Des milliers d'étudiants sont-ils rassemblés dans des lieux clos pour passer concours et examens ?

Les concours regroupent régulièrement des milliers d'étudiants, comme ici à Lyon en 2000. Pour qu'ils se déroulent en période de Covid-19, un important protocole sanitaire a été mis sur pied.

UNIVERSITÉS - Une avocate s'étonne que des milliers d'étudiants soient réunis pour des concours dans des espaces clos, alors que dans le même temps l'accès aux stades demeure interdit. C'est bel et bien le cas, mais dans le respect de protocoles très rigoureux.

Alors que le confinement deuxième du nom vient de se terminer et laisse la place à un couvre-feu sur l'ensemble du territoire, de nombreuses restrictions restent en vigueur. Sur le plateau de RMC, l'avocate Marie-Anne Soubré a partagé ce mardi son incompréhension : "J'aimerais qu'on m'explique comment il est possible qu'on ne puisse pas aller dans les stades mais qu'on mette 2.500 étudiants au même endroit porte de Versailles à partir d'aujourd'hui !" De tels examens ont bel et bien lieu en ce moment, a observé LCI, mais il apparaît difficile de dresser un parallèle avec l'ouverture des stades, tant les protocoles mis en place pour accompagner les étudiants se révèlent détaillés et stricts.

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Vigilance renforcée

Contactée par LCI, Marie-Anne Soubré indique que les étudiants auxquels elle a fait référence dans son intervention (et dont fait partie sa fille) passent les concours de la première année commune aux études de santé, la "paces", comme on la surnomme généralement. L'université de Paris confirme la tenue de ce concours, d'une durée de trois jours et prévu pour les candidats de la capitale au sein du parc des expositions "Paris Expo", situé Porte de Versailles. Viparis, l'opérateur en charge de l'exploitation de ces immenses halls, indique que plusieurs examens ou concours sont programmés en ce mois de décembre.

Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche précise à LCI que "le protocole sanitaire très rigoureux qui avait été mis en place lors de la première vague a été reconduit avec quelques aménagements dont, par exemple, la nécessité de garder le masque pendant toute l’épreuve". Le document en question, dont la dernière version remonte au 27 novembre, fait pas moins de 5 pages et détaille l'ensemble des mesures à suivre pour garantir la sécurité des étudiants et des surveillants. 

Parmi les éléments notables, on peut souligner un espacement bien plus important que d'ordinaire entre les candidats, ainsi que la nécessité de procéder à une aération régulière des pièces. "Il est recommandé de prévoir une salle dédiée en cas de difficulté survenue en cours d’épreuve (toux, fièvre, etc.). Cette salle pourra permettre à l’étudiant de poursuivre son épreuve", ajoute le ministère. Il va de soi que le port du masque est impératif pour tous.

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La comparaison avec les stades présente une série de limites, et apparaît potentiellement trompeuse. Lors des concours ou examens, le silence règne et les échanges sont très limités entre les étudiants, ce qui n'est pas le cas quand des supporters encouragent leur équipe. Les mouvements sont par ailleurs très encadrés dans les protocoles sanitaires ministériels, que ce soit pour aller aux toilettes ou pour se déplacer dans les salles. Par ailleurs, si les examens/concours les plus importants peuvent rassemblent au maximum quelques milliers d'étudiants, nous sommes loin des dizaines de milliers de personnes qui sont susceptibles d'occuper les plus grandes enceintes sportives françaises.

"Si l'étudiant est Covid positif ou cas contact, il ne doit pas venir", confie-t-on du côté de l'université de Paris, qui entend respecter scrupuleusement les consignes du ministère. Pour ces jeunes dans l'incapacité de plancher, "une autre session dédiée sera organisée ultérieurement, dans un délai compris entre 14 et 60 jours après la fin de la session concernée". On précise aussi que le choix de Paris Expo n'est pas dû au hasard : pour accueillir dans de bonnes conditions le plus de 2.000 étudiants en médecine, il fallait en effet "prévoir des locaux qui soient suffisamment vastes". D'où le choix de ce lieu, qui présente entre autres avantages "une hauteur sous plafond très conséquente, diminuant les risques de stagnation du virus et de contamination". Les photos prises lors de différentes sessions permettent de visualiser l'organisation très particulière des halls qui accueillent les épreuves.

Des sources de tensions

Pour les jeunes concernés, la situation n'est pas toujours évidente à gérer. Quand ils ont appris qu'ils seraient plus de 400 à être réunis le 16 décembre près de gare de l'Est pour passer des examens, des étudiants parisiens en 6e année de médecine ont partagé leur mécontentement. Ils remettent en cause les mesures décidées et déplorent que des évaluations à distances n'aient pas été décidées. Leurs arguments sont multiples : est notamment mis en avant le fait que d'autres filières au sein de l'université de Paris sont incitées à passer leurs examens à distance. Autre point soulevé : les risques élevés de contamination dans une filière comme la médecine, où nombre d'étudiants sont en contact avec des patients porteurs du Covid-19 dans leur travail quotidien.

L'université indique qu'elle a entendu ces messages et comprend que cela "engendre des questionnements qui sont naturels". Pour autant, dans "une période très complexe pour tout le monde", le choix a ici été fait de maintenir les examens en présentiel, les responsables pédagogiques estimant que ces conditions seraient les plus adaptées pour "évaluer les compétences acquises par les étudiants". Si les universités proposent différentes modalités pour les examens, il revient aux différentes unités de formation et de recherche (les UFR), de trancher. Les choix opérés en Lettres ne seront donc pas toujours identiques à ceux fait dans les Sciences humaines. "Ce sont les établissements qui décident du déroulement en présentiel des examens et concours", abonde le ministère.

Pour les "concours dans les disciplines de santé", il convient enfin de noter que "les étudiants qui ne pourraient pas se présenter à une épreuve pour cause d’isolement pourront bénéficier de l’annulation de leur année universitaire et se présenter au concours l’année suivante sans avoir épuisé une des chances offertes de candidater". Un point important dans ces filières, où il n'est pas possible de se présenter à de multiples reprises.

En conclusion, on peut donc observer qu'il est exact que des examens et concours rassemblent dans la période actuelle plusieurs centaines voire milliers d'étudiants. Quand leur présence est requise, des protocoles sanitaires rigoureux sont déployés, que l'on imagine difficilement applicables dans d'autres contextes, en particulier dans les stades. Si des examens à distance peuvent être privilégiés, il est du ressort des établissements d'en décider, en fonction des capacités à assurer la sécurité des étudiants et des contraintes liées à l'évaluation des candidats. 

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