Covid-19 : la Société Française de Virologie se désolidarise d'un virologue qui minimise l'épidémie

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RASSURISTE - Jean-Michel Claverie a assuré ce samedi sur LCI qu'il ne fallait pas s'inquiéter du variant Delta du coronavirus. Une position jugée contraire à la raison scientifique par la Société française de virologie.

Il minimise depuis plusieurs jours la recrudescence de l'épidémie de Covid-19. Et est donc accusé de sortir de son "rôle de scientifique". Le virologue Jean-Michel Claverie fait le tour des médias depuis plusieurs jours afin d'évoquer la quatrième vague qui s'abat sur la France et la propagation du variant Delta. Des sorties qui ont provoqué l'ire ce lundi 26 juillet de la Société Française de Virologie, dont il était le fondateur.

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Un variant menaçant ... mais pas chez les vaccinés

Interrogé sur LCI ce dimanche 26 juillet, le professeur à Aix-Marseille Université s'est ainsi étonné qu'on commente la recrudescence actuelle en s'appuyant sur les nouvelles contaminations. "Je voudrais savoir dans ces clusters au camping combien de gens sont réellement malades au point d'en souffrir, d'être hospitalisé ou d'aller chez les médecins", a-t-il ainsi lancé sur notre antenne (vidéo ci-dessous). Selon lui, on serait face à une épidémie de "PCR positifs" et non plus de réels "gens malades". Une manière de minimiser la gravité du nouveau variant, anciennement baptisé "indien", comparant cette mutation à un "rhume" ou une "grippe"

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INTERVIEW - Jean-Michel Claverie n'est pas inquiet par la recrudescence de clusters de Covid-19

Pourtant, les choses ne sont pas si simples. Oui, les symptômes du Covid-19 liés au variant Delta diffèrent de la souche, selon les scientifiques. Le Professeur Rémi Salomon comparait par exemple sur LCI cette nouvelle source à "un autre virus". Et oui, à l'heure actuelle, les admissions n'explosent pas dans les hôpitaux français. Mais il est tout de même trompeur d'insinuer que le virus est devenu totalement bénin. 

L'infectiologue Nathan Peiffer-Smadja, nous expliquait ainsi en début de mois que la baisse des hospitalisations s'explique en réalité d'une manière assez "logique" : "Le variant se propage au sein d'une population déjà fortement vaccinée". C'est plutôt donc "l'importance de la vaccination" qui fait baisser cette courbe, et non pas la nature du variant en lui-même, qui "possède toujours la capacité d'entrainer des formes sévères", selon cet expert de l'Inserm. Les premières données laissent même penser qu'il "pourrait engendrer plus de cas sévères, y compris chez les plus jeunes et chez les personnes qui ne souffrent pas de comorbidités". En France, elles montrent en effet que les jeunes sont désormais davantage représentés parmi les patients touchés gravement. 

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Cette information est d'autant plus trompeuse qu'on voit depuis plusieurs jours les ravages de ce variant dans des pays où la couverture vaccinale n'est pas aussi importante. L'Indonésie bat de tristes records, avec pour la première fois ce mardi plus de 2000 décès liés à ce variant, tout comme la Tunisie, où l'explosion des cas fait craquer le système hospitaliser et contribue à la crise politique

Autant d'arguments qui font qu'on ne peut pas comparer l'épidémie actuelle à un simple rhume. Raison pour laquelle la Société Française de Virologie s'est désolidarisée de son fondateur et ancien président. Dans une communication cinglante, elle a appelé le virologue à ne pas sortir de son "rôle de scientifique". Et de rappeler : "Opinion n'est pas raison."

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