Covid-19 : des arrêts-maladie "immédiats" très utilisés, mais peu d'abus constatés

Le formulaire d'auto-déclaration d'arrêt de travail lié au Covid, utilisé par plus de 3000 salariés chaque jour.

AUTO-STOP - Trois semaines après son lancement, le service qui permet de se mettre en arrêt de travail en cas de suspicion de Covid-19 rencontre un franc succès, avec des abus qui restent rares.

Plus de 65.000 Français se sont déclarés sur le site Ameli.fr, depuis le 10 janvier dernier, quand a été ouverte la possibilité de prendre un arrêt maladie de sa propre initiative, pour les personnes présentant des symptômes du Covid-19, ou pour leurs proches ou collègues de travail devenus cas contacts. Trois semaines après son lancement, l'Assurance Maladie a pu tirer un premier bilan chiffré de l'opération, qui dresse le portrait d'assurés dans l'ensemble responsables, qui n'ont pas abusé d'un dispositif pourtant open bar.

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Premier constat : si la possibilité de se mettre en arrêt pour cause de Covid a été largement utilisée, ce n'est pas le tsunami de déclarations que certains craignaient. À un rythme moyen de 3.000 formulaires remplis chaque jour depuis la mise en place du dispositif, le volume des déclarations reste dans les clous de ce qu'attendait l'Assurance Maladie, preuve selon elle que cette mesure "répond à un vrai besoin, mais également que son utilisation demeure appropriée et légitime", comparé aux quelques 30.000 arrêts quotidiens indemnisés en 2019. Mais les chiffres s'expliquent aussi par quelques gardes-fous mis en place par l'administration. Ainsi, la possibilité pour les cas contacts de se mettre en arrêt de travail ne vaut que si leur métier ne peut s'exercer en télétravail.

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Justement, côté métiers, la plupart des déclarants sont des salariés du privé, à 68%, suivis par les fonctionnaires à 16%, et les professionnels de santé, à 6% seulement, même si eux avaient souvent un parcours plus simple pour accéder à un arrêt maladie "normal". Dans tous les cas, simplifier le système remplit son objectif, celui de permettre à quiconque aurait un doute sur sa santé de s'isoler sans attendre un diagnostic, et sans besoin de sortir de chez soi. Comme l'explique Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam, "Il était essentiel de lever tout frein financier à l’isolement, notamment pour les personnes les plus vulnérables sur le plan économique".

Moins de deux jours de durée moyenne

Autre chiffre parlant : la durée des arrêts de travail, sur lesquels les salariés ont été peu gourmands. En moyenne, ils se sont auto-décernés 1,9 jour d'arrêt. Parmi les choses qui expliqueraient des arrêts si courts, il y a l'absence totale de délais de carence, toutes catégories de salariés confondues, qui ne pousse donc pas à la sur-déclaration. Il y a aussi le fait que les déclarants sont encouragés à passer un test PCR dans les 48 heures suivant leur déclaration. Et là aussi, une fois levée l'incertitude sur la raison de leurs symptômes, ce sont 30% des demandeurs qui ont eu un résultat de test positif. Un chiffre à comparer au taux moyen de positivité des tests PCR dans le pays, qui oscille entre 6% et 7%. Là encore, satisfecit de l'Assurance Maladie, pour qui cela "confirme que le service est bien utilisé par des assurés dont l'état laisse présumer une contamination".

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Le succès des arrêts maladie sans médecin

Au vu d'un dispositif jamais mis en place jusque-là, les autorités de santé avaient prévenu qu'elles resteraient vigilantes face aux abus possibles d'un système basé sur l'auto-déclaration. Mais là aussi, bonne surprise : si pour "éviter toute utilisation abusive", l'Assurance maladie indique que son service médical contrôle une centaine de dossiers chaque jour et souligne que "moins de 2% ne remplissent pas les critères d'indemnisation". Des contrôles qui sont aussi quasi-systématiques pour les assurés déclarant un second arrêt maladie le même mois. Surtout, ultime garantie : quel que soit son résultat, l'Assurance Maladie ne versera pas d'indemnités journalières à qui ne lui présentera pas de test PCR.

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