Faut-il vacciner aussi les enfants ? Alain Fischer n'exclut pas cette possibilité

La campagne de vaccination sera progressivement élargie en France.

STRATÉGIE - Dans une interview publiée dans Le Parisien samedi, le professeur Alain Fischer, "Monsieur vaccin" de l'exécutif, indique qu'il "faudra peut-être un jour vacciner les enfants" en raison des variants. Ceux-ci semblent en effet ne pas épargner les plus jeunes.

Voilà bientôt un mois que la campagne vaccinale française contre le Covid-19 a été lancée. Depuis quelques jours, la cadence des injections s'accélère, le pays espérant atteindre au plus vite l'immunité collective, Saint-Graal de ces nombreux mois passés à subir et souffrir du virus. Mais cela est sans compter sur les retards de livraisons des vaccins, annoncés vendredi par Pfizer, mais aussi sur les multiples variants qui circulent désormais dans le monde et dans l'Hexagone. À ce jour, deux d'entre eux, le variant anglais et le variant sud-africain, ont été repérés sur le territoire. Dans une interview publiée ce samedi par Le Parisien, le professeur Alain Fischer, nommé par le gouvernement pour le conseiller sur la stratégie vaccinale, estime que leur apparition pourrait un jour pousser la France à vacciner les enfants.

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"Peut-être un jour faudra-t-il vacciner les enfants. En Grande-Bretagne, on cherche à savoir si leur taux d'infection plus important est lié à ce variant. Si cela se confirme et que les enfants transmettent le virus, la question se posera", affirme-t-il dans les colonnes du journal. Selon le dernier bulletin épidémiologique de Santé publique France, le taux de positivité des enfants ne cesse de grimper. Il culminait le 13 janvier à 10% chez les moins de 10 ans et 8,5% chez les 10-19 ans, contre moins de 3 % dix jours plus tôt.

Face à cette flambée, le variant anglais, qui serait 40 à 70% plus contagieux que le variant du Covid-19 qui circule en France, est au cœur des soupçons. Et ce  d'autant qu'un cluster lié à cette variante a été mis au jour dans une école de Bagneux en région parisienne. Jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé avoir "monté un protocole qui vise à dépister jusqu'à un million d'enfants et d'enseignants par mois".

Une stratégie et des vaccins en évolution constante

"Des variants, on le sait, il y en aura d'autres", explique le professeur Fischer. Pour pallier cela, ainsi que les aléas de la campagne de vaccination, le schéma de la stratégie vaccinale est amené à bouger sans cesse. Jeudi, celui-ci a déjà changé, avec une nouvelle liste des personnes prioritaires. Lors de son allocution, Jean Castex a annoncé l'ouverture dès lundi de la vaccination aux personnes fragiles, peu importe leur âge.

Outre les plus de 75 ans, près de 800.000 personnes atteintes de maladies graves pourront donc recevoir le sérum contre le Covid-19. Parmi elles, "les personnes souffrant d'insuffisance rénale sévère, celles ayant été transplantées d'un organe, les personnes sous traitement pour un cancer ou encore celles atteintes de trisomie 21", a détaillé le ministre de la Santé Olivier Véran lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement. La liste comprend également certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d'infection. Enfin, les individus atteints de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d'organes sont aussi inclus dans ce dispositif.

Les vaccins, eux aussi, seront amenés à évoluer. Si pour le britannique, "les données sont rassurantes, bien qu'il faille les confirmer", estime Alain Pfizer, les scientifiques ne sont pas encore certains que les vaccins actuellement développés puissent protéger du variant sud-africain et du variant brésilien. "En fonction de ces nouvelles souches, il n'est pas exclu que les vaccins évoluent ou qu'il faille les refaire si cela est nécessaire", explique-t-il.

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