Hydroxychloroquine à titre préventif : "aucune preuve" de l'utilité du traitement suivi par Trump

Hydroxychloroquine à titre préventif : "aucune preuve" de l'utilité du traitement suivi par Trump
Santé

TRAITEMENT - Si Donald Trump a annoncé lundi soir suivre un traitement à l'hydroxychloroquine de façon préventive, le coordinateur des essais sur la chloroquine au CHU de Montpellier rappelle ce mardi sur LCI que le caractère scientifique de cette méthode n'a pas été prouvé.

Que vaut ce que fait Donald Trump ? Devant des journalistes, le président américain s'est vanté lundi 18 mai de "prendre depuis plus d'une semaine et demi", un traitement à l'hydroxychloroquine de façon préventive. S'il s'attendait à voir les yeux de l'auditoire "s'écarquiller", il a visé juste. Et pour cause, comme le rappelle le Professeur Jacques Reynes sur LCI, l'efficacité de cette méthode n'a jamais été prouvée.

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Si le locataire de la Maison Blanche dit que ce médicament "est utilisé depuis toujours", pour reprendre ses mots, il n'a pas tort. Mais, comme le rappelle le coordinateur des essais sur la chloroquine au CHU de Montpellier, il y a des "contre-indications" et une "surveillance" médicale obligatoire. "Ce n'est pas un produit anodin". D'ailleurs, aux Etats-Unis, l'agence du médicament déconseille de prendre ce traitement en automédication

"Il n'y a pas d'effet préventif"

Si l'hydroxychloroquine est utilisée de longue date contre le paludisme, son efficacité de façon préventive contre le coronavirus n'a, à ce jour, été démontrée par aucune étude rigoureuse. Comme le rappelle le Professeur Jacques Reynes, les "données expérimentales françaises" sur la capacité du traitement à "empêcher l'infection" indiquent "qu'il n'y a pas d'effet préventif dans ce modèle". Pour preuve, "on a des cas de personnes qui prenaient de l'hydroxychloroquine de façon prolongée pour des maladies inflammatoires et qui ont quand même été infectées". "Donc, manifestement, ça ne protège pas à 100%", dit-il.

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D'autre part, le spécialiste de la question souligne que les études pour évaluer l'effet du médicament en prévention, "que ce soit chez les soignants ou en cas d'exposition à des cas positifs", n'ont pas encore données de résultats. "Donc actuellement nous n'avons pas du tout de preuve de prévention", résume le coordinateur des essais sur la chloroquine au CHU de Montpellier. "Il y a encore beaucoup d'incertitudes."

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