Tests salivaires : pourquoi ne sont-ils toujours pas fiables ?

Tests salivaires : pourquoi ne sont-ils toujours pas fiables ?

INTERROGATION - Alors que la demande de tests augmente en France, les tests salivaires apparaissent comme une alternative. Mais pour les autorités sanitaires, leur manque de fiabilité est un frein en vue d'une commercialisation dans l'Hexagone.

Un peu de salive recueillie grâce à une pipette, un échantillon placé dans un boitier chauffé et une lecture à base d'un réactif coloré. Plus simple, moins douloureux et surtout plus rapide que le test PCR, le diagnostic par prélèvement salivaire est jugé trop peu fiable selon les autorités sanitaires pour diagnostiquer le Covid-19. "Contrairement à des effets d'annonce qui ont pu être faits, on ne sait pas encore la fiabilité du prélèvement salivaire par rapport au prélèvement naso-pharyngé", a ainsi déclaré mardi sur BFM Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, chargé de conseiller le gouvernement durant la crise sanitaire.

Ces test sont-ils pour autant complètement inutiles ? La question de leur efficacité divise en tout cas la communauté scientifique. Tout d'abord, parce que le nouveau coronavirus (Covid-19) est une maladie respiratoire. De ce fait, le virus se niche davantage dans le nez que dans la bouche. "La salive contient beaucoup de choses, notamment des enzymes. Le prélèvement dans le nez permet de récupérer des molécules, contrairement à celui dans la gorge", explique au micro de TF1 le Pr Christine Rouzioux, virologue et membre de l’Académie de médecine. 

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De nouvelles études sont en cours

Si le prélèvement salivaire est moins fiable que le prélèvement nasal, il pourrait néanmoins contribuer à la surveillance de la circulation du virus dans la population, selon l'Académie de médecine, qui préconise de réaliser une étude comparative avec les tests basés sur un prélèvement profond dans le nez. "L’objectif est de repérer des personnes qui sont porteuses d’une quantité importante de virus et qui sont hautement contagieuses potentiellement pour leur entourage", soutient auprès de TF1 le Dr Jacques Reynes, chef du service des maladies infectieuses du CHU de Montpellier (Hérault), qui a participé à l'élaboration d'un test salivaire en collaboration avec le CNRS.

Pour les autorités sanitaires, les résultats des premiers essais ne sont pas suffisamment concluants pour envisager une commercialisation. De nouvelles études sont en cours dans des zones où le virus est le plus virulent, comme en Guyane. Aux Etats-Unis, devant l’urgence de la situation, les prélèvements salivaires viennent d'être autorisés. "Il y aura sûrement une version numéro deux, une version numéro trois de ces tests, on va évoluer, je pense que d'ici fin août on aura ces tests, mais pour l'instant on ne les a pas", a estimé mardi le président du conseil scientifique.

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