onu) dans un rapport.

L'effort entrepris à l'échelle mondiale pour lutter contre le nouveau coronavirus (Covid-19) rend moins visible la propagation des troubles de la santé mentale, alerte le secrétaire général de l'ONU dans un message vidéo diffusé jeudi 14 mai à l'occasion de la parution du rapport. "La pandémie de Covid-19 frappe maintenant les familles et les communautés en leur infligeant davantage de stress mental", a déclaré Antonio Guterres dans un message vidéo. "Même quand la pandémie sera maîtrisée, le deuil, l'anxiété et la dépression continueront d'affecter les personnes et les communautés", souligne-t-il.

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Le rapport met en avant le stress psychologique lié à la hantise d'être contaminé ou à la peur que la maladie contamine des proches. Il pointe également l'impact psychologique sur les personnes qui ont perdu ou risquent de perdre leurs sources de revenus, et celles qui ont été séparées de leurs proches ou ont souffert d'un long confinement. 

"Nous savons que la situation présente, la peur et l'incertitude, les turbulences économiques engendrent ou peuvent engendrer de la détresse psychologique", a rappelé Devora Kestel, directrice Santé mentale et abus de substances psychoactives à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), lors d'une conférence de presse virtuelle.

Hausse des taux de suicide des personnels médicaux

Parmi les personnes potentiellement vulnérables figurent en premier lieu les personnels aux avant-postes pour combattre la pandémie, notamment les soignants. Ils ont travaillé sans relâche pendant des semaines et dans des conditions "de stress immense", souligne le rapport de l'Onu, en évoquant une hausse des taux de suicide des personnels médicaux rapportée dans les médias. 

Tout aussi préoccupant, les enfants maintenus à domicile, ainsi que les femmes, qui ont été davantage exposés aux violences domestiques. Mais aussi les personnes âgées et celles présentant des maladies chroniques susceptibles de les fragiliser face au nouveau coronavirus, qui éprouvent de leur côté une forte anxiété à l'idée d'être contaminées et de développer une forme sévère de la maladie à l'issue parfois fatale.

Un Français sur cinq souffre déjà d'une maladie mentale

De même, les personnes déjà fragiles psychologiquement, qui ont été privées de leur traitement et du soutien habituel de leur thérapeute, risquent eux aussi de voir leur état de santé se détériorer, relève le rapport. D’après les chiffres de l’OMS, les troubles de la santé mentale (dépression, bipolarité, anxiété, addictions, schizophrénie, etc.) affectent déjà une personne sur quatre dans le monde. 

Dans l’Hexagone, douze millions de personnes sont déjà pris en charges pour un trouble psychique. L’an dernier, 113 milliards d’euros ont ainsi été alloués pour le traitement de ces pathologies, ce qui en fait le premier poste de dépenses sociales de notre pays. Avec la pandémie et le confinement général de la population, psychiatres et psychologues s'attendent à une recrudescence du nombre de cas. 

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Parmi les travaux scientifiques cités dans le rapport, une étude réalisée dans la région d'Amhara en Ethiopie montre que 33% de la population soufre de symptômes de dépression, "trois fois plus" qu'avant la pandémie. D'autres études indiquent que la prévalence du stress mental pendant la crise atteint 60% en Iran et 45% aux Etats-Unis, a également rappelé Devora Kestel lors de sa conférence de presse virtuelle.

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