Covid-19 en Île-de-France : des projections prédisant une explosion des patients en réa divisent

Covid-19 en Île-de-France : des projections prédisant une explosion des patients en réa divisent

MODÉLE STATISTIQUE - Selon des modèles épidémiologistes de l'AP-HP, la situation dans les réanimations d'Île-de-France va considérablement se dégrader d'ici fin avril, dépassant le pic de la première vague. Un constat encore accentué dans le cas où un confinement strict tardait à être mis en place.

Vers une explosion de patients dans les réanimations franciliennes ? Malgré l'instauration d'un confinement hybride dans la région, l'épidémie continue sa progression en Île-de-France. 1489 malades occupent désormais les services de réanimation locaux, soit plus que les capacités initiales (chiffres du 29 mars). Et cette situation pourrait encore se dégrader. Selon des projections de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), le pic de la première vague (2668 malades graves en Île-de-France) devrait être dépassé avant la fin du mois d'avril. 

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Les scientifiques ont établi deux scénarios, selon la date à laquelle des mesures sanitaires plus strictes pourrait être mises en place. Ainsi, si un confinement strict voit le jour dans la région dès le 1er avril, le nombre de patients dans les services franciliens de réanimation pourrait monter jusqu'à 3470 le 22 avril prochain. Ce chiffre pourrait être encore plus important si le gouvernement décidait d'attendre une semaine supplémentaire pour durcir le ton (4466 patients dans les services de réanimation d'Île-de-France le 29 avril prochain). Deux constats ressortent de ces projections. D'une part, un confinement strict n'empêchera pas la hausse des réanimations dans la région; d'autre part, plus sa mise en place est repoussée, plus les chiffres risquent d'être vertigineux. 

Interrogé par BFM dimanche, Rémi Salomon, président de la commission médicale d'établissement de l'AP-HP soulignait que le risque était de se "retrouver dans 10 jours, 15 jours, 3 semaines dans une situation de débordement". "Il y a un sentiment de colère de se retrouver dans une situation qui va nous obliger à faire de la médecine de catastrophe", martelait-il. "Nous ne pouvons rester silencieux sans trahir le serment d'Hippocrate que nous avons fait un jour", écrivaient de leur côté 41 directeurs médicaux de crise de l'AP-HP, dans une tribune publiée par le Journal du dimanche. 

Une situation qui se dégrade...

Ce mardi sur LCI, le professeur Jean-François Timsit a confirmé que la conjoncture se dégradait au fil des jours. "Ce matin, l'hôpital est plein comme un œuf. On a trois malades à mettre en réanimation avec aucune place. Les malades dans mon service, que ce soit du Covid ou autres, sont tous intubés et ventilés", détaille le chef du service de réanimation de l'hôpital Bichat à Paris précisant que la masse de travail était "absolument effroyable" et que le personnel n'en pouvait plus. 

"Pour chaque malade qui rentre aujourd'hui, il faut compter au minimum 15 jours lorsqu'ils ne sont pas en ventilation mécanique, de l'ordre de trois semaines pour ceux qui sont entubés et de l'ordre de six semaines pour ceux sous circulation extra-corporelle", souligne-t-il encore. "On est au maximum de ce que l'on sait faire", assène-t-il. 

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En parallèle, le Professeur Pierre Squara, chef du service de réanimation à la clinique Ambroise Paré de Neuilly-sur-Seine, précise qu'"au-dessus de 1500 malades en réanimation", la situation peut être qualifiée de mauvaise en Île-de-France. "Les services sont déjà pleins", ajoute-t-il sur LCI. Il nuance toutefois : "ce qui m'a fait réagir depuis 48 heures, ce sont les prévisions apocalyptiques, les exercices de mathématiques. Ces projections ne sont pas du tout celles de l'ARS". "Même si l'épidémie décélère, elle continue d'augmenter, tous les jours nous aurons un peu plus de malades et ce sera un peu plus tendu. Mais on est encore loin de devoir trier les malades", conclut-il. Plus précisément, le professeur Timsit explique : "on ne fait pas encore tout à fait de tri des malades. C'est de la diminution quantitative de qualité". 

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