Covid-19 : la défiance autour du vaccin AstraZeneca est-elle mondiale ?

Covid-19 : la défiance autour du vaccin AstraZeneca est-elle mondiale ?

DÉCRYPTAGE - Les doutes envers le vaccin AstraZeneca perdurent en France, alors qu'un responsable de l'Agence européenne du médicament a confirmé ce mardi un "lien" entre le produit et de rares cas de thrombose. Une méfiance également palpable à l'étranger ? On fait le point.

Le mal-aimé de la campagne de vaccination. Secoué par les retards de livraison, mis en cause pour des effets secondaires, et même temporairement suspendu quelques jours, le vaccin AstraZeneca n'en finit plus de faire parler de lui. Ce mardi, un responsable de l'Agence européenne du médicament (EMA) a confirmé l'existence d'un "lien" entre le produit suédo-britannique et les cas de thrombose observés après son administration.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

En France, l'image de ce vaccin en pâtit. Au cours du week-end de Pâques, des doses d'AstraZeneca n'ont même pas trouvé preneurs dans des centres de vaccination du Nord et du Pas-de-Calais. À tel point que le ministre de la Santé a dû à nouveau renouveler publiquement sa confiance dans ce vaccin. "Il est très efficace et les autorités nous disent qu'il est sûr, notamment chez les personnes âgées de 55 ans et plus", a rappelé Olivier Véran lundi au 13H de TF1, indiquant que la semaine dernière, "500.000 Français ont été vaccinés avec AstraZeneca."

Au Royaume-Uni, "personne ne regrette d'avoir reçu une dose d'AstraZeneca"

À l'étranger aussi, la défiance existe. Depuis le dernier avis de l'EMA, plusieurs pays européens n'ont pas repris la vaccination avec ce produit. C'est notamment le cas de la Norvège et du Danemark. D'autres, comme l'Allemagne, le Canada, les Pays-Bas ou la France, ont désormais fixé un âge minimum pour y être éligible, 55 ans dans notre pays. Selon le ministère de la Santé, environ 500.000 Français de moins de 55 ans ont d'ailleurs reçu une première dose d'AstraZeneca ces dernières semaines, "et la question du vaccin utilisé pour la deuxième se pose", reconnaît le ministère. Un avis de l'EMA puis de la Haute autorité de santé devraient éclaircir le sujet dans les prochains jours.

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Les critiques fusent aussi aux États-Unis. Le groupe pharmaceutique y est critiqué pour avoir fourni des données "obsolètes" sur ses essais cliniques aux autorités américaines, abaissant ensuite l'efficacité de son vaccin à 76% contre les cas symptomatiques, contre 79% auparavant. Les Américains, qui ont déjà administré au moins une dose à plus de 100 millions de personnes, pourraient même totalement se passer du produit suédo-britannique, privilégiant notamment celui de Johnson & Johnson.

Au Royaume-Uni, qui a déjà vacciné plus de 18 millions de personnes avec AstraZeneca, et où le retour à une vie plus normale se précise, l'avis autour de ce vaccin est toutefois bien différent. "Les Anglais ont été vaccinés et n'ont pas eu de problèmes", indique à LCI Corinne Gonet, médecin urgentiste à Londres et à Bordeaux, alors que sept décès par thrombose de personnes ayant reçu ce vaccin ont été enregistrés outre-Manche. "C'est le pays le mieux vacciné d'Europe. Au Royaume-Uni, ce vaccin n’est pas vraiment mis en cause, les Anglais croient en leur médecine, personne ne regrette d'avoir reçu une dose d'AstraZeneca."

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