Covid-19 et grossesse : des risques accrus pour la maman, pas d'effet sur le cerveau du bébé

Covid-19 et grossesse : des risques accrus pour la maman, pas d'effet sur le cerveau du bébé

MATERNITÉ - Deux études, parues mardi 30 mardi 30 novembre, éclairent sur les conséquences du Covid-19 pendant la grossesse. Une infection augmenterait les risques de complications chez les futures mamans, mais n'aurait toutefois pas de conséquence sur le développement du cerveau du fœtus.

"Il est prouvé que la vaccination protège la femme enceinte." Le 17 novembre dernier, les sociétés savantes de gynécologie insistaient sur l'importance pour les futures mamans, plus vulnérables et ayant une immunité amoindrie, d'être immunisées contre le Covid-19. "Des études ont montré que les femmes enceintes vaccinées sont moins souvent infectées", soulignaient le Groupe de recherche sur les infections pendant la grossesse (GRIG) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) dans un communiqué qu'ils ont cosigné. Mieux vaut donc être vaccinée avant ou pendant la grossesse. 

Une étude, publiée dans la revue PLOS Medicine, et rapportée par Le Parisien, mardi 30 novembre, tend ainsi à prouver que les femmes enceintes, qui contracteraient le SRAS-CoV-2, seraient plus à même de rencontrer des complications au cours de la grossesse et de l'accouchement. S'appuyant sur la base de données française des hospitalisations, les chercheurs ont étudié les près de 245.000 naissances sur la période de janvier à juin 2020. Les facteurs de risque, liés au Covid, ont été pris en compte, comme l'âge de la future mère, l'obésité ou encore les antécédents de diabète et d'hypertension.

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Un risque accru de morbidité obstétricale

Il résulte plusieurs enseignements de ces travaux. Ainsi, les femmes enceintes d'au moins 22 semaines, diagnostiquées positives, "étaient plus susceptibles" d'être plus âgées, d'avoir de l'obésité, une grossesse multiple et des antécédents d'hypertension. Par rapport au groupe non-covidé, elles "avaient une fréquence plus élevée d'admission en unité de soins intensifs (5,9 % contre 0,1%), de mortalité (0,2% contre 0,005%), de prééclampsie/éclampsie (4,8% contre 2,2%), d'hypertension gestationnelle (2,3% contre 1,3%), d'hémorragie péripartum et post-partum (10,0% contre 5,7%)." Selon l'étude, une infection par le Covid-19 est aussi juxtaposée à un plus grand nombre d'accouchements prématurés et de césariennes. 

Jusqu'à présent, "aucune étude n'a évalué de manière exhaustive l'association entre les morbidités maternelles et la maladie au cours de la première vague de la pandémie chez les femmes enceintes", assurent le groupe de scientifiques à l'origine de ces découvertes, dont une partie travaille à l'université de Paris. Dès lors, "ces résultats suggèrent que les femmes enceintes atteintes du Covid-19 peuvent avoir un risque accru de morbidité obstétricale par rapport aux témoins enceintes non Covid-19."

"Bien que la causalité ne puisse être établie", les complications iraient bien de pairs avec le SRAS-CoV-2. "La grossesse s'apparente à une forme d'immunodépression", note Jade Ghosn, médecin-infectiologue à l'hôpital Bichat à Paris et co-auteure de l'étude, dans Le Parisien. D'où une incitation à la vaccination. "Ces résultats soulèvent la possibilité que la vaccination, qui peut être proposée aux femmes enceintes à partir du deuxième trimestre selon les recommandations de plusieurs autorités de santé, puisse être utile pour protéger les femmes des excès de risque obstétricaux", peut-on lire dans la synthèse.

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Par ailleurs, l'impact de la maladie sur un bébé à naître était jusque-là peu compris. Une étude de la Radiological Society of North America (RSNA), mise en ligne le même jour, démontrerait qu'il n'y a "aucune preuve" qu'une infection maternelle par le Covid-19 ait "un effet sur le développement du cerveau" d'un futur nouveau-né. Après avoir analysé les IRM fœtales de 33 patientes infectées, à 28 semaines de grossesse en moyenne, il a été établi que le développement du cerveau dans les zones évaluées était comparable avec les autres fœtus. "Ce fait devrait aider à rassurer les parents touchés", explique Sophia Stoecklein, médecin-cheffe du département de radiologie à l'université Ludwig-Maximilian de Munich. Les chercheurs suivront les patients "jusqu'à l'âge de cinq ans", avec une évaluation néonatale détaillée et une autre du développement neurologique.

Toutefois, seules les futures mères présentant des symptômes légers à modérés et sans hospitalisation ont été incluses dans l'étude, a averti son auteure principale. "Étant donné que l'impact d'une infection grave sur le développement du cerveau chez le fœtus n'a pas été déterminé de manière concluante, la protection active contre l'infection par le SRAS-CoV-2 pendant la grossesse reste importante. (...) Jusqu'à présent, la vaccination est la protection la plus prometteuse contre Covid-19", a-t-elle ajouté. "Tous les effets secondaires potentiels sont gérables, même chez les femmes enceintes. Par conséquent, malgré les résultats encourageants de notre étude, les femmes enceintes devraient sérieusement envisager la vaccination."

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