Covid-19 : alors que la France doit resserrer la vis, comment s'en sortent nos voisins européens ?

Covid-19 : alors que la France doit resserrer la vis, comment s'en sortent nos voisins européens ?

TOUR D'HORIZON - Pour tenter de maîtriser la propagation du Covid-19, la France a cette semaine serré la vis une nouvelle fois. En Europe, d'autres pays adoptent une tout autre stratégie.

La deuxième vague, la France s'y trouve indéniablement. Malgré le port du masque obligatoire dans de nombreuses métropoles ou encore la réalisation de plus d'un million de tests PCR par semaine, Santé Publique France annonçait jeudi 16.000 cas de plus que la veille, ce qui faisait grimper le nombre de cas avérés à 497.237. D'autre part, 718 personnes se trouvaient en réanimation. Si les chiffres ne sont pas encore au niveau de ceux du printemps dernier, ils sont néanmoins alarmants. 

Face à cette situation de crise, à ce revers, le gouvernement a durci le ton mardi en annonçant de nouvelles mesures restrictives. Mais alors que la France "sort les rames" pour se sortir de cette seconde vague, comment nos voisins européens s'en sortent-ils ?

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L'Italie, marquée par la première vague

Mauvais élève lors de la première vague de contamination au coronavirus, l'Italie fait maintenant partie des premiers de la classe quant à la gestion de la crise sanitaire. Alors que la France dénombrait 10.000 nouvelles contaminations le 22 septembre, l'Italie en comptait un peu moins de 1400. Le nombre de personnes hospitalisées y est deux fois moins important que dans l'Hexagone, tandis que le nombre de lits de réanimation occupés est presque trois fois moindre.

Toutefois, l'Italie teste chaque semaine moins de patients qu'en France : environ 700.000, contre plus d'un million. Le port du masque, lui, n'est obligatoire dans les espaces publics qu'entre 18 heures et 6 heures du matin, sauf à Gênes où il doit être porté à toute heure du jour et de la nuit dans le centre historique et le grand port du nord-ouest depuis mercredi.

Pour expliquer ce faible nombre de contaminations, deux hypothèses. La première est qu'étant donné la virulence de l'épidémie et le nombre de morts comptabilisés dans le pays ces derniers mois, les Italiens sont restés marqués et respectent scrupuleusement le port du masque ainsi que les gestes barrières. La seconde hypothèse est que neuf personnes sur dix contaminées n'auraient pas été comptabilisées comme positives au Covid-19 au printemps, en raison du trop faible nombre de tests disponibles. Elles auraient malgré tout développé des anticorps qui les protègent aujourd'hui d'une nouvelle contamination. Une étude sérologique de l'Institut national italien des statistiques (Istat) rendue publique le 3 août, contredit cependant cette supposition. Menée entre le 25 mai et le 15 juillet sur 1482 million de personnes, elle montre que 2,5% de la population italienne a été infectée par le coronavirus.

La rentrée scolaire, qui n'a pas encore eu lieu dans tous les établissements, ainsi que la tenue d'un référendum et des élections régionales il y a quelques jours, où 20 millions d'Italiens étaient appelés aux urnes, pourraient cependant venir ternir prochainement les bons résultats du pays. Et alors que les voyages reprennent petit à petit, l’Italie s'apprête à imposer à tous les voyageurs en provenance de plusieurs régions françaises la présentation d’un résultat négatif de test au Covid-19 avant l’entrée sur son territoire, a annoncé lundi le ministre de la Santé du pays. Depuis le 14 août, les discothèques et les boîtes de nuit en plein air ou dans les hôtels sont par ailleurs fermées.

Madrid, centre de toute l'attention en Espagne

De son côté, l'Espagne se trouve dans une situation inquiétante. Le virus est particulièrement présent dans la région de Madrid où certains quartiers et les banlieues voisines présentent un taux de contamination supérieur à 1000 cas pour 100.000 habitants sur les deux dernières semaines. Un niveau que la présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso, a qualifié de "gravissime".

Pour tenter de maîtriser la situation, 37 secteurs sanitaires ont été définis par les autorités. Ils sont soumis depuis le début de la semaine à des "restrictions de la mobilité". 850.000 Madrilènes sont ainsi aujourd’hui tenus de justifier tout déplacement hors de leur quartier où les parcs sont fermés et où les bars et restaurants doivent baisser le rideau à 22 heures. Alors qu'une large part des contaminations actuelles est due à des réunions privées, des grands dîners de famille, les rassemblements sont, eux, limités à six personnes. Les autorités ont d'autre part fait savoir que des bataillons de l'armée allaient être déployés ces jours-ci dans les quartiers les plus touchés afin de faire passer 500.000 tests PCR. Le pays est pour le moment l'un des plus touchés d'Europe par le Covid-19.

Le Royaume-Uni, théâtre d'un durcissement des règles

Depuis lundi, le Royaume-Uni est passé au niveau d'alerte supérieur quant à l'épidémie de Covid-19. Les chefs des services médicaux du pays ont situé le niveau d’alerte au stade 4, qui correspond à un niveau de transmission "élevé ou augmentant de manière exponentielle" alors qu’elles étaient au stade 3 depuis juin. Alors que le pays est le plus endeuillé d'Europe, avec 42.000 morts, il voit actuellement les contaminations "doubler tous les sept jours", a fait savoir le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance lors d'un discours diffusé à la télévision. Elles sont actuellement d'environ 6000 par jour et les autorités sanitaires ont averti que sans "changement de cap", le pays risquait de voir se déclarer quotidiennement plus de 50.000 cas mi-octobre et déplorer plus de deux cents morts par jour mi-novembre.

