Retour du masque obligatoire en extérieur : vraiment utile face au variant Delta ?

Retour du masque obligatoire en extérieur : vraiment utile face au variant Delta ?

COVID-19 - Plusieurs départements ont de nouveau imposé le masque en extérieur dans certaines communes. De quoi entamer le sentiment de liberté des vacanciers, mais pour quelle utilité ?

Le masque est de retour à Toulon. Comme dans 57 autres communes du Var, il est nouveau obligatoire en extérieur depuis ce vendredi. C'est le cas également dans certaines communes de Meurthe-et-Moselle, de l’Hérault, de Vendée ou encore de Charente-Maritime.

Un retour des mesures sanitaires que certains touristes et habitants n'apprécient guère. "Je n'irai plus dans les endroits publics où on est obligé de le porter", lance une femme face aux caméras de TF1 dans la vidéo en tête de cet article. Elle ira donc "à la plage, comme ça pas de masque obligatoire"

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Du côté des autorités, Serge Jacob, secrétaire général de la préfecture du Var, fait valoir que dans le département,"le taux d'incidence, qui est un indicateur que nous suivons au jour le jour, a doublé en l'espace d'une semaine. Donc il faut absolument casser les chaines de contamination". Et face au plus contagieux variant Delta, l'arme du port du masque en extérieur est une solution selon le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy : "Avec ce variant, on peut clairement s’infecter à l’extérieur", a-t-il fait valoir jeudi face aux sénateurs. Un argument sanitaire qui ne convainc toutefois pas tous les spécialistes.

Pour Lila Bouadma, médecin réanimatrice à l'hôpital parisien Bichât, et membre du conseil scientifique, "le masque est surtout important à l'intérieur. À l'extérieur, ce n'est pas très grave" de ne pas le porter, dit-elle à TF1. Dès lors, la médecin recommande, "à l'intérieur, de remettre en route les gestes barrières, y compris quand le masque sanitaire est imposé".

Un son de cloche partagé par le professeur Philippe Amouyel, professeur en santé publique au CHU de Lille et épidémiologiste. Pour LCI, ce dernier prône ainsi, face à la reprise de l'épidémie en France, "une meilleure responsabilisation des gestes barrières".

5% des contaminations se font en extérieur

Dans le même temps, les études ont montré que la plupart des contaminations se produisaient en intérieur. Ainsi, les derniers travaux en la matière, ceux de l'Institut Pasteur datant de mars dernier, avant la diffusion en masse du variant Delta donc, concluaient que 80% des infections au Covid-19 se font dans des lieux clos et fenêtres fermées, 15% dans des lieux clos et fenêtres ouvertes, et enfin 5% en extérieur. 

Un dernier type de contaminations moins fréquent, mais pas si rare, donc. En atteste le match de rugby France-Australie du 13 juillet dernier, puisque le traçage effectué en amont par les autorités sanitaires australiennes a fait état de 5 cas positifs liés à la rencontre. 

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Variant : plus de contaminations dehors ?

Par ailleurs, les récentes mesures décidées par l'exécutif semblent frappées d'un paradoxe : dans certaines communes, le masque est désormais obligatoire dans la rue, mais facultatif dans les lieux clos soumis au pass sanitaire. Une décision risquée, estime le professeur Anne-Claude Crémieux, médecin infectiologue à l'hôpital Saint-Louis, à Paris.

"On sait qu'on peut laisser passer des personnes qui, 48h avant, n'étaient pas infectées mais qui, le jour en question, vont être infectées. Et s'il y a une personne infectée dans un lieu clos mal ventilé, alors le risque de transmission est important", nous explique la scientifique.

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