Quatre questions sur les essais de vaccin anti-Covid sur les enfants

Moderna teste son vaccin sur des enfants

TESTS - Après les adultes, les enfants, moins exposés au virus, devraient pouvoir bénéficier prochainement du vaccin. Le laboratoire américain Moderna a annoncé avoir démarré des essais sur plusieurs milliers d'entre eux, âgés de six mois à onze ans.

Dans un communiqué publié le 16 mars, la société de biotechnologie américaine Moderna a annoncé avoir débuté des essais de son vaccin anti-Covid sur plusieurs milliers d’enfants âgés de six mois à onze ans, aux États-Unis et au Canada. Après cette annonce, plusieurs questions se posent, notamment sur l'utilité d'élargir le processus de vaccination aux enfants ou encore comment se déroulent ces essais sur les plus jeunes enfants. Contacté par LCI, le Pr. Robert Cohen, pédiatre et infectiologue à l'hôpital de Créteil (Val-de-Marne), répond à toutes ces questions.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

LCI : Pourquoi effectuer des essais du vaccin sur les enfants qui sont, en théorie, moins susceptibles de contracter le virus ?

Pr. Cohen : C’est absolument indispensable de commencer des études chez l’enfant, pour plusieurs raisons. La première, c’est que les études d’efficacité et de tolérance chez l’adulte ne sont pas complètement extrapolables à l’enfant. Et comme, à un moment ou à un autre, si on veut que le virus arrête de circuler, de donner des variants, il va falloir qu’une grosse partie de la population soit vaccinée, alors il faut faire des études chez l’enfant, car on ne peut pas vacciner sans étude.

Le cheminement classique dans le processus d’un vaccin est le suivant : essais chez l’adulte, autorisation de vacciner chez l’adulte, essais sur les enfants et autorisation de vacciner chez l’enfant. Les enfants sont moins exposés au virus mais ils le sont quand même. Ils sont, en règle générale, deux à trois fois moins infectés que les adultes, mais cela reste beaucoup. 

À ma connaissance, il y a plus de 1.000 enfants qui ont été hospitalisés pour Covid, et au moins 300 sont passés en réanimation. En plus de l’intérêt collectif, il y a l’intérêt individuel de l’enfant à prendre en compte avec ces tests de vaccins. Toutes les études chez l’adulte, quel que soit le médicament ou le vaccin, doivent être vérifiées chez l’enfant, car ce n’est pas tout à fait un petit adulte.

Comment se déroule ces séances d’essais de vaccins pour les enfants ?

Ces séances d’essais de vaccins chez l’enfant sont extrêmement simples, elles se déroulent comme chez l'adulte (ndlr : d'abord évaluer la toxicité du vaccin, affiner son dosage et s'assurer de son efficacité). Quelle que soit l’étude chez l’enfant, ce dernier va bénéficier de la vaccination. On ne commande jamais d’études chez l’enfant sans les avoir faites chez l’adulte. Il y a un bénéfice individuel évident pour les enfants qui vont rentrer dans l’étude. Il n’y a pas un seul médicament autorisé chez l’enfant qui n’ait pas bénéficié d’études chez l’enfant. 

Comment fonctionne la logique de consentement avec de si jeunes patients ?

Évidemment, ce n’est pas le consentement éclairé de l’enfant qui est primordial, mais celui des parents. Quoique, dès l’âge de six ans, dès que les enfants sont capables d’écrire, il faut le consentement des parents mais aussi celui des enfants. On fait ça tous les jours, en France et dans le monde entier. Heureusement qu’on fait ces études, parce qu’autrement, les enfants n’auraient aucun médicament.

Depuis plus de vingt ans, il n’y a pas un médicament qui ait fait la preuve de son efficacité chez l’adulte qui ne bénéficie pas d’étude pédiatrique. C'est une obligation légale. Cela s’appelle un plan de développement pédiatrique et c’est obligatoire. On ne va pas se mettre à vacciner des millions d’enfants sans étude spécifique, ce serait complètement inéthique.

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Comment évaluer des effets secondaires du vaccin sur les jeunes enfants ?

C’est exactement comme chez l’adulte. Il y a, dans un premier temps, les effets indésirables courants, ça fait partie du protocole de surveillance de l’étude. Comme pour les adultes, on va surveiller la fièvre, prendre la température trois fois par jour, regarder leurs épaules, leurs bras, leurs cuisses, en fonction de l’âge de vaccination. Ensuite, il y a des effets indésirables plus rares. C’est la surveillance de la famille de l’enfant, pendant les trois mois qui suivent, qui permet de les mettre au jour.

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