Covid-19 : la pandémie n'a fait qu'aggraver l'âgisme ambiant

FRANCK FIFE / AFP

ALERTE - La pandémie de Covid-19 a amplifié les stéréotypes, préjudices et discriminations liées à l'âge, met en garde l'ONU jeudi dans son tout premier rapport consacré à l'âgisme.

La pandémie n'a fait qu'exacerber les stéréotypes, préjudices et discriminations liées à l'âge. C'est ce que souligne le tout premier rapport de l'ONU consacré à l'âgisme publié ce jeudi. Pour tenter de mieux saisir ce phénomène, alors que l'âge est l'une des premières choses que nous remarquons chez l'autre, quatre agences de l'ONU se sont unies pour produire ce document de 203 pages qui tente d'en balayer tous les aspects.

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Covid-19 : déjà un an de pandémie...

"On parle d'âgisme lorsque l’âge est utilisé pour catégoriser et diviser les personnes de telles façons qu'elles subissent des préjudices et des injustices, qu'elles sont désavantagées et ce phénomène réduit la solidarité entre les générations", note le rapport, en soulignant à quel point le problème infuse toutes les sociétés dans tous les domaines.

"Les jeunes présentés comme invincibles"

"Les personnes âgées ont souvent été vues comme uniformément frêles et vulnérables, alors que les jeunes sont présentés comme invincibles, ou imprudents et irresponsables", écrivent dans une lettre commune Tedros Adhanom Ghebreyesus, le patron de l'OMS, Michelle Bachelet, la plus haute responsable de l'ONU pour les droits de l'homme, Liu Zhenmin, en charge des affaires économiques et sociales de l'ONU et Natalia Kamen qui préside aux destinées du Fonds des Nations unies pour la population.

"Au moment où les pays essayent de surmonter la pandémie, les gens de tous âges vont devoir continuer à faire face à différentes formes d'âgisme", et il "nous faudra combattre l'âgisme pendant et après la crise si nous voulons garantir la santé, le bien-être et la dignité des gens partout dans le monde".

L'âgisme évolue... avec l'âge

Les auteurs estiment qu'"à l'échelle mondiale, une personne sur deux fait preuve d'âgisme à l'égard des personnes âgées". En Europe, la seule région pour laquelle ils disposaient de données, une personne sur trois déclare avoir été la cible de l'âgisme, et les jeunes affirment être davantage victimes de discrimination liée à l'âge que les autres groupes d'âge.

L'âgisme évolue donc avec l'âge. "Un adolescent peut, par exemple, subir des moqueries pour avoir lancé un mouvement politique, des personnes plus âgées ou plus jeunes peuvent se voir refuser un emploi en raison de leur âge ou une personne plus âgée peut être accusée de sorcellerie et chassée de sa maison et de son village". Les auteurs du rapport ont souligné que les données précises manquent parfois pour identifier plus précisément le phénomène, qui peut prendre des formes très diverses, mais constatent qu'il est très répandu et "est présent dans de nombreuses institutions et secteurs de la société, y compris ceux qui fournissent des soins de santé et des services sociaux, sur le lieu de travail, dans les médias et au sein du système juridique".

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Comment combattre le phénomène ? "La priorité devrait être accordée aux trois stratégies étayées par les meilleures données factuelles à savoir : l'adoption de politiques et de lois, et la mise en œuvre d'interventions éducatives et favorisant les contacts intergénérationnels", estiment les auteurs qui évaluent son coût à des dizaines de milliards de dollars chaque année. 

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