Covid-19 : des ONG alertent l'Europe sur les masques contenant du graphène

Charles Michel, président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne au sein du Parlement européen 
le 13 avril 2021.

TOXICITÉ - Dans une lettre envoyée à la Commission européenne début avril, quatre ONG alertent sur la dangerosité des masques contenant du graphène et demandent que ces produits soient retirés de la circulation.

"La présidente Ursula von der Leyen sait-elle seulement ce qu'elle a inhalé ?" Cette interrogation, c'est David Azoulay qui se la pose. Ce responsable au sein du CIEL, une ONG qui milite pour le renforcement des lois et des politiques en matière d'environnement santé, a réagi en voyant une photo de la présidente publiée par le compte Facebook du groupe Shengquan. 

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Sur cette capture d'une des unes de Bild, le premier quotidien allemand, on peut voir la présidente de la Commission européenne porter un masque produit par cette entreprise. Or, ces masques contiennent du graphène, des nanoparticules qui permettraient, selon Shengquan, de lutter efficacement contre le coronavirus. 

Ce n'est cependant pas l'avis du CIEL (Center for International Environmental Law) ni celui d'ETC Group, Health Care Without Harm et Women Engage for a Common Future. Ces quatre ONG, spécialisées dans la santé environnementale, alertent dans une lettre envoyée début avril aux dirigeants de la Commission européenne et du Parlement, que ces masques en polypropylène, disponibles en France et en Europe, seraient "potentiellement toxiques". Ces ONG demandent dans cette lettre que ces masques soient retirés de la vente et que leur usage soit interdit. 

"Autoriser la mise sur le marché de masques non évalués et potentiellement dangereux a de graves répercussions sur la santé et peut dangereusement ébranler la confiance du public dans le port de masques", alertent les ONG dans cette lettre. 

Alerter sur des masques potentiellement toxiques

L'avertissement des ONG part d'une décision prise au Canada. Fin mars, le gouvernement fédéral y a rappelé des millions de produits contenant ce nanomatériau après qu'ont été constatés des symptômes inquiétants chez de nombreux enfants. Certains décrivaient des difficultés à respirer, des irritations de la peau et l'impression de "respirer des poils de chat".  "Si la plus haute autorité de santé au Canada a pris cette décision, il est normal que l'Europe se pose des questions", assure à LCI Elisabeth Ruffinengo, juriste pour l'ONG Women Engage for a Common Future

"On ne remet pas en question la nécessité de porter le masque. C'est juste dommage qu'en voulant protéger les individus du Covid, on crée une potentielle autre exposition dangereuse", explique la juriste. À travers cette lettre, les ONG appellent donc l'Union européenne à rappeler les masques contenant des nanographènes pour qu'ils soient examinés et qu'il soit déterminé s'ils sont dangereux ou pas. 

Si la plus haute autorité de santé au Canada a pris cette décision, il est normal que l'Europe se pose des questions- Elisabeth Ruffinengo, juriste au sein de Women Engage for a Common Future

Au niveau européen, si des réglementations existent, elles se basent sur des normes souvent dépassées, selon David Azoulay. De plus, les autorités manquent de données et de moyens pour contrôler l'afflux de produits qui arrivent chaque jour sur le sol européen. "Les contrôles sont faits sur la base de signalements, mais les autorités sont dépassées par la quantité de masques. Notre signalement vise à pointer aux autorités compétentes les produits potentiellement dangereux", rappelle-t-il. 

Selon un article publié dans Le Monde, l'entreprise chinoise Shengquan dit avoir exporté "près de 600 millions de masques" en Europe en un an. En mai 2020, le Land allemand de Hesse a commandé 30 millions de ces mêmes masques pour un montant de 16 millions d’euros tandis que la métropole du Grand Nancy en avait commandé 230.000. Mais Shengquan ne serait pas la seule société à utiliser des nanographènes pour rendre plus efficace ses masques. 

Suite à l'interpellation des ONG, l'Union européenne n'a pour l'instant pas donné de réponse officielle. 

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