Coronavirus : une étude internationale lancée pour évaluer l'impact psychologique de la pandémie et du confinement

Coronavirus : une étude internationale lancée pour évaluer l'impact psychologique de la pandémie et du confinement
Santé

SANTÉ - Une vaste étude internationale a été lancée ce jeudi pour évaluer l'impact du confinement et de la pandémie sur le bien-être et la santé mentale de la population. Le Pr Pierre-Michel Llorca, psychiatre et un des coordinateurs pour la France, nous explique le but de cette étude.

Des milliards d'être humains, retranchés chez eux durant des semaines, assistant en direct ou presque à une situation totalement inédite dans l'histoire de l'humanité. Et son impact psychologique est loin d'être anodin, si l'on en croit les psychiatres. Suffisamment, en tout cas, pour en faire un sujet d'étude. Pour tenter de comprendre, une enquête vient d'être lancée par une équipe internationale de psychiatres. L'étude sera menée en trois étapes, dans 35 pays du monde, par le biais d'un questionnaire accessible en ligne comprenant une série de questions.

"Une partie de la population peut avoir plutôt bien vécue cette crise. Cependant, ce n'est pas forcément le cas de la majorité", prévient le professeur Pierre-Michel Llorca, chef du service psychiatrie au CHU de Clermont-Ferrand, qui s'occupe de la partie française de l'étude. "L'objectif de notre enquête est justement d'évaluer l'impact de l'épidémie et du confinement  sur la population du point de vue mental et psychique", souligne-t-il. L'étude se déroulera en trois phases. "Le premier volet vise à analyser l'état psychique des gens aujourd’hui, pendant le confinement et en pleine épidémie. Un point sera fait dans six mois puis un autre d'ici un an, pour observer d'éventuelles conséquences à plus long terme", précise le spécialiste. 

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L'étude s'adresse à la fois aux adultes et aux enfants. "Un code unique par famille permet à chaque membre du foyer de participer à l’enquête. Un volet est dédié aux 6-14 ans et un autre aux 14-18 ans", détaille le professeur. Pour remplir le questionnaire (accessible en cliquant ici), il faut compter environ 30 minutes pour la version adulte et 15 minutes pour la version enfant. Les chercheurs espèrent recueillir au moins 30.000 réponses. En parallèle, un questionnaire spécifique, destiné uniquement aux professionnels de santé, plus exposés que le reste de la population, sera mis à la disposition des établissements de santé. "Les soignants ne sortiront pas tous indemnes de tout cela. Cette crise sanitaire risque de laisser des traces chez certains d'entre eux", estime le spécialiste.

Pour la majorité des gens, la réadaptation devrait être assez rapide. Pour d'autres, ce sera peut être un peu plus difficile.- Le Pr Pierre-Michel Llorca.

Si la situation est inédite sur le plan sanitaire, elle interroge aussi notre rapport à l’information, souligne le professeur Llorca.

"L'abus d'informations anxiogènes peut conduire à des manifestations dépressives, ou en tout cas favoriser leur apparition chez des personnes fragiles", relève le spécialiste. "En plus de l'isolement, certains doivent également faire face à de graves difficultés financières. De quoi favoriser l'apparition de pathologies, telle que la dépression ou l'addiction", souligne-t-il.

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Le contexte de la levée du confinement, prévue le 11 mai, sera lui-aussi scruté avec attention. "Beaucoup de choses ne seront plus comme avant. Comme nous n'aurons pas de référentiel, cela risque d'être un peu déstabilisant au début. Pour la majorité des gens, la réadaptation devrait être assez rapide. Pour d'autres, ce sera peut être un peu plus difficile", avance-t-il. D'où la nécessité de mener cette enquête, "pour savoir comment les gens vivent cette crise et ainsi mieux anticiper ses éventuelles conséquences", souligne le professeur Llorca.

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