Des reconfinements locaux à l'étude : ces territoires où la situation sanitaire inquiète

Sommes-nous à l’aube d’un troisième confinement ? Local ou national ? Quelles sont les pistes envisagées suite au rebond de l’épidémie ? De nombreuses questions restent en suspens alors qu’un conseil sanitaire de défense a eu lieu ce mardi. Explications.

EN CHIFFRES - Selon nos informations, le gouvernement envisage, entre autres options, la possibilité de reconfinements locaux. Trois territoires, les régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que le département des Alpes-Maritimes, font l'objet d'une attention particulière.

L'idée d'un troisième confinement n'est plus un tabou, quitte à le cantonner à certains territoires. Si Olivier Véran avait d'abord balayé cette hypothèse, son discours a sensiblement évolué ce dimanche. "Nous n'excluons jamais des mesures qui pourraient être nécessaires pour protéger des populations", indique-t-il ainsi dans les colonnes du JDD

"Le virus circule encore trop : 15.000 contaminations détectées par jour en moyenne", souligne encore le ministre de la Santé, particulièrement inquiet pour trois territoires : "la région Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et le département des Alpes-Maritimes, à commencer par Nice". Trois territoires où plusieurs maires appellent l'exécutif à resserrer la vis

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Alors qu'un nouveau Conseil de défense doit avoir lieu mardi matin, c'est d'ailleurs sur le plan local que des dispositions pourraient être prises, les mesures nationales étant pour l'heure jugées trop précoces. Selon nos informations, l'exécutif planche sur plusieurs possibilités, du reconfinement ciblé à la (re)fermeture de certains commerces en passant par l'élargissement du couvre-feu. Objectif : faire retomber des indicateurs repartis à la hausse. 

Dans le Grand Est, une dégradation depuis début décembre

Dans le Grand Est, l'épidémie est effectivement en progression. Selon les données regroupées par CovidTracker et datées du 26 décembre, les indicateurs dans ce territoire déjà très touché lors de la première vague demeurent supérieurs aux moyennes nationales. Le nombre de cas recensés au quotidien, en diminution tout au long du mois de novembre, remonte depuis début décembre. Entre le 17 et le 23 décembre, 1979 cas par jour ont été enregistrés, selon les données publiées par CovidTracker et basées sur celles de Santé publique France. 

À titre de comparaison, seule l'Île-de-France, qui regroupe plus de deux fois plus d'habitants que le Grand Est, recense plus de cas sur la même période.

La situation dans les hôpitaux de l'est de la France reste également sensible. Au 26 décembre, 2693 patients étaient hospitalisés dans le Grand Est : c'est plus qu'en novembre. 295 personnes figuraient également en réanimation, un niveau qui n'a pas baissé tout au long du mois de décembre.

Enfin, le taux d'incidence dans le Grand Est se situe actuellement à 251 cas pour 100.000 habitants, contre 154 en moyenne en France métropolitaine. Il s'agit du deuxième taux d'incidence le plus élevé du pays, juste derrière... la Bourgogne-Franche-Comté (257), autre région "inquiétante" citée par Olivier Véran. 

En Bourgogne-Franche-Comté, des niveaux de mortalité semblables au printemps

Dans cette région, qui a commencé ce dimanche la vaccination pour des résidents d'un Ehpad de Dijon, les indicateurs sont également au rouge : plus de 1000 cas y sont détectés en moyenne chaque jour.

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Dans les hôpitaux, la tension ne faiblit pas, avec 1770 personnes hospitalisées, tandis que la courbe des hospitalisations n'est plus en baisse depuis la mi-novembre. Selon CovidTracker, 88% des lits de réanimation disponibles avant l'épidémie sont actuellement occupés par des patients atteints du Covid-19. Et avec 23 décès quotidiens enregistrés en moyenne entre le 20 et le 26 décembre, la région retrouve des niveaux de mortalité similaires à la première vague, au printemps.

Les Alpes-Maritimes face à une hausse constante des hospitalisations

Olivier Véran a également mentionné les Alpes-Maritimes comme territoire "qui inquiète". Le département enregistre en effet un taux d'incidence plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale (341). Chez les personnes de plus de 90 ans (977), comme celles dont l'âge est compris entre 80 et 89 ans (369), le taux d'incidence dépasse même le niveau atteint en novembre, lors du pic national de la deuxième vague. 

Le nombre de personnes hospitalisées – 536 au 26 décembre – est d'ailleurs en hausse constante depuis octobre, même si les lits de réanimation y sont actuellement moins occupés qu'en novembre (47 patients en réanimation au 26 décembre).

Une situation qui a poussé le maire de Nice, Christian Estrosi, à réagir et à convoquer un Conseil local de Santé publique, une instance créée par sa municipalité il y a 15 jours réunissant de nombreux intervenants en matière sanitaire. Réunion à l'issue de laquelle l'édile a fait savoir qu'il allait formuler à Olivier Véran un certain nombre de demandes restrictives, telles que la réciprocité de la quarantaine entre la France et l'Italie, ou encore systématisation des tests PCR pour les voyageurs débarquant à l'aéroport de Nice.

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