En Italie, en Australie, au Royaume-Uni : les confinements locaux ont-ils déjà fait leurs preuves ?

En Italie, en Australie, au Royaume-Uni : les confinements locaux ont-ils déjà fait leurs preuves ?

RESTRICTION - La France est désormais entrée dans une stratégie de mesures territorialisées en fonction de la situation sanitaire locale. Depuis ce vendredi, des confinements locaux sont organisés. Ont-ils déjà fait leur preuve depuis le début de la pandémie ?

Le coup d'envoi des confinements partiels et localisés a été donné. Depuis ce vendredi à 18h, à Dunkerque et la communauté de communes des Hauts de Flandres, comme les villes de l'aire urbaine littorale des Alpes-Maritimes, la mesure est entrée en vigueur, pour au moins deux week-ends. La veille, le Premier ministre Jean Castex avait indiqué que 20 départements étaient désormais placés sous "surveillance renforcée", avec des restrictions similaires pouvant s'appliquer dès le week-end du 6 mars. Mais de telles mesures ont-elles déjà fait leur preuve ?

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Depuis le début de la pandémie, des confinements locaux ont déjà été mis en place aux quatre coins de la planète. La ville de Vo' Euganeo, en Italie, a été l'une des toutes premières à l'expérimenter, il y a un an. Au moment du premier décès dans la ville (qui est aussi le premier décès provoqué par le coronavirus en Europe), la commune d'à peine 3500 habitants avait décrété un confinement de 14 jours à l'échelle de la municipalité.

Et selon les chiffres, celui-ci s'est avéré efficace. Une étude publiée quelques mois plus tard a montré que le confinement avait permis de réduire sensiblement la transmission du virus. Le R0, à savoir le taux de reproduction du virus (nombre de personnes que contamine en moyenne un malade), était passé de 2,49 à 0,41 en deux semaines. Mais nous étions alors au tout début de l’épidémie – et non à un moment où le virus circulait massivement comme aujourd'hui en France – et ce confinement avait été associé à un dépistage massif de la population.

Efficace en Australie, plus compliqué en Espagne

De l'autre côté de la planète, à Melbourne (Australie), un confinement a été décrété mi-février 2021 pour tous les habitants de l'État de Victoria, le deuxième le plus peuplé du pays. Une mesure pour éviter une résurgence de l'épidémie, après la découverte d'un cluster du variant britannique dans un hôtel où les voyageurs revenant de l'étranger effectuaient leur quarantaine. Au total, 19 cas de contamination avaient été recensés, mais aucun nouveau n'avait été signalé cinq jours plus tard, et la mesure avait été levée. Une situation toutefois très éloignée de celle vécue en France, l'Australie prônant une stratégie "zéro Covid".

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En Europe, les confinements locaux ont également été le quotidien de nombreuses populations. En Espagne, depuis l'été dernier, la Catalogne connaît un "stop and go" permanent, à savoir une alternance entre périodes de confinement et d'autres de liberté. Dernièrement, en janvier, une dizaine de jours de confinement ont été imposés, mais ils n'ont pas permis de faire baisser les contaminations. Même résultat à Madrid, malgré la fermeture de certains quartiers durant un mois. La mesure a d'ailleurs fini par être retoquée par la justice.

Une mesure déjà mise en place en France

L'Angleterre a aussi tenté une stratégie de confinements locaux, comme à Leicester. La ville située entre Londres et Manchester concentrait en effet 10% des cas, et a été coupée des communes voisines. Sans succès, puisque l'expérience s'est terminée alors que les chiffres avaient à peine commencé à baisser.

Enfin, avant Dunkerque et le littoral niçois, la France a déjà expérimenté un confinement local. C'était en Guyane, dans la commune de Camopi, en octobre. Le confinement total, avec fermeture des écoles, avait d'abord été décrété pour deux semaines, alors que 136 cas avaient été enregistrés, et que le taux d'incidence dans la ville atteignait 7514 au 1er octobre. Il avait finalement été prolongé de deux semaines. Fin octobre, une dizaine de cas avaient été recensés dans la ville.

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