Covid-19 : Jean Castex a-t-il menti en affirmant que le vaccin empêchait les contaminations ?

Covid-19 : Jean Castex a-t-il menti en affirmant que le vaccin empêchait les contaminations ?

COVID - Marine Le Pen a dénoncé les "mensonges" du gouvernement sur la vaccination, évoquant d'anciens propos de Jean Castex sur l'absence de risque de transmission du virus. Mais depuis ces déclarations, l'efficacité du sérum a été réévaluée.

C’est au tour du Premier ministre, Jean Castex, d’être positif au Covid-19 malgré ses deux doses d’AstraZeneca administrées l’été dernier. Il n’en fallait pas plus pour que les opposants aux vaccins fassent de son cas un nouvel argument en leur faveur. Si Marine Le Pen n’est pas antivax - elle est vaccinée contre le Covid et reconnait publiquement l’efficacité contre les formes graves de la maladie -, elle s’est toutefois saisie de cette actualité pour dénoncer les "mensonges" et les "énormités" du gouvernement sur le sujet de la vaccination. 

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Invitée ce mardi 23 novembre sur France Inter, la candidate à la présidentielle et cheffe de file du Rassemblement national a ciblé un moment en particulier : "J’entendais encore M. Castex ce matin en replay nous expliquer que le vaccin allait empêcher d’attraper le Covid et de contaminer les autres. C’était un mensonge. Pourquoi mentir à la population ?". Difficile cependant de parler de "mensonges" de la part du gouvernement : c'est le contexte qu'il convient de resituer. 

Des cas contacts plus obligés de s'isoler dès juillet

Marine Le Pen a fait ici référence à un passage télévisé de Jean Castex datant du 21 juillet dernier. Voici ce qu’avançait le chef du gouvernement, en direct du plateau de TF1 : "La vaccination, ça marche. On a constaté que les personnes qui ont deux doses, jusqu’alors, lorsqu’elles croisaient une personne qui était contaminée, devaient être cas contact et s’isoler. Les analyses faites sur ces personnes montrent qu’elles n’ont plus de chances d’attraper la maladie. Donc nous allons dès cet après-midi supprimer l’obligation qui est faite d’être cas contact". Une affirmation servant alors d’argument pour ne plus lier au statut de cas contact l’obligation de s’isoler pendant dix jours. Et inciter les Français à se vacciner. 

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Quand Castex disait que le vaccin protégeait des contaminations

À cette période, le gouvernement misait déjà beaucoup sur la campagne de vaccination, qu'il voyait comme la seule solution pour venir à bout de l’épidémie. Le 8 juillet, Olivier Véran évoquait par exemple le vaccin "100% efficace contre le confinement" (affirmation que nous avons recontextualisé ici) et le 12 du même mois, Emmanuel Macron annonçait le pass sanitaire dans les établissements de loisirs et l’obligation vaccinale des soignants. Voilà pour le contexte politique. 

Maintenant, que savait-on à la mi-juillet, lorsque Jean Castex a prononcé cette phrase sur le plateau de TF1, sur l’efficacité vaccinale à la lumière du variant Delta ? Que disait la science au sujet des bénéfices du vaccin sur le risque de contamination ? 

60% d'efficacité pour AstraZeneca, 88% pour Pfizer

Le 6 juillet, le Conseil scientifique faisait le point sur l’état des connaissances scientifiques, dans un avis remis au gouvernement. Il constatait alors que "l'efficacité des vaccins contre le variant B.1.617.2 (Delta) n'a pas pu être testée formellement lors des essais cliniques, le variant Delta ne circulant pas à l'époque où la plupart des essais cliniques ont été réalisés. Les données dont nous disposons pour évaluer l'efficacité vaccinale viennent d'études de laboratoire et d'études en 'vie réelle' chez des personnes ayant été vaccinées par les vaccins Pfizer et Astra-Zeneca au Royaume-Uni". 

À partir des observations faites en laboratoire, le Conseil scientifique décrivait "une capacité neutralisante contre le variant Delta modérément ou fortement diminuée". À partir des observations des vaccinés au Royaume-Uni, le Conseil scientifique relevait des "estimations d'efficacité vaccinale en vie réelle contre les formes symptomatiques" de "33% et 60% après une et deux doses d'Astra-Zeneca, respectivement ; et 33% et 88% après une et deux doses de Pfizer, respectivement". 

Une protection pas totalement garantie, donc, mais déjà très haute contre le risque de faire une forme symptomatique de la maladie. Or, on le sait, l’immunité acquise par la vaccination diminue avec le temps et a été fragilisée par le variant Delta, bien plus contagieux que la souche originelle. 

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Voici ce qu'en disait le Conseil scientifique le 5 octobre dernier, dans un nouvel avis rendu public, à la lumière des nouvelles connaissances à disposition : "Les données récentes dont nous disposons d'Israël, des États-Unis, et du Royaume-Uni montrent une baisse d'efficacité vaccinale contre l'infection symptomatique par le variant Delta avec une protection qui passe de 90% deux mois après la deuxième dose à 50% six mois après la deuxième dose". Le Conseil scientifique a expliqué cette réduction de l’effet du vaccin sur l’infection par "le résultat combiné d'une diminution de la concentration des anticorps neutralisants circulants, et de ‘l'agressivité’ du variant Delta" caractérisée par une période d’"incubation plus courte" et "des charges virales plus élevées".

Ceci étant, l’efficacité des vaccins reste probante sur le risque de développer une forme grave du Covid et d’être hospitalisé : celle-ci est encore évaluée à 90% six mois après une deuxième dose, a rappelé le Conseil scientifique dans cette même note, contre une protection estimée cet été à 96% dans le cas du vaccin Pfizer.

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