Faut-il généraliser la 3e dose ? "La priorité numéro un, c'est d'abord d'aller vers les non-vaccinés", pour Catherine Hill

Le Conseil scientifique et le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale préconisent une généralisation de la troisième dose à tous les adultes de plus de 18 ans. Est-ce une solution efficace ? Les stocks de vaccins seront-ils suffisants ?

INTERVIEW - Vendredi, la Haute Autorité de Santé a donné son feu vert à la troisième dose pour les plus de 40 ans, accélérant cette campagne vaccinale partie avec un peu de retard. Pour l'épidémiologiste Catherine Hill, l'urgence, c'est plutôt d'aller vers les 6 millions de Français pas encore vaccinés.

Alors que le maire de Nice Christian Estrosi décide ce lundi d'ouvrir le rappel vaccinal à toute sa population en décembre, faut-il accélérer la campagne partout en France ? À ce jour, seuls les 65 ans et plus peuvent recevoir leur troisième injection, bientôt rejoints par les plus de 50 ans à partir du 1er décembre. Au total, un peu plus de 5,6 millions de Français ont reçu leur rappel, d'après les derniers chiffres du ministère de la Santé.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Mais dans son avis du 19 novembre, la Haute autorité de Santé (HAS) ouvre une brèche : et si les 40 ans et plus s'y mettaient aussi ? Ce lundi, le conseil de scientifique va plus loin et invite à "envisager un rappel vaccinal pour l'ensemble de la population adulte, six mois après la primovaccination". Epidémiologiste à l'institut Gustave-Roussy, Catherine Hill ne s'y oppose pas mais pointe d'autres priorités.

À quoi sert le rappel vaccinal ?

En vous faisant vacciner, vous recherchez la diminution des symptômes, vous voulez réduire vos risques d'aller en réanimation ou de mourir. Effectivement, les études prouvent qu'après six mois, le taux de protection du vaccin baisse sensiblement. Mais vous devenez alors plus vulnérable à la contagiosité du Covid-19. La protection contre le risque de maladie grave, elle, persiste. En clair, en recevant le rappel vaccinal, vous augmentez à nouveau votre protection contre le Covid.

La priorité, c'est d'aller vers les gens qui ne sont pas encore vaccinés- Catherine Hill, épidémiologiste à l'institut Gustave-Roussy

Faut-il étendre la campagne de rappel vaccinal ?

Dans cette logique, effectivement, cela ne fait pas de mal ! Mais il faudrait d'abord accentuer la campagne de vaccination des personnes pas vaccinées du tout. En France, vous avez encore 6 millions de personnes de 12 ans et plus qui n'ont reçu aucune injection, ce à quoi, vous ajoutez les 9,4 millions d'enfants de moins de 12 ans non-autorisés à recevoir de dose. In fine, 15,4 millions de Français sont non-vaccinés dont 13% des 80 ans et plus qui n'ont pas reçu d'injection. Souvent, parce que pas assez mobiles ou pas assez connectés. Qu'est-ce qu'on attend ? C'est ridicule. Alors avant le rappel, la priorité numéro 1, c'est d'aller vers les gens qui n'ont pas été vaccinés. Ce que ne parvient pas à faire la campagne de vaccination qui se contente de convaincre ceux qui ont déjà reçu deux doses de vaccin d'en prendre une troisième.

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Quel serait le public prioritaire auprès duquel il faudrait généraliser le rappel ?

Si l'efficacité recherchée du rappel est de diminuer la contagiosité, il est de bon ton de l'autoriser, quel que soit l'âge ! Si au contraire, l'intérêt est de réduire les risques de développer une forme grave du Covid-19, seuls les plus âgés devraient être concernés.

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