Covid-19 : faut-il parler de quatrième ou de cinquième vague de l'épidémie ?

Covid-19 : faut-il parler de quatrième ou de cinquième vague de l'épidémie ?

CRISE SANITAIRE - Le gouvernement français met en garde contre l'avancée de la "cinquième vague" de Covid-19, quand l'Agence européenne des médicaments ou l'Allemagne parlent de "quatrième vague". Comment expliquer cette différence entre les termes ?

L'Europe à nouveau au défi des contaminations. Depuis plusieurs semaines, le nombre de cas de Covid-19 ne cesse d'augmenter sur tout le continent, notamment à l'est et au Royaume-Uni. Désormais, aucun pays ne semble épargné par cette nouvelle vague, même si quelques-uns (Ukraine, Roumanie, Serbie...) voient celle-ci décroître peu à peu ces derniers jours. 

En France, le Conseil scientifique met en garde face à "une cinquième vague qui s'est nettement accélérée au cours des derniers jours". Ailleurs en Europe, c'est la "quatrième vague" qui inquiète, selon les mots de l'Agence européenne du médicament ou encore des autorités allemandes.

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La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Depuis le début de la pandémie, la France a effectivement déjà connu quatre vagues distinctes. La première en mars 2020, lors du premier confinement (le nombre de cas était alors sous-estimé en raison du faible dépistage réalisé). La deuxième en novembre 2020, lors du deuxième confinement. Puis une troisième, au printemps dernier, qui avait abouti à un confinement "allégé". Enfin, la quatrième, au cœur de l'été, endiguée sans restrictions, hormis le pass sanitaire.

Entre chaque vague, le nombre de cas est redescendu sous les 5000 en moyenne... sauf entre la deuxième et la troisième. 10.000 contaminations étaient alors enregistrées en moyenne au moment des fêtes en 2020, avant une remontée progressive jusqu'au pic du mois d'avril. Mais chaque vague reste clairement visible (voir graphique ci-dessous).

En Europe, la tendance a longtemps été similaire : une décrue avant l'été 2020, une remontée des cas l'hiver dernier, une baisse tout au long du mois de février, puis une nouvelle hausse en avril, avant une dernière baisse au mois de juin. Submergé par le variant Delta, le continent a ensuite subi une nouvelle hausse cet été. Mais, si le nombre de cas a diminué en France avant la rentrée, ce n'est pas le cas chez beaucoup de nos voisins.

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En Allemagne par exemple, les contaminations se sont stabilisées en août, avant de repartir à la hausse ces dernières semaines. Même situation en Suède, en Grèce ou encore en Bulgarie. Certains pays, comme la Pologne ou la Roumanie, ont même dû attendre la fin du mois d'août ou le mois de septembre pour connaître une remontée. Pour tous ces pays, et pour l'Europe en général (hormis la France donc, mais aussi l'Espagne ou le Portugal), la résurgence actuelle de l'épidémie n'est ainsi rien d'autre que la quatrième vague amorcée cet été.

Pour l'épidémiologiste Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, une vague ne se caractérise pas uniquement pas une augmentation des contaminations puis une baisse. "À chaque fois, il y a une bonne raison" pour que les cas repartent à la hausse, expliquait-il le mois dernier à LCI. "Lors de la première vague, il n'y avait pas de mesure barrière. Lors de la deuxième, on s'est complètement relâché à l'été 2020. Lors de la troisième, le variant anglais, plus transmissible, est arrivé. Et lors de la quatrième, il y a eu le variant Delta, encore plus contagieux."

Autant de raisons qui ont conduit à caractériser chaque hausse des cas comme une vague. Mais cette fois, aucun nouvel élément n'entre en compte. "Ce que nous voyons, ce sont toujours les éléments de la quatrième vague", indiquait alors Philippe Amouyel. "La cinquième vague arrivera si nous rencontrons un nouveau variant. Mais actuellement, nous nous battons toujours contre le même."

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