Covid-19 : Jean Castex observe une "montée des eaux préoccupante"

Le premier ministre Jean Castex

ÉPIDÉMIE - En visite dans un hôpital de banlieue parisienne, le Premier ministre a dressé un tableau peu flatteur de la situation sanitaire en France à la veille d'un nouveau conseil de défense.

La métaphore maritime était de mise. En visite dans un centre hospitalier d'Argenteuil (Val-d'Oise) mardi, en début de soirée, le Premier ministre Jean Castex a dit observer une "montée des eaux préoccupante" du Covid-19 à l'occasion d'échanges avec le personnel soignant. Depuis plusieurs jours, les chiffres ne sont pas bons en Île-de-France. Le nombre de nouveaux cas quotidiens (en moyenne sur la semaine écoulée) augmente nettement dans la région.

Une situation qui se ressent jusque dans les coursives de l'hôpital d'Argenteuil où quelque 70 lits sont consacrés à l'hospitalisation des malades du Covid-19. Si l'on est loin des 240 lits occupés en mars et avril 2020, au plus fort de la première vague, la cheffe des urgences a fait part de ses préoccupations au chef du gouvernement.  "Ça augmente doucement, mais sûrement", a répondu Catherine Le Gall. "On avait 50 malades du Covid début janvier par semaine, puis on est passés à 75, puis on est passé à 100, et là on est à 125." En Île-de-France, le taux d'incidence du Covid-19 avait légèrement augmenté mardi, avec 277,2 cas pour 100 000 habitants, contre 269,7 la veille. 

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Résultat : le personnel hospitalier est épuisé au terme d'une année de combat contre le virus. Selon Catherine Le Gall, l'absentéisme est devenu monnaie courante parmi les soignants. "C'est une guerre d'usure (...) c'est intense dans la durée", a ajouté la cheffe des urgentistes de l'hôpital, inquiète par cette "marée montante" et le "taux élevé d'hospitalisation". 5055 patients étaient hospitalisés en Île-de-France mardi, contre 5 030 la veille, selon les chiffres de l'Agence régionale de santé (ARS). 798 d'entre eux étaient en réanimation.

Le directeur de l'hôpital, Bertrand Martin, a profité de la présence de Jean Castex pour plaider en faveur du vaccin obligatoire, soulignant notamment le faible taux de vaccination (30%) parmi le personnel soignant, alors que selon lui, le nombre de doses disponibles n'est "pas le sujet". "On a beau déployer la vaccination, si les gens ne se font pas vacciner, à commencer par les soignants, cela apporte du trouble, a reconnu le Premier ministre, rappelant au passage que le vaccin restait "la principale arme" reconnue par les épidémiologistes face au virus.

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Après la région niçoise, le département du Nord et toute l'Ile-de-France font face à une recrudescence inquiétante de l'épidémie, avec des taux d'incidence largement supérieurs aux seuils d'alerte fixés par le gouvernement depuis plusieurs mois. 

Des regains localisés qui ont conduit l'exécutif à ordonner, lundi, un confinement inédit les deux prochains week-ends dans les Alpes-Maritimes. D'autres "mesures de freinage" sont attendues à Dunkerque mercredi où le ministre de la Santé doit se rendre dans l'après-midi pour échanger avec des élus locaux. De nouvelles mesures pourraient être décidées mercredi matin lors d'un conseil de défense et annoncées en conférence de presse dès jeudi.

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