Covid-19 : le variant sud-africain plus "toxique" que le britannique ?

Covid-19 : le variant sud-africain plus "toxique" que le britannique  ?

FOCUS - La mutation sud-africaine du nouveau coronavirus, dont un premier cas a été détecté en France le 31 décembre, serait la plus inquiétante de toutes sur le plan de la réponse immunitaire. Le point sur ce que l'on en sait.

Il ne fait pas autant parler de lui en France que son cousin britannique au centre des préoccupations depuis l'émergence de plusieurs clusters dont un "géant" à Marseille. Mais si l'on se réfère aux dernières précisions qui le concernent, le variant sud-africain du Covid-19, dont un premier cas a été détecté en France le 31 décembre, invite autant à la méfiance que le VoC 202012/01, nom scientifique du variant anglais. Ce mardi, le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy l'a notamment présenté au 20h de TF1 comme "probablement plus toxique que le virus anglais".

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Pour rappel, c'est à la veille de Noël que ce nouveau virus mutant connu sous le nom peu poétique de 501Y.V2 ou B.1.351 s'est immiscé sur le Vieux continent lorsque les autorités britanniques ont annoncé voir décelé une autre nouvelle variante du virus, quelques jours à peine après en avoir identifié une précédente. Lors d’une conférence de presse à l’OMS, Maria Van Kerkhove, épidémiologiste américaine en charge du dossier Covid au sein de l’organisme, y avait fait référence. "Il peut donner l’impression d’être le même que celui qui a été mis en évidence (il y a quelques jours) en Grande-Bretagne parce que ses mutations sont semblables, mais il est différent", avait-elle indiqué, précisant qu'"il présente les mêmes caractéristiques". En l'occurrence, l'un comme l'autre, se caractérisent par une mutation sur la protéine Spike, clé permettant au virus de s’accrocher aux cellules et d’y avoir accès.

Plus transmissible mais pas plus pathogène

Le variant sud-africain est décrit comme encore plus contagieux que le variant anglais dont on disait déjà lorsqu'il est apparu qu'il serait jusqu'à 70% plus contagieux que la forme classique du virus. "Ce nouveau variant est hautement préoccupant, parce qu’il est plus contagieux et semble avoir muté davantage que le nouveau variant qui a été identifié au Royaume-Uni", avait notamment déclaré le ministre de la Santé britannique Matt Hancock le 23 décembre. Au point que parallèlement aux restrictions de voyage mises en place "immédiatement", il avait en outre annoncé que quiconque a été en Afrique du Sud ou a été en "contact proche" avec quelqu'un qui est allé dans ce pays ces deux dernières semaines doit se mettre "immédiatement en quarantaine".  S'il se transmet encore plus facilement, il n'apparait pas comme étant plus pathogène et ne semble pas causer de formes plus graves de la maladie. Mais les scientifiques s'inquiètent qu'il soit moins facile à combattre. 

Un virus qui "échappe davantage aux anticorps"

"Il a une mutation située sur la protéine Spike, une pointe permettant de pénétrer dans les cellules et d'infecter les humains. C'est cette mutation qui fait que le virus échappe davantage aux anticorps", a expliqué dans une interview à l'AFP la bio-informaticienne Houriiyah Tegally qui mène des travaux de surveillance en génomie, au sein de l'équipe de pointe qui a identifié le variant sud-africain. "Ce nouveau variant pourrait aussi présenter un plus fort risque de ré-infection. Nous attendons d'avoir davantage d'éléments mais c'est une réelle inquiétude.", ajoute-t-elle.

Si tous les virus accumulent les mutations de manière naturelle, le variant sud-africain "semble avoir évolué beaucoup plus vite", explique-t-elle. Précisant que son origine n'est pas "complètement claire", elle avance que "la théorie la plus probable est qu'il soit venu de patients immuno-déprimés, dont le système immunitaire a plus de mal à supprimer les infections. Donc le virus se reproduit beaucoup plus chez ces patients, c'est ainsi qu'il peut se transmettre plus facilement." Et de préciser : "Il existe en Afrique du Sud un fort pourcentage de personnes immuno-déprimées, en particulier dans le sud-est du pays où ce variant a émergé, portant la deuxième vague."

A titre d'illustration, lorsque le variant sud-africain a été découvert en octobre, le pays recensait environ 2 000 cas de contamination par jour. Aujourd'hui, ce sont près de 20 000 nouveaux cas quotidiens qui sont enregistrés, le 501.V2 représentant aujourd’hui, près de 90 % des infections.

"Point d'interrogation" autour de l'efficacité du vaccin

Quid de l'efficacité des vaccins sur ce variant ? Selon John Bell, professeur de médecine à l’université d’Oxford, il existe un "gros point d’interrogation" autour de l’efficacité des vaccins contre la forme mutante sud-africaine de la Covid-19. Des copies du virus ont été envoyées à des laboratoires dans le monde entier pour des tests et Pfizer a publié des données indiquant que son vaccin fonctionne. 

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Soulignant qu'il s'agissait d'une "expérience très limitée", Houriiyah Tegally dit tout de même avoir "bon espoir car les vaccins sont censés être à large spectre". Si les retours n'étaient pas concluants, le patron de BioNTech s’est déjà montré rassurant, quant à la réponse à apporter aux variants dont le sud-africain, affirmant pouvoir recombiner son vaccin contre cette nouvelle souche ou une autre en six semaines s’il le fallait. "En principe la beauté de la technologie de l'ARN messager est que nous pouvons directement commencer à concevoir un vaccin qui imite complètement la nouvelle mutation", a ainsi souligné Ugur Sahin, co-dirigeant de BioNTech, lors d'une conférence de presse.

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