Covid-19 : des patchs de vaccination pourraient bientôt remplacer les seringues

Un patch permettant d'injecter un vaccin sans qu'une seringue soit nécessaire

PIQÛRE - Une étude testant cette technique de vaccination sur des souris et publiée vendredi dans la revue "Science Advances" a révélé des résultats prometteurs et pourrait révolutionner la façon dont seront administrés les vaccins à l'avenir.

Fini les aiguilles qui angoissent, le vaccin contre le Covid pourrait bientôt être injecté via un simple carré de plastique d'un centimètre sur un centimètre recouvert de plus de 5000 minuscules pics imprégnés du vaccin. C'est en tout cas le projet de chercheurs australiens dont l'étude a été publiée dans la revue scientifique "Science Advances"

Si les projets de vaccination grâce à des patchs ne sont pas nouveaux et se sont multipliés depuis le début de la pandémie, les résultats de l'étude publiée vendredi sont particulièrement prometteurs.  

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En effet, cette technique a été testée sur des souris et les résultats recueillis ont alors largement "surpassé" ceux obtenus avec un autre groupe de souris, vaccinées, elles, à l'aide d'aiguille. Selon le Dr. Muller, co-auteur de l'étude et virologue à l'université de Queensland, en Australie, la réponse d'anticorps était "très forte" pour les souris vaccinées via le patch, "y compris dans les poumons, ce qui est important pour le Covid-19", a-t-il détaillé.

Dans un deuxième temps, l'efficacité d'une seule dose a été évaluée. En utilisant un adjuvant, qui sert à stimuler la réponse immunitaire, les souris ne sont alors "pas du tout tombées malades".

Le vaccin serait donc plus efficace grâce à cette nouvelle technique d'administration. En effet, contrairement à la seringue, qui entraîne une injection intramusculaire, le patch permet une insertion du vaccin via la peau où il y a plus de cellules immunitaires requises pour prendre en charge le vaccin. 

Une réaction immunitaire plus forte grâce au patch

De plus, le patch a à sa surface de minuscules pics, sur lesquels est déposé le vaccin. S'ils sont invisibles à l'œil nu, ils provoquent d'infimes blessures, qui alertent le corps d'un problème et stimulent ainsi la réaction immunitaire. Deux minutes de pose suffiraient à administrer une dose.

Cette technique présente aussi des avantages pratiques, selon les scientifiques. Le vaccin peut rester stable durant un mois à 25°C, et une semaine à 40°C (contre quelques heures à température ambiante pour les vaccins de Pfizer ou Moderna). Cela permet donc une moindre dépendance à la chaîne du froid, qui constitue "un défi pour les pays en développement"

Le patch est également "incroyablement facile à administrer". Il est mis à l'aide d'un simple applicateur (qui ressemble à un palet de hockey), et ne nécessiterait donc plus la mobilisation de personnel soignant entraîné.

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Burak Ozdoganlar, professeur d'ingénierie à l'université Carnegie Mellon de Pittsburgh aux États-Unis, travaille lui aussi, depuis 2007, sur ces patchs. Il voit un autre avantage : "Une quantité moins importante de vaccin, délivrée précisément dans la peau, peut produire une réponse immunitaire similaire à une injection intramusculaire", souligne-t-il. Un facteur important au moment où les pays se battent pour des doses et où l'OMS a alerté sur une possible pénurie de seringues en Afrique qui pourrait retarder la campagne de vaccination sur ce continent.

Le patch utilisé dans l'étude a été fabriqué par la société australienne Vaxxas, qui est la plus avancée dans le secteur. Des essais cliniques de phase 1 sont prévus à partir d'avril. Cependant, ce n'est pas la seule entreprise à s'être lancée dans cette recherche. Aux États-Unis, Micron Biomedical et Vaxess travaillent également sur le développement de cette technique. 

Selon Micheal Schrader, le PDG de cette dernière, l'urgence de la pandémie a donné un coup d'accélérateur en attirant les investisseurs. "De mon point de vue, c'est le futur, c'est inévitable", a-t-il assuré à l'AFP. "Dans les dix prochaines années, on verra une refonte radicale des moyens de distribuer les vaccins dans le monde."

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