Mardi, Boris Johnson a annoncé pour l'Angleterre de nouvelles restrictions pour enrayer l’épidémie, mettant en garde contre la possibilité de mesures "plus drastiques". Jusqu'ici assez peu portés dans le pays, les masques sont désormais obligatoires en lieu clos, tant dans les commerces que dans les taxis, ainsi que dans les lieux touristiques. Le nombre de personnes autorisées lors d'un mariage est limité à 15, et à 30 pour les obsèques. Le sport en salle, lui, est limité à six personnes. Les pubs, les bars et les restaurants doivent d'autre part fermer à 22 heures. Et tandis que le gouvernement britannique appelait il y a un mois les salariés à revenir travailler au bureau, la priorité est désormais donnée au télétravail. Selon le Premier ministre, ces restrictions pourraient durer durer six mois. En Irlande du Nord et l’Ecosse, qui disposent d’une autorité indépendante, il est d'autre part interdit d'inviter des gens chez soi. 

Au Portugal, le revers de la deuxième vague

Relativement épargné par le Covid-19 au printemps dernier, le Portugal subit désormais de plein fouet la réouverture de ses frontières aux touristes. "Nous observons depuis le début du mois d’août une hausse soutenue du nombre de nouveaux cas" quotidiens, a regretté début septembre le Premier ministre, Antonio Costa, devant la presse. La semaine passée, le pays enregistrait encore 4760 nouveaux cas et 43 décès, selon l'université John Hopkins.

Jeudi 10 septembre, le gouvernement a annoncé la réduction du nombre autorisé de personnes pouvant se réunir de 20 à 10, comme cela était déjà le cas à Lisbonne et dans sa banlieue depuis la fin juin. Comme dans la capitale, la vente de boissons alcoolisées est interdite partout à partir de 20 heures, de même que leur consommation dans les espaces publics. Les enceintes sportives ne peuvent, elles, plus accueillir de public.

L'Allemagne, sur le pied de guerre face au virus

Avec un peu plus de 12.000 cas avérés la semaine dernière, l'Allemagne est relativement épargnée par la pandémie. Le gouvernement souhaite cependant, pour éviter un engorgement des services hospitaliers, maintenir le niveau d'infection au plus bas. Le ministre de la Santé a ainsi appelé cette semaine les Allemands à télécharger et à utiliser en masse l'application mobile de traçage, déjà téléchargée par une personne sur cinq dans le pays.

Le pays compte aussi dès le mois de novembre avoir recours à des tests rapides d'antigènes, mettre en place des points d'accueil spécifiques pour les personnes présentant des symptômes spécifiques au virus et développer une nouvelle politique de quarantaine. Celle-ci sera moins longue que les quinze jours actuels mais plus stricte, notamment pour les voyageurs revenant des zones classées à risque. Sur cette liste, qui s'allonge jour après jour figure 14 des 27 Etats-membres de l'UE. Depuis jeudi, les habitants de Munich doivent par ailleurs se déplacer masqués dans le centre de la ville, confrontée à un pic d'infections. 

En Belgique, le relâchement général malgré des records de contaminations

La Belgique a connu la semaine passée un nouveau record de nouvelles contaminations, au nombre de 10.792. En dépit de la situation alarmante, le gouvernement a fait le choix, mercredi, d'assouplir les restrictions, estimant qu'elles seraient ainsi plus faciles à accepter et à appliquer par la population. Dès le 1er octobre, il ne sera ainsi plus obligatoire de porter un masque dans l'espace public, excepté dans les endroits "extrêmement fréquentés", les transports en commun, les cinémas ou les magasins et "quand les distances de sécurité ne peuvent pas être garanties", a expliqué la première ministre, Sophie Wilmes.

La "bulle de contact", soit le nombre de personnes que l’on pouvait voir en dehors du milieu familial, limitée à cinq personnes, n'est d'autre part plus d'actualité. Il est désormais simplement recommandé de limiter les contacts et de bien respecter les gestes barrières si l’on est trop proche. En privé, les réunions sont limitées à dix personnes maximum, tandis que les mariages et les autres fêtes privées pourront à nouveau être organisés, sans limitation du nombre de participants, à condition que les règles en vigueur pour les cafés et les restaurants y soient respectées.

Aux Pays-Bas, l'abandon du port du masque en dépit de la situation critique

Les Pays-Bas connaissent eux aussi un nombre de contaminations record, avec plus de 15.600 nouveaux cas avérés la semaine dernière. Amsterdam et Rotterdam sont les villes les plus touchées du pays. A l'image de la Belgique, les règles ont également été assouplies par le gouvernement. Le masque n'est obligatoire que dans les transports en commun, mais plus nulle part ailleurs, y compris dans les rues les plus fréquentées depuis début septembre. Cette décision a été prise face à l'indiscipline générale de la population. En juin dernier, des centaines de personnes avaient manifesté à La Haye contre les mesures destinées à contenir la propagation du nouveau coronavirus. 

Le pays avait adopté une approche de "confinement intelligent", qui permettait aux restaurants, cinémas, cafés, musées et terrasses de rester ouverts en respectant la distance réglementaire entre les clients, dont le nombre est limité à 30 par établissement. En août, le Premier ministre Mark Rutte avait demandé aux Néerlandais de ne pas organiser de fêtes chez eux et de limiter les réunions privées à 6 personnes. 

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