Covid-19 : l'épidémie en France est bien plus mortelle que la canicule de 2003

Covid-19 : l'épidémie en France est bien plus mortelle que la canicule de 2003
Santé

DÉCRYPTAGE - L'Insee publie ce vendredi ses conclusions sur la hausse de la mortalité en France métropolitaine à cause du coronavirus. Signe de la gravité de cette crise sanitaire : il est désormais démontré que la surmortalité a dépassé celle de la canicule de 2003.

Les statisticiens ont tranché. Le Covid-19 est bien l'événement le plus mortel des vingt dernières années en France. Pour en arriver à cette conclusion, parue ce vendredi 18 septembre, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a comparé les deux derniers épisodes les plus mortels depuis le début du siècle, à savoir l'épisode caniculaire de l'été 2003 et la pandémie qui a frappé le pays au printemps 2020.Si les résultats sont là, ils sont tout de même à nuancer. En effaçant les effets du vieillissement de la population, les surcroîts de décès sont plus proches. 

Le Covid, cause de 12.000 décès de plus que la canicule

Dans sa démonstration, l'Insee a retenu deux périodes. La première s'étend du 1er au 24 août 2003 et la seconde du 10 mars au 8 mai 2020. Elles sont ensuite comparées à la moyenne de la mortalité des années précédentes. A savoir de 1999 à 2002 pour la canicule et de 2016 à 2019 pour la pandémie. Prendre ces "références" permet, comme le notait l'organisme public en mai dernier de "lisser les évolutions survenues dans le passé". On découvre alors qu'en France métropolitaine, 47.000 décès toutes causes confondues sont enregistrés pendant la canicule contre 31.700 en moyenne sur la période de référence. Soit un excédent de décès de 15.300. En comparaison, ce printemps, il y a eu 124.100 morts en France contre 96.800 en moyenne sur la même période. Soit un surcroît de 27.300 décès. La conclusion est alors simple : le nombre de décès supplémentaires est bien plus important au cours de cette épidémie que pendant la canicule. 

Lire aussi

Reste à noter deux choses essentielles. En premier lieu, une évolution logique, celle de la démographie, avec le vieillissement de la population. Ce sont en effet surtout les personnes de 60 ans ou plus qui sont les principales victimes de ces deux événements. A titre d'exemple, les 85 ans ou plus représentent "44% de l'excédent de décès pendant la canicule et 58%" pendant la crise sanitaire. Ensuite, et contrairement à la canicule, cette année 2020 a été marquée par une sous-mortalité chez les moins de 50 ans. En cause selon l'Insee, "les effets indirects liés au confinement, moins d'accidents de la route ou d'accidents du travail par exemple".

La mortalité pendant la canicule "plus brève et plus intense"

Raison pour laquelle l'Insee relève cette "influence majeure" dans la surmortalité en lien avec le coronavirus. Pour en estomper les effets, les statisticiens ont appliqué l'excédent de mortalité constaté au cours de l'été 2003 à la société de 2020. Ils en déduisent alors que, si cet épisode de forte chaleur avait eu lieu aujourd'hui, touchant une population plus nombreuse et plus âgée, elle aurait fait 23.700 victimes, et non plus 15.300. En prenant ces nouveaux chiffres, le coronavirus reste plus mortel (27 300 contre 23 700), mais l'écart apparaît nettement moins prononcé.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières informationsLes pays les plus touchés par le Covid-19

Si le coronavirus a donc touché plus fortement la population française, la canicule demeure un événement traumatisant. Et de fait, cette nouvelle publication montre que la surmortalité par jour est bien supérieure à celle du Covid-19, avec un nombre de victimes quotidiennes bien plus élevé en 2003. A l'époque, on enregistrait 638 décès supplémentaires par jour (soit 48 % de décès supplémentaires) contre 455 pour le coronavirus (+ 28 %)

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Attentat de Conflans : "L'islam radical s'est infiltré au cœur même de notre société de tolérance et de liberté"

CARTE - Covid-19 : à quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Stéphane, témoin du meurtre de Samuel Paty : "A 30 secondes près, on aurait pu faire quelque chose"

EN DIRECT - Covid-19 en Ile-de-France : en réanimation, "les chiffres montent très vite, trop vite"

Enseignant tué : ce que disait son cours sur la liberté d'expression

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent