Retour du froid et arrivée de l'hiver : que sait-on de l'impact de la météo sur la diffusion du Covid ?

Les chercheurs observent une corrélation entre les saisons et la propagation des virus.

LES VÉRIFICATEURS AVEC L'INSERM - Alors que se profile une nouvelle vague épidémique, on constate une augmentation des cas en même temps que baissent les températures. Ce n'est pas un hasard, expliquent les chercheurs, même si la météo n'est pas un facteur unique à prendre en compte.

Le retour du froid signifie-t-il nécessairement une remontée des cas de Covid ? Alors que l'automne s'est installé et que les températures ont chuté dans l'Hexagone, on voit se dessiner une nouvelle vague de l'épidémie, à l'instar de celle observée à la même époque l'an passé. Est-ce vraiment surprenant ? Même avant l'arrivée du SARS-CoV-2, on constatait que le retour de la grippe saisonnière coïncidait toujours avec la fin des beaux jours et l'entrée dans une période plus froide.

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Pour tenter de saisir le rôle joué par la météo et son influence sur les contaminations, LCI a sollicité le virologue Bruno Lina, chercheur au Centre international de recherche en infectiologie de Lyon (Inserm, Université Lyon 1, CNRS, ENS Lyon). De quoi mieux appréhender les mécanismes qui conduisent en hiver à une augmentation de la transmission du virus.

Notre corps fragilisé

Lorsque l'on s'intéresse aux virus dit "enveloppés", tels que ceux de la grippe saisonnière ou du Covid, on constate "grâce à des études que certaines conditions climatiques favorisent la transmission et le maintien de l'infectiosité dans l'environnement", glisse Bruno Lina. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, un froid intense n'est pas le plus à craindre : "Les conditions optimales sont plutôt observées avec une température par trop froide ni trop chaude, aux alentours des 10-12 degrés. Ainsi qu'avec un niveau d'humidité significatif". En l'occurrence, "on pourrait prendre en exemple la météo que l'on observe actuellement en France", indique le virologue. 

Ces conditions favorisent la transmission du virus, notamment parce que ce dernier se propage "essentiellement de manière aéroportée". Il est ainsi transporté plus facilement "par les gouttelettes d'eau qui se trouvent dans l'air", et s'accommode particulièrement bien d'une atmosphère assez humide. Un froid très sec, en revanche, ne sera pas aussi adapté à une large circulation.

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Pour mieux comprendre la diffusion plus marquée du virus durant l'automne et l'hiver, Bruno Lina invite à se pencher sur le rôle et le fonctionnement de notre nez. L'une de ses missions consiste en effet à réchauffer l'air que nous inspirons, pour faciliter la captation de l'oxygène par les alvéoles pulmonaires et assurer sa pénétration dans nos globules rouges. Le nez agit ainsi "comme un système de chauffage ou de climatisation", notre organisme organisant le réchauffement de l'air "par un transfert d'eau". Pour résumer, nous allons "réchauffer la surface des muqueuses, qui va créer une forme d'humidité". Or ce processus entraîne "une fragilisation de la muqueuse nasale", note le spécialiste, "qui s'assèche à cause de ce transfert d'eau, ce qui conduit à voir le mucus et les barrières naturelles contre les infections à se fragiliser". En été, bien moins sollicité en raison des températures de l'air plus élevées, notre système respiratoire se trouve ainsi moins exposé et vulnérable.

L'influence majeure de nos comportements

La différence observée entre l'été et l'hiver en matière de transmission peut être mesurée. L'étude du R0, ou taux de reproduction du virus, est en effet réalisée avec attention. Si bien que Bruno Lina mentionne des variations majeures, de l'ordre de 40% et qui illustrent l'impact notable de l'hiver.

Si des éléments physiologiques entrent en ligne de compte, le virologue estime toutefois qu'il faut aussi s'intéresser à un impact indirect des baisses de température. Sur nos comportements en particulier. "Lorsqu'il fait froid et qu'il pleut, on passe la majeure partie de notre temps à l'intérieur, dans des environnements confinés. Cela entraîne une plus grande proximité avec les autres et facilite logiquement une plus grande transmission."

Quoi qu'il en soit, et bien que bien la période hivernale soit plus propice à une circulation accentuée du virus, Bruno Lina rappelle que la météo n'est qu'une composante parmi d'autres à prendre en considération. Rien n'empêche ainsi le virus de circuler durant la période estivale "comme a pu l'affirmer à tort Donald Trump à une époque".

